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 Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]

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Selene Ashfield

Messages : 112
Date d'inscription : 24/10/2015
MessageSujet: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Mer 27 Sep - 15:36

Sa dague plaquée contre la gorge de sa proie, la jeune femme l'observait le visage froid, impassible alors que la terreur se lisait sur le visage de celui qu'elle menaçait. Malgré sa taille imposante, il se retrouvait en position de faiblesse face à ce bout de femme un peu trop vindicative. A la décharge du bonhomme, il ne l'aurait jamais cru armée et encore moins capable de se retourner contre lui et ses hommes. Ces derniers d'ailleurs gisaient au sol, l'un défiguré par la lame aiguisée de la belle, l'autre étalé au sol, deux flèches parfaitement symétrique planté dans le ventre. Les deux avaient déjà probablement rejoint le monde inférieur, pourtant elle ne semblait pas s'en soucier outre mesure, concentrant toute son attention et sa hargne sur le type qu'elle tenait en respect. Les dents serrées, elle s'adressa à lui en appuyant un peu plus sa lame contre la peau hirsute du type, laissant un sillon sanglant. - "Combien y'en a encore ?" - L'interrogé déglutit difficilement, probablement de peur de s'égorger seul au moindre mouvement mal maîtrisé, son regard d'un bleu clair qui aurait pu être plaisant si la terreur de s'y lisait pas en cet instant ne cessait de faire la navette entre les corps sans vie de ses comparses et le visage placide de celle qui quelques minutes plus tôt était pour une une cible, incapable d'ordonner à sa gorge d'émettre le moindre son compréhensible. Agacée, la jeune femme appuya davantage, déchirant nettement la peau fragile sous le menton ce qui tira un gémissement de douleur à sa victime dont les yeux se firent soudain suppliants. - "Trois." - "Trois personnes ?" - Le brun secoua la tête aussi doucement qu'il le put et reprit la parole d'une voix éraillée par la douleur qu'elle lui infligeait. -" Trois groupes. Une vingtaine d'hommes." - S'il avait espéré avoir la vie sauve en lui donnant l'information désirée, il se trompa lourdement et la jeune femme acheva son geste d'un geste rapide et précis, tranchant la gorge de son agresseur avant de se détourner sans un regard pour sa troisième victime. Cela faisait longtemps maintenant qu'elle n'avait plus de pitié envers ceux qui venaient à la traquer, que ce fût pour de l'argent ou pour le prestige que sa tête pourrait rapporter. Elle essuya sa dague avec le manteau d'un des lascars lorsqu'elle s'agenouilla pour les fouiller, pour ensuite la ranger à son fourreau de cuisse. Ils n'avaient rien de bien intéressant sur eux, mis à part une note concernant sa propre tête mise à prix. Le montant augmentait peu à peu à chaque fois qu'elle se faisait débusquer et que les cadavres s'accumulaient. Elle débusqua quelques pièces, guère davantage et retourna vers sa propre monture après avoir libérer les autres de leurs harnachements et les avoir renvoyer à la nature. Flattant l'encolure de sa petite jument noire en observant le bosquet, elle soupira doucement. - "On s'en va … "- L'animal souffla bruyamment et baissa légèrement la tête face à la voix posée de sa cavalière, comme si les deux êtres parvenaient à se comprendre, puis la jeune fille se mit en selle et donna des jambes, laissant derrière elle un morne tableau de sang.

La jeune fille qui avait fuit le palais des années plus tôt avait finalement bien changée. Disparu la naïveté enfantine, elle qui se retrouvait seule désormais ne laissait guider que par la prudence et son instinct aiguisé par des années à évoluer dans la nature. Sans repères, elle avait fini par voler pour se nourrir tout en tentant de fuir la pays. Lornell n'était plus, et celui qui l'avait aidé à s'échapper s'était fait tuer lorsqu'ils avaient tenter de passer la seconde ville. Déterminée, Selene ne s'était pourtant pas retournée et avait continué sa route vers la frontière, sans autre but que de fuir. D'après Tarik, le souverain avait fini par découvrir son ascendance, d'où sa captivité déguisée, et maintenant qu'ils avaient fuis, elle se devaient de partir le plus loin possible d'eux. Les premières semaines furent très compliqués. Elle proposa ses services à la chasse pour certains nobles afin d'avoir quelques endroits chauds où dormir pour les nuits les plus fraîches, puis tomba plusieurs fois sur des petits villages en proies à la tyrannie de quelques créatures un peu trop gourmandes. A l'image de sa mère, de ses ancêtres, elle accepta contre rétribution de les en débarrasser. Si les premières fois personne ne la prit au sérieux, ils changèrent d'avis lorsque la jeune femme revint avec la tête fraîchement coupée d'un foënard accrochée à son dos. Elle se fit rapidement un nom non loin de la frontière, et une réputation qui alla de pairs avec les ennuis. L'archère vivait ainsi du peu qu'elle récupérait en tuant des montres ou en proposant son aide pour le gibier. Un des nobles lui offrit une monture, une pouliche à la robe sombre, particulièrement réticente à un dressage classique et ce dernier prétexta ne pas avoir le temps de prendre des gants avec ses chevaux. L'animal s'était révélé têtu mais plein de bon sens, et à force de patience, la rouquine parvint à la familiariser suffisamment à sa présence pour pouvoir la chevaucher. Les ennuis commencèrent sérieusement lorsqu'un avis de recherche à son nom passa les frontières depuis le palais royal, envoyé par les Celebor qui exigeait sa tête pour un prix des plus honorables. A voir sa tête sur l'affiche, nombreux avaient été ceux à se lancer sur ses talons, capturer une jeune fille n'était pas la chose la plus difficile qui soit, du moins c'est ce qu'ils pensèrent souvent. Sauf que l'avis ne précisait pas les particularités de la rouquine, tout simplement car peu de monde les connaissait, et la plupart n'étaient plus de ce monde. La forêt étant son terrain de prédilection, elle y sema, dispersa et assassina la plupart de ses poursuivants. La pitié avait finalement fait preuve à une froideur sans égale après qu'elle manqua plusieurs fois de se faire prendre à avoir voulus économiser des vies. Désormais, la jeune fugitive ne faisait plus la même erreur, ceux qui s'engageaient à vouloir sa tête ne l'auraient probablement pas épargnée non plus.

La solitude lui pesait, c'était un fait indéniable, pourtant la jeune femme ne parvenait pas à apporter un soupçon de confiance à quiconque depuis les événements qui avaient coûtés la vie à sa tante. A ce moment précis, pas un seul instant elle n'aurait cru son ancien ami capable de faire du mal à la mage, et pourtant, elle l'avait très clairement vu la poignarder à mort. Le sang coulant le long de la robe sombre de Lornell semblait s'être imprégné dans son esprit définitivement, comme pour lui rappeler ce qu'il en coûtait de faire confiance sans méfiance. La brune l'avait payé de sa vie, tout comme son comparse quelques semaines plus tard, elle n'escomptait plus refaire la même erreur. Son chemin l'avait mené par bien des endroits, en particulier dans les ruines de Kaer Morhen, désormais envahies par une végétation improbable, et malgré les légendes entourant l'endroit, elle n'y avait rien trouvé de significatif. Elle avait traversé ainsi deux nations entières, chevauchant de nuit, se trouvant de petits travaux le jour, mais rien qui ne parvenaient pourtant à lui faire oublier, ni à apaiser sa soif de vengeance. Elle tentait d'apprendre ce qu'elle devait savoir par ses propres moyens, s'entraînant jusqu'à l'épuisement lorsqu'elle parvenait à trouver un endroit un minimum sécurisé, dans le but de retourner un jour au palais pour venger sa tante. La trahison était bel et bien une chose que la jeune femme ne pouvait pardonner.

Après l'embuscade, la belle décida de changer de route, et après avoir bander les sabots de sa monture pour dissimuler ses traces, elle rejoignit les abords d'une rivière qu'elle suivit, s'enfonçant davantage dans la forêt dans l'idée de remonter la montagne directement au lieu de la contourner comme le faisait le commun des mortels. Selene avait bien conscience que ces endroits sauvages et peu accessibles étaient souvent habités par des êtres n'ayant que peu de compassion pour les humains, elle ne s'en soucia pas pour autant. Quelques ruines étaient visibles depuis la route, clairement difficile à atteindre, elle fut obligée de mettre pied à terre pour gravir la pente raide qui y menait, incitant la jument à la suivre, du geste et de la voix. L'escalade dura presque deux heures alors que la pénombre se déposait tranquillement sur les bois environnants, et elle leva sa paume devant elle avant de prononcer trois faibles mots. Une sphère à la lueur jaune pâle se forma dans sa main, éclairant son avancée le temps qu'elle parvienne au pied des murs de la citadelle détruite. L'endroit serait parfait, relativement simple à défendre pour l'archère qu'elle était compte tenu de ces nombreux point de vues aériens, et cela lui offrait toutefois une certaines sécurité contre tout ce qui pouvait arriver depuis la terre, et elle ne craignait pas vraiment les airs. Les wyvernes grouillaient plutôt dans la journée, se reposant la nuit tombée. Eteignant brusquement la petite lueur, elle poussa la porte de bois lui faisant face avant de la voir s'écrouler en miettes, rongée par l'humidité et le temps. La rouquine se fit la réflexion qu'il valait mieux que les murs ne se trouvent pas dans le même état. Mais eux semblaient bien résistants. Enjambant les débris, elle fut suivi par sa monture qui ne lâchait pas sa cavalière de plus d'un mètre et parcourut quelques mètres dans la cour avant de s'arrêter au milieu, désireuse de trouver un endroit pratique pour passer la nuit. Après cinq bonnes minutes d'inspection, elle opta pour un renfort taillé dans la pierre sur l'un des chemin de ronde qui lui offrait un point de vue imprenable à la fois sur l'intérieur et la forêt proche. Selene barra l'entrée comme elle le put avant de libérer l'équidé de toutes ses charges qu'elle emporta avec elle dans le petit abri de pierre. L'animal laissé libre s'ébroua, fit le tour de son enclos improvisé puis se mit à manger tranquillement, sous les yeux vides de la rouquine. Guère fatiguée, celle-ci grignota quelques lanières de viandes séchées sorties de sa besace, but une bonne moitié de sa gourde avant de s'asseoir en tailleur sur le toit du petit abri, laissant son visage à la merci des rayons lunaires, sa longue chevelure relevée en une queue de cheval serrée. Seuls les sons de la forêt faisaient échos à son silence alors qu'elle plongeait dans la mélancolie comme à son habitude. Sous la lune opaline, il n'était pas difficile de voir que la jeune femme avait perdu ses traits d'enfants. Elle arborait désormais un visage froid, marqué par la rudesse et la fatigue. Des traits tirés, des yeux cernés et son regard de jade brillant autrefois d'une certaine malice laissait aujourd'hui place à deux pierres semblant dénués de chaleur. Ce n'était là qu'une façade qu'elle arborait pour le monde extérieur afin de se protéger elle-même, mais cette armure improvisée avait fini par la marquer durablement. Seul en ces instants où personne ne pouvait l'observer elle parvenait à se détendre, laissant libre cours à ses émotions. Ce soir, c'était une étrange mélancolie qui habitait l'archère, car la nuit paisible ainsi que l'emplacement qu'elle avait choisi lui rappelait d'autres nuits, en d'autres temps, avec un certain argenté. La colère l'animait presque autant que la tristesse et elle ferma les yeux comme pour faire disparaître cette vérité dérangeante. Sans s'en apercevoir, la jeune femme se mit bien vite à somnoler.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Jeu 28 Sep - 19:18

-Combien de temps encore ?! Combien de temps penses-tu que le monde ignora ce que tu es ?! Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce que nous avons battit ! Dés l'instant où tu quitteras à tout jamais ces murs, ils sauront tous ! Arrêtes un peu de fuir !
-Arrêtes un peu de brailler... rétorquait l'argenté sans la moindre once d'inquiétude dans son attitude alors qu'il s'enfilait sa troisième clémentine. C'est d'un point de vue purement stratégique, il parlait en ayant toujours au moins un quartier de fruit dans la bouche. L'ennemi ne sait jamais quand il va apparaître, ni d'où. Si nous leur donnons cette information, je serais obligé de brûler la citadelle. Achevait-il de manière évidente, son côté pince sans rire était difficilement discernable même pour son frangin.  

Al ne prenait jamais rien au sérieux s'il n'était pas directement concerné. En l'occurrence, il savait que le roi respectait cette décision pour sa stratégie non négligeable. Personne ne voulait voir l'ennemi s'infiltrer au château ou encore l'attaquer juste pour détruire le dragon. Le roi Celeborr était vicieux, il était du genre à ne rien officialiser ni même à vanter ses forces. Cette tactique avait fonctionné jusqu'à maintenant et de son vivant, le dragon resterait un secret. Asloth était bien différent de leur père à ce sujet. Il aimait être au devant de la scène, il aimait les titres et les surnoms de héros comme il aimait le pouvoir. Asloth voulait le trône, la terreur du dragon et la force de ses armées. Il était comme possédé par l'Avarice elle-même.
Deux années s'étaient écoulées depuis la disparition de Selene An Elvillar. Les recherches les avaient mené à la conclusion que la rouquine était une apprentie sorcière manipulée par Lornell pour infiltrer le cercle d'amis des deux princes. Plusieurs mages et sorcières avaient été arrêtés et brûlés sur un bûcher suite à cela. Un épisode glauque qui rappelait à la population que l'usage de la magie était prohibé. Longtemps le garçon s'était demandé si Selene avait eu le dragon comme quelconque objectif de mission. Si la peine l'animait, la rancœur n'était plus très loin...  Car en effet, durant les deux années suivant la fuite de Selene, Ice se rendait minimum une fois par semaine à leur endroit autrefois fétiche. Demeurait encore l'espoir de trouver un jour un petit mot dans le tronc d'arbre. Les années défilèrent sans la moindre nouvelle. Alors quand il quittait le château pour suivre l'un des généraux de l'armée, l'espoir se changer en dédains.

Notre ami n'en fit qu'à sa tête concernant son apprentissage militaire. Pour lui il était impensable qu'il voyage ou bien ne se stabilise dans une autre ville.  Al convoquait son père le roi pour discuter du choix d'enseignement. Présentant à nouveau les risques qu'on ne découvre son secret et par la même occasion la faiblesse de la famille royal, le Roi concédait à envoyer son fils à Skellige. Les tensions dans l'archipel étaient de plus en plus violentes. Skellige n'avait jamais voulu se plier au Nilfgaard, quant à leur nouvelle reine, elle comptait bien perpétuer cette position. Al voulait s'y rendre en connaissance de cause. Il savait qu'une guerre viendrait à éclater d'ici deux ans. Il savait que le dragon aurait ses utilités tout comme il savait qu'il s'amuserait bien plus là-bas. Ses arguments saisissaient le Roi qui lui donnait une dernière recommandation avant de prendre congé de son fils « Reviens-moi, même avec le sang d'une nation entière sur les pattes... » Le Roi avait formulé cela avec une sorte de dédain orgueilleux envers le dragon. Une phrase qui dissimulait maladroitement la directive indirecte du monarque. L'argenté s'en était contenté, méditant sur cette phrase durant tout son périple.

Skellige lui plaisait, les nombreuses îles que formait cette nation avait son charme. Ici la vie et la culture était différente. La magie n'était plus non plus bien que les chamans persistaient. A bord du Mortimus, le bateau du Capitaine et Général Arod, notre ami se plaisait. Son train de vie fut complètement bouleversé par l'attitude non réglementaire du Capitaine. Ce dernier était un brin trop dépravé pour endosser le rôle de tuteur royal. Une vie de pirate pour ce militaire qui prenait ce qu'il voulait. Ses lubies étaient fréquentes en plus d'être loufoques, par conséquent, Al dû se familiariser avec cette nouvelle vie. Les deux hommes étaient complices et même amis ce qui aidaient à l'épanouissement de l'argenté. Il détenait enfin les décoctions qui lui permettaient de retarder sa transformation. Un bien qui lui permit de vivre normalement durant un bon moment. Puis vint le jour où le jeune prince fut trahi. Arod lui avait toujours été fidèle tant il admirait notre ami. Quelques yeux firent par la suite du bouche à oreille. Le navire entier était en mutinerie, désireux de profiter de la prime et de la protection de Skillige une fois le dragon mort. Tous prêts à déserter le Nilfgaard pour gagner leur tranquillité en l'archipel. Arod et lui avaient mis le feu au rafiot pour sauver leur vie. Quand les décoctions ne firent plus effet, l'argenté embrassait avec hâte sa destinée pour venger ce sentiment sombre qui l'obnubilait, la trahison. Il se sentait offenser et ne pouvait pardonner cet affront. Il n'eut pas de mal à retrouver la poignée de traître. Tous regroupés dans la même auberge, Iggnir fit brûler la ville portuaire en quelques minutes. Le drame eut lieu au petit matin, Arod était pendu avant le dîner. Quand le dragon trouvait la dépouille de son ami sur la colline la plus haute de l'archipel, sa colère maintenait sa transformation. Il raillait sans scrupule les îles principales. La haine assombrissant son cœur, son humanité endormi, il prenait plaisir à sentir le vent sous ses ailes. Il aimait la sensation de battre des ailles, il sentait la puissance dans chacune d'elles. Ses sens étaient pousser à l'extrêmes, sa vision était impressionnante. Il ne s'en lassait plus. Iggnir s'était emparé du trésors de la famille royal de Skellige et réclamait une rançon pour la vie de chaque habitant de encore en vie des îles principales. La dote grossissait rapidement et bientôt le reptile établissait son règne et sa demeure. N'ayant plus goût à l'humanité, le dragon se plongeait dans un lourd sommeil qui laissait défilait le temps. Il fut réveillé plusieurs fois les premiers temps, puis après deux saisons séparaient les apparitions du dragon. Bientôt, le monde connaissait Ignir  Agarwaen ou bien Ignir le Sanglant. On pensait l'emprise des Celeborr disparue sur la bête, rares étaient les rapprochements entre l'absence du prince Aelendil et le dragon Agarwaen plus communément appelé. Al avait été vu auprès d'un général et du Roi lors d'une représentation hors la citadelle royal. Ainsi, les rumeurs le concernant étaient toutes officielles, Al était aux côtés du Général Tortouga.  


Asloth en personne était venu quérir son frère. Il avait fière allure dans son armure dorée, l'âge adulte lui sciait bien. Asloth était bien moins désabusé qu'à l'adolescence. Il s’adressait au dragon avait un respect pointilleux avant de formuler sa requête. Le Sang Ancien avait été retrouvé et repéré. Le brun venait quémander l'aide du dragon pour pister et ramener en vie la cible. Aussi nonchalant que sous forme humaine, le dragon balayait délicatement sa montagne d'or avant d'écouter. Asloth ne se privait pas pour lui annoncer ce qui le faisait tant jubiler. « Il se trouve que l’hôte est une ou plutôt un vieil ami à toi... » déclarait-il sournoisement avec délicatesse. Iggnir n'eut pas le temps de réagir que déjà le brun renchérissait. « Quoi qu'il en soit, c'est là, la plus grande mission qui guide notre famille. Il nous la fille. » Le vice d'Asloth eut son effet, Iggnir se souvenait pour la première fois en cinq ans de son amie Selene, toujours considérée comme un pion des sorcières. Aujourd'hui, il apprenait qu'elle était une sorcière et celle précieuse sans réellement s'en soucier. Il ne réalisait pas, il ne cogitait pas, il était loin des soucis que pouvaient avoir un humain. Il était un draconnide plus qu'un humain et se contentait de simplement accepter.
Ainsi, Iggnir se lançait à la poursuite de la sorcière. Le souvenir de son odeur était altéré et il se fiait uniquement à la magie.
Le dragon s'élançait dans les airs depuis son antre sous les regards effrayés des habitants impossibles à déraciner. Il n'avait pas volé depuis longtemps et pourtant le geste semblait si naturel. Il survolait le périmètre définit par son aîné, ses narines repéraient la magie à une poignée de kilomètre si celle-ci fut respectablement présente. Il arrivait enfin à survoler une grande forêt dense. Il repérait une rivière par les éclats lumineux de la lune. Le dragon passait une première fois devant sa cible avant de la repérer. Aussi infime fut-elle, il l'a ressentit. Cependant, ce fut surtout cette nécessité soudaine qui l'incitait à s'approcher. Mieux que ça, à aborder l'aura. Il fit un demi-tour, braquant sur un côté avant de se laisser planer. Ses ailes étaient entièrement déployée et couvrait bien des cimes. Il piquait d'un coup en direction de la rivière où il s'arrêta pour se laisser glisser sans broyer trop de branches malgré sa carrure déjà imposante. Sa taille adulte n'était plus pour très longtemps. Un connaisseur comme cette passionnée de lecture pouvait enfin décrire sa propre expérience.  Là, dréssé sur ses pattes imposantes, il toisait le détenteur de l'aura. Par chance il était tombé sur une perle rare. Les ailes recroquevillées, il n'était pour le moment pas en position d'attaque.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Jeu 28 Sep - 20:12

Rassurée par sa position, la jeune femme avait négligée la prudence et avait fini par piquer un somme passablement trop long. Ses phases de repos étaient rares, et plutôt agités la plupart du temps, cette fois-ci ne fit guère exception, et la rouquine endormi se débattit légèrement avant de gémir doucement, toujours plongée dans un sommeil perturbé jusqu'à ce qu'un hennissement sonore ne la tire de sa torpeur. Elle connaissait bien l'animal et il s'agissait ni plus ni moins d'un signal d'alerte qu'elle venait de lui envoyer. Selene cligna des yeux rapidement et se redressa, une main déjà plaquée sur sa hanche et l'épée courte qui y trônait tout en balayant le bas du mur du regard. Ne trouvant pas de menace imminente, elle se releva complètement et saisit son arc posé non loin, encochant une flèche qu'elle ne banda pas immédiatement, à la recherche du ou deux gêneurs. Un silence pesant régnait dans les bois maintenant qu'elle semblait y prêter attention, tous les animaux s'étaient tus, seul l'eau crépitante de la rivière en contrebas se faisait entendre. Durant quelques secondes seulement, car un roulement sonore attira son attention, non par dans la forêt, mais au dessus de cette dernière et l'archère sentit sa gorge se serrer dans la seconde en comprenant de quoi il s'agissait. Cela faisait des années qu'elle l'avait vu, et pourtant, difficile d'avoir pu oublier cette instant à la fois effrayant et fascinant. Un dragon fondait sur son petit coin paisible, la prenant totalement au dépourvu, incapable de réagir dans un premier temps. Elle vit la créature battre des ailes légèrement pour ralentir et tenter de se frayer un passage jusqu'aux remparts où elle se trouvait sans pour autant trop déraciner d'arbres au passage. La rouquine se reprit soudain et mit en joug le dragon, ses mains rendues moites par l'appréhension, elle hésitait quant à la conduite à adopter. S'il semblait ralentir, visiblement pas dans l'intention de lui fondre dessus, elle ne se sentait pas tranquille pour autant. Le sang battait à ses tempes alors qu'elle aperçut l'un de ses yeux reptiliens, d'un froid glaçant, et sa main trembla légèrement, incapable de se décider. La jeune femme déglutit, fixant l'oeil visible du reptile avant de changer d'avis en le voyant se dresser sur ses pattes, imposant et inquiétant. Elle relâcha la corde de son arme sans tirer et rangea sa flèche au fourreau, la prudence lui ordonnant de ne pas provoquer inutilement l'être en face qui clairement était bien plus puissant qu'elle ne pouvait l'être. Elle savait également que les dragons possédaient, en plus d'une carapace épaisse, diverses protections magiques empêchant tout projectile de pouvoir les perforer. En réalité, il y avait peu de moyens de détruire l'un de ses êtres, la plupart étant possible lorsqu'ils se trouvaient sous forme humaine, chose extrêmement rare en soit. Avec des gestes mesurés, sans quitter des yeux son potentiel agresseur, elle passa son arc autour d'elle, posa le carquois encore plein sur son épaule et descendit prudemment du toit pour atterrir sur le chemin de ronde. Esquissant quelques pas sur le côté, la demoiselle cherchait à savoir si c'était bien sa propre présence qui avait pu attirer le dragon dans ces bois touffus, ou bien s'il s'agissait d'un simple hasard. Mais constatant que la créature ne la quittait pas non plus du regard, la crainte s'empara finalement d'elle. Sans réellement attendre, elle lui tourna soudain le dos et sauta dans la cour avant de se précipiter vers sa monture. Au diable la sellerie, elle en retrouverait une plus tard. Prenant appui sur un pan de mur écroulé, elle sauta sur le dos de la jument inquiète et l'incita à courir de la voix, l'aiguillant pour la diriger vers un rempart endommagé représentant un obstacle franchissable pour sa monture.

L'animal était rapide, et agile de part sa taille relativement petite comparé à d'autres chevaux de race, il parvenait donc à éviter souplement la plupart des arbres se trouvant sur leur route tout en adoptant une allure élevée. Selene avait entremêlé ses mains dans la longue crinière de la jument noire, presque couchée sur l'encolure pour ne pas freiner la progression, elle se retournait de temps en temps pour observer derrière elle même si le couvert des arbres lui cachait toute vision. Au fond, elle espérait justement que le couvert des arbres empêcherait le reptile de pouvoir la localiser si d'aventures il venait à la poursuivre. Le vent de la course l'empêchait de pouvoir tendre efficacement l'oreille pour saisir des battements d'ailes, pourtant la crainte lui serrait la poitrine, elle aurait pu jurer qu'il était là pour elle. Pourquoi ? Comment ? S'agissait-il du même dragon qu'elle avait pu voir dans le château des années plus tôt ? Si non, combien existait-il encore de ces créatures ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête alors qu'elle peinait à trouver une solution plus efficace que de courir à bride abattue en plein milieu des bois. La corde de son arc, malmené par la position inconfortable de la jeune femme commençait à lui entailler le cou, elle se redressa pour tenter de le dégager, quitte à le prendre en main, en assurant son équilibre à l'aide de sa dextre uniquement. Heureusement, elle avait déjà eu maintes occasions de courir dans des situations bien plus compliquées, son équilibre était presque excellent, et elle connaissait par cœur les réactions de sa petite jument effrontée. Hélas, prise dans sa fuite, elle n'avait pas vraiment réfléchie à la route à suivre, si bien qu'elles finirent pas déboucher sur une vaste clairière donnant sur des champs non loin, en d'autres termes, un endroit totalement à découvert. Il ne fallut que quelques secondes à courir sans aucune protection pour les dissimuler pour que le dragon ne retrouve leur trace, les suivant bel et bien. La créature effraya la jument qui pila et fit un violent écart en se cabrant, déstabilisant la jeune femme qui tomba rudement au sol, à moitié sonnée. L'animal repartit de plus belle, flaquant un violent coup de sabot dans l'épaule de la rouquine qui gémit de douleur et de frustration de voir sa monture s'éloigner sans pouvoir la retenir. Elle tenta de se redresser rapidement, ne serait-ce que pour trouver un endroit à couvert, mais un fracas violent le long de sa nuque la plongea brutalement dans l'inconscience.

Ce fut une douleur sourde et insistante à l'intérieur du crâne qui finit par la tirer de son inconscience. Incapable d'ouvrir les yeux dans un premier temps, elle sentit néanmoins un sol froid et particulièrement dur sous ses mains, semblable à de la pierre polie. En d'autres termes, elle avait été déplacée. LE froid lui faisait du bien et elle tourna légèrement la tête pour coller son front sur la surface glaciale malgré l'odeur de poussière persistante. Pour l'instant, la jeune femme désirait simplement faire baisser la pression douloureuse dans son crâne. Après de longues minutes à rester ainsi immobile, elle osa finalement bouger une main, puis un bras, tenta de déplacer l'autre avant que son épaule ne la rappelle à l'ordre. Kesha en fuyant l'avait gratifié d'un magnifique hématome dont elle mettrait pas mal de temps à se remettre, c'est pourtant elle n'insista pas dans l'instant, passant simplement sa main déplaçable sur sa nuque douloureuse et elle sentit un gonflement notable, signe qu'on l'avait bel et bien rudement frappée. Selene soupira doucement et reposa sa main sur le sol gelé, encore incapable de se décider à se redresser. La jeune femme resta longuement les yeux clos à réfléchir. Suffisamment longtemps pour que son ventre ne se décide à se manifester sans pour autant qu'elle n'y porte la moindre attention. Ce ne fut que lorsque la douleur dans sa tête eut suffisamment reflué qu'elle se décida enfin à ouvrir les paupières, en plusieurs fois pour réguler l'afflux douloureux de luminosité. Toujours allongée sur le ventre, la joue plaquée contre la pierre froide, elle observa le peu qu'elle pouvait voir de sa position, et constata avec dépit qu'elle ne semblait pas connaître l'endroit.  Elle finit par se redresser doucement, et la première chose qu'elle fit fut de tâter sa ceinture pour s'apercevoir qu'elle avait été délester de son arme. Passant une main sous sa tunique, elle constata toutefois que la dague contre sa cuisse, sous les vêtements était toujours à sa place. Point positif. Elle se cala contre la mur le plus proche, la tête encore douloureuse et le regard instable, puis promena ce dernier autour d'elle dans le but de comprendre la signification de ce qui lui arrivait. S'il s'agissait de chasseur de prime, elle ne serait pas là pour détailler l'endroit, elle n'aurait probablement déjà plus la tête sur le reste du corps. Alors pourquoi la garder en vie puisqu'elle pesait si cher une fois morte ? L'idée que l'on attende quelque chose d'elle lui déplaisait fortement, pourtant elle ne parvenait pas encore à trouver une autre raison pour sa présence ici, et son esprit était encore passablement trop embrumé pour pouvoir songer à autre chose. Une chose était claire pourtant, il fallait qu'elle trouve rapidement un moyen de quitter les lieux. Elle porta une main à son épaule douloureuse avant de déplacer légèrement le tissu de sa tenue pour apercevoir sa peau noircie par l'hématome. Encore heureux, rien ne semblait cassé pour autant. La jeune femme se laissa aller contre le mur en replaçant ses vêtements, pensive. Elle était enfermée, à première vue, aucun moyen de pouvoir sortir, et elle n'était pour le moment pas en état de forcer. Choisissant la prudence, elle tenta de récupérer ses forces avant toutes choses, en profitant pour détailler les lieux avec plus de précisions.  

La pénombre ne l'aidait pas à se repérer et elle mit un temps assez long avant de comprendre qu'elle n'était pas tout à fait seule, même si le gêneur s'avérait être incroyablement silencieux. Pourtant elle le repéra finalement pas si loin de sa position, masse immense de puissance pas si loin de sa position, et la crainte la saisit une nouvelle fois à la gorge en l'observant, même s'il ne semblait pas avoir d'attitude agressive à son intention. Selene plissa les yeux, observant le dragon un long moment en silence jusqu'à ce que ce dernier ne bouge légèrement, lui permettant de voir un de ses yeux qui l'observait en retour. En y réfléchissant un peu plus, elle avait déjà vu ces yeux, et il ne lui fallut guère plus longtemps pour faire le rapprochement avec le dragon des Celebor, ainsi que l'hypothèse que ces derniers aient finis par la trouver. Pour s'en assurer, la jeune femme poussa jusqu'à questionner la créature. D'après les écrits, les dragons étaient doués de paroles, même le plus jeunes. Seulement, elle ne savait pas vraiment comment choisir ses mots pour s'adresser à un de ces êtres, elle opta finalement pour la simplicité. - "Je ne connais qu'un seul dragon ... êtes-vous Igniir, l'allié des Celebor ? " - Sa réponse, quelle qu'elle puisse être l'aiguillerait déjà un peu sur la raison de sa présence ainsi captive .
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Ven 29 Sep - 15:43

Iggnir remontait dans les airs tandis que sa cible fuyait à travers le bois sur sa monture gringalet. Si la vue lui faisait défaut par faute de visibilité, son odorat était en ébullition. Il sentit quelques fluctuations magique qui l'incitaient à croire que le Sang Ancien était proche. La proie se dirigeait droit vers les champs dégagés de reliefs, s'offrant presque au dragon. Le museau en avant, il plongeait jusqu'à faire onduler les cimes d'arbres pour ensuite voler au plus bas au dessus des champs. Filant à toute allure dans la pénombre, les efforts de la sorcière furent insuffisants. Iggnir survolait la plaine à moins de cinq mètres du sol. L'équidé affolé renversait sa cavalière avec violence pour faciliter d'avantage les autres. Alors la bête ne perdit pas de temps pour rejoindre sa proie. Il ne s'amusait pas, ni ne tergiversait. Iggnir était toujours efficace, très peu bavard, le sadisme était rare mais autrefois présent. A terre, le dragon ne laissait aucune chance de réponse à sa proie en lui administrant un coup de queue dévastateur. Il avait su jauger suffisamment pour pour l'envoyer valdinguer sans l'abîmer. Sa queue démentielle la sécher net et avec ceci, fin de la traque.
Iggnir remarquait les traits caractériel d'un humain femelle. Il avait déjà oublié les insinuations d'Asloth, comme s'il fut une autre personne. Tout ça semblait si loin, son sommeil draconnide le plongeait dans des songes le menant à des réponses diverses en matière d'univers. Par conséquent, son humanité lui avait paru des moindres face à ce qu'il était la nuit. Cela faisait trop longtemps qu'il demeurait dragon. Il saisissait la sorcière dans ses serres acérées et la transportait dans un premier temps jusqu'à son repaire. Ard Skellige. C'était l'île la plus imposante et importante où se trouvait donc la forteresse de Kaer Trolde, sa forteresse. Elle avait été améliorée avec le temps et ses successions de roi. A présent elle était en ruine.

Iggnir avait établi son nid dans la salle du trône, la toiture était en parfait état. Il n'y avait que le sol qui était détruit, le dragon y avait crée un cratère pour y placer sa piscine d'or. Là, à la vue du premier intrus venant à entrer. Il y avait bon nombre de squelette également, preuve qu'on avait tenté de le débusquer ou de lui arracher son trésors.
Il avait enfermé la sorcière dans une des geôles de la tour. Celle-ci étant en collimation et détruite de moitié, il lui était aisé de surveiller ses locataires du haut de celle-ci. L'humaine dormit tout le jour suivant sa capture. Iggnir s'était éloigné tout le jour durant et revint à la nuit, toujours sous forme draconnide. Il sentit l'odeur de sa captive embaumer l'intérieure de la tour. Une odeur délicieuse qui l'intriguait. Le dragon s'enroulait de tout son long sur les murs , pattes croisées. Il se tenait sur la tranche épaisse des murs en pierre bourlinguer. Il avait le sens du confort mis, dormait tout de même su son or... Là, il observait la lune déjà haute dans le ciel quand les mouvements de la sorcière l'attirait. Il l'observait, percevant la tourment de son corps endoloris par ce simple coup de queue. Elle était toutefois résistante car elle ne semblait pas en proie à une hémorragie.
Très vite la captive prenait conscience de la présence de notre ami, il croisait son regard alors qu'il la toisait de haut. La tête légèrement inclinée de profil, il ne réagissait pas de suite lorsque l'inconnue brisait le silence de sa voix étrangement calme. L'aura qu'elle dégageait était bien différente de celle d'une sorcière. Elle avait la clarté des elfes principalement, puis s'ajoutaient des étrangetés dû aux gênes de sorceleurs. Le pouvoir qu'il entraperçu semblait différent des attentes des Celeborr. Il eut la vague impression que leur destin était lié.  La question de la jeune femme était formulée d'une manière qui le laissait supposer qu'elle le connaissait. Il jouait beaucoup sur les mots et avait pour habitude de taquiner ses hôtes. Après un court silence, Iggnir daignait répondre de sa voix profondément basse et grave à la fois. Il articulait tranquillement, il avait cette pointe de cynisme narquois qui le rendait d'autant plus intimidant, comme beaucoup de dragon. « Comme beaucoup d'humains. Je doute qu'il y en ait un autre. » Il se remit à la fixer du coin de l’œil. Ses yeux dorés reflétaient l'indifférence. Pour le moment il n'était pas d’humeur à plaisanter. Sa captive l'intriguait quelque peu malgré tout. « Et toi, Elfe, es-tu le Sang Ancien ? Que fais-tu dans mes terres, jeune imprudente ? » Il connaissait l'ampleur des dégâts, il avait vu en songe alors que son âme semblait voyager dans les couloirs du temps et de l'espace, Cirilla, sa mère, la précédente source de conflit. Il avait vu la puissance et la pureté de la sorcière sorceleur. Elle était la source principale du Bien, opposée à une horde de chasseur magiciens des glaces. L'équilibre devait être maintenu, le dragon se sentait récemment investi de cette tâche, d'où l'abandon de son humanité. Il s'était perdu dans son indifférence et s'était un peu trop détaché du monde. Il y a plus d'un an, l'influence des Celeborr hanter encore son ombre.  Il servaient leurs désirs quand il le devait et retournait alors à sa forteresse.  L'équilibre était quelque peu bouleversé depuis un siècle sans que rien ne l'arrange. Il lui était difficile de choisir de délaisser le Sang Ancien à ses alliés.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Ven 29 Sep - 16:39

Les murs semblèrent trembler en échos aux paroles de la créature lorsque ce dernier acquiesça à sa manière à l'interrogation de la jeune femme. Cette dernière cherchait une position un peu plus confortable dans sa cellule dénuée de barreau, et replia une jambe pour y enrouler son bras valide, sans pour autant quitter le dragon du regard. Ainsi placée en contrebas, la jeune mage se sentait ridiculement petite et faible face à lui, pour autant elle garda un calme presque platonique, réfléchissant à la situation. Ses yeux s'écarquillèrent l'espace d'une seconde lorsqu'il évoqua ses origines avant qu'elle n'esquisse un infime sourire poli. Selene ne s'était pas trompé sur la raison de sa présence en ces lieux, toutefois il semblait presque incertain de l'identité réelle de la personne qu'il venait de ferrer. A quoi bon nier pour autant ? Tout être magique qu'il était, il aurait certainement sentit les fluctuations étranges dans son aura qu'elle était encore parfaitement incapable de maîtriser, encore moins de cacher. Elle ne chercha donc pas à réfuter et lui répondit avec une honnêteté pouvant paraître désarmante. - "Même si je te disais non, me croirais-tu pour autant ? J'en doute …" - Elle s'étira doucement pour délier son épaule douloureuse, et massa sa nuque dans le même état avant de reprendre doucement. - "Je m'appelle Selene, et je descends bien du sang ancien du lionceau de Cintra." - Elle hésita à continuer, se mordant inconsciemment la lèvre tout en balayant l'endroit du regard, cherchant une porte de sortie, n'importe quoi pouvant lui permettre de quitter ce donjon où le froid régnait désormais de manière bien trop présente. La température trop basse tira plusieurs frissons à la rouquine qui se recroquevilla davantage pour préserver sa propre chaleur corporelle avant qu'elle ne reporte finalement son visage vers la tête imposante du draconide en surplomb. -" Je t'ai déjà croisé une fois. Il y a longtemps. C'était une autre époque, un autre monde. J'aurais seulement espéré pouvoir te rencontrer dans des conditions bien différentes que ma propre détention, mais puisqu'il ne peut en être autrement ... "- Selene gémit légèrement en se relevant finalement pour effectuer quelques pas sur le sol gelé, pensive.

Elle revoyait parfaitement bien l'instant où l'héritier lui avait dévoilé la créature, cette dernière se trouvant bien plus près alors qu'aujourd'hui, mais en restait tout aussi imposant et inquiétant à la fois. Pour autant, elle ne semblait pas plus effrayée que cela, probablement car il n'avait pas l'air de vouloir réellement lui nuire en fin de compte. Elle se remémora les discussions qu'elle avait pu avoir à ce sujet avec le jeune prince et soupira doucement. Ice semblait alors persuadé que le dragon avait son libre-arbitre, chose dont elle doutait encore en se trouvant ainsi captive sans en subir davantage de dommages. C'est pourquoi après deux ou trois tours du bâtiment, elle reprit la parole, sans le regarder directement cette fois-ci, elle pouvait encore aisément sentir le regard pesant de la créature dans son dos. - "Pourquoi me gardes-tu ici ? Pourquoi pas à Wyzima ?" - Elle lui tournait presque le dos, occupée à dénouer sa chevelure pour lui offrir une meilleure protection de la nuque face au froid. Quitte à se retrouver bloquée ici, autant mettre ce temps à profit pour essayer de dialoguer avec Igniir, chose qu'elle avait toujours rêver de faire étant plus jeune. Avec la fuite, les cavales, elle avait abandonné la plupart de ses rêves, celui-ci également, et au fond, elle n'y portait désormais plus un grand intérêt malgré la rareté des dragons dans ce monde, pourtant, lui parvenait à l'intriguer car de tout ce qu'elle avait eu le loisir de lire et d'apprendre, les draconides de son espèce agissaient rarement sans raison. Si elle se trouvait là, c'est qu'il y avait un sens à ce que ce soit le cas, elle était juste curieuse de savoir pourquoi elle ne croupissait pas déjà dans une des geôles du palais royal. S'il travaillait effectivement avec les Celebor, ces derniers devaient attendre impatiemment le retour de leur arme de guerre favorite et de sa proie, pourtant il ne semblait pas enclin à bouger, encore moins à la mener à sa probable mort. Du temps où Lornell était encore en vie, elle lui avait contait plusieurs fois le passé douloureux de Cirilla, sa mère, la mettant en garde contre le fait que l'histoire risquait une fois de plus de se répéter si la famille royale mettait la main sur elle. Le sang ancien était précieux, personne ne prendrait le risque de le détruire de manière permanente, pas sans l'avoir perpétuer auparavant en un être qu'ils pourraient être capable de contrôler. Parmi tout ce qu'avait pu endurer la sorceleuse avant de ne disparaître, les viols répétés en était une partie non négligeable, et si la jeune femme s'était toujours débrouillée pour ne jamais tomber enceinte par la suite, Selene n'était pas sûr de pouvoir endurer ce genre de traitement et de parvenir à garder toute sa tête. La mage brune avait pourtant était formelle sur le sort qui attendrait sa nièce adoptive si elle venait à se faire prendre, une fois la confirmation de son ascendance établie, elle n'aurait de répit avant d'avoir donner un fils au roi qu'il pourrait ainsi contrôler. La rouquine préférait plutôt mourir que de subir un tel traitement, ce pourquoi précisément elle gardait désormais toujours une petite lame dissimulée sous ses vêtements. Comme pour se rassurer aux souvenirs de ces paroles peu encourageantes de la mage disparue, elle passa une main rapide vers l'intérieur de sa cuisse pour se rassurer en sentant le fin coutelas sous ses doigts. Peu importe ce qui l'attendrait, elle aurait toujours de quoi fuir.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Sam 30 Sep - 14:28

Sous le regard pesant du reptile, la sorcière répondait tranquillement en omettant les formules de politesses. Il n'était plus humain mais était désireux de distinctions, en l’occurrence l'absence de formule le vexait presque. Quand elle annonçait son prénom, le dragon lui adréssait toute son attention comme si ce nom lui était familier. Les propos de la jeune femme l'intriguait d'avantage alors que son esprit s'emballer étrangement. Au début, il ne cherchait pas à savoir où elle avait pu l'apercevoir car ça ne l’intéressait pas. Il ne voulait rien savoir d'elle si ce n'était ses intentions en tant que descendante d'un lourd fardeau. Mais maintenant que des brides de souvenirs concernant son enfance ramenait à la surface son humanité. Le dragon s'était quelque peu redressé alors qu'il laissait défiler la réflexion de nouveau retrouvée. Selene semblait soucieuse de son sort et s'était tout naturel. Cependant, elle avait une nonchalance qui était imprévisible pour un tel contexte. En réalité, elle semblait aussi aigris que lui, elle avait cette monotonie qui traduisait une certaine vie de souffrance. Le dragon le remarquait mais ne cogitait pas plus à ce sujet, dénué de ces pensées intrusives propres aux humanoïdes en temps normal.  Or, à cet instant, il ne refoulait pas cette vague de nostalgie qui lui était nouvelle. Iggnir gardait toutefois sa nonchalance, il ne cessait de fixer la sorcière à travers les barreaux. Elle évoquait la citadelle royal non pas sans un soupçon de reproche que le draconnide relevait. « Tu es bien la captive des Celeborr, cependant... je ne suis que les fers, pas les bourreaux. Il marquait un nouvel arrêt durant lequel il entreprit de se lever. A présent cesses de m'importuner et tâches de ne pas faire de vague, jeune imprudente. » Le buste redressé, le dragon balançait une fine gerbe de feu en contrebas pour allumer les deux brasiers endormis servant à l'époque de chauffage pour les prisonniers. Il y avait un groupe d'humain qui se plaisaient à le vénérer et lui rendaient parfois visite. Il y avait aussi ce halfelin qui venait dormir ici-même dans les geôles. D'où les restant de brasier encore alimentés et le lit de paille là où se trouvait Selene.  Le dragon déployait ses ailes dans l'idée de s'isoler, dérangé par les souvenirs humains. Car, jusqu'à maintenant, il n'avait plus éprouvé la moindre émotion. Par conséquent, notre ami s'en retrouvait quelques peu déboussolé.

Iggnir regagnait son antre dans le château, il entrait par le toit intact si ce n'était le trous cylindrique qui le forçait à rétracter ses ailes pour entrer. Là, le dragon s'avançait lentement jusqu'à son trésors où il s'y allongeait tel un félin. Il trouvait le sommeil bien que celui-ci fut léger et songeait non pas au monde mais à son propre passé. La mémoire lui revenait, les émotions avec. Le manque d'attache l'avait égaré mais, maintenant que Selene était de retour, notre ami allait pouvoir s'éveiller. En effet, l'intrigue ressentie sous sa forme de dragon l'incitait à penser que c'était en rapport avec le sort jeté par la sorcière Lornell. Elle était le Sang Ancien et possédait en conséquence un grand pouvoir qui l'avait toujours ensorcelé. L'aura qu'elle dégageait semblait attirer les sens du dragon c'était un fait. Quant à l'attirance physique, c'était quelque chose de bien plus subtile et humain qu'il découvrirait à ses dépends.

Asloth débarquait à l'improviste au petit matin avec sa troupe et sa prison ambulante. Il savait que Selene se trouvait dans la tour, il avait surveillé la bête nuit et jour.  Iggnir se trouvait dans l'ancienne salle de trône, il accueillait son aîné avec détachement. Il lui indiquait que la captive était dans la tour et le brun ne perdit pas de temps pour le vérifier. Pas plus de cérémonies, Iggnir n'était point étonné de trouver le prince à ses pieds, il ne relevait pas cette rapidité se doutant que le campement du brun se trouvait non loin de Kaen Trolde.
Il se hâtait de rejoindre l'extérieur et longeait le château pour rejoindre la dite tour. Tantôt en trottinant, le prince arrivait dans le long couloir remplis de geôles vides, au bout il apercevait le centre de la tour. Les premiers rayons de soleil traversaient les fenêtres dénuées de verre. Il arrivait enfin devant la cellule où il s'arrêtait net. Il avait les descriptions, l'un des parchemins de primes se trouvait présentement dans une poche. Il observait de loin la silhouette retournée de la captive dissimulée dans la pénombre. Un sourire satisfait et même malsain se dessinait sur son visage fier. Il se souvenait de la jeune femme qu'elle était, la réticence qu'elle lui montrait et la frustration qu'il en gardait. Elle qui était si belle dans la fleur de l'âge, l'était plus avec maturité ? Il en frémissait de joie à l'idée qu'elle fut aussi ravissante que ses semblables sorcières. Il fit ouvrir la cage et ordonnait à quatre gardes d'aller chercher la jeune femme et de lui passer les fers. Quatre pour une sorcière, ce n'était pas de trop d'après le brun. Il n'était pas du genre à prendre des risques, Asloth apprenait beaucoup des erreurs des autres et savait toujours récolter les fruits de labeur d’autrui. Il avait même prit le soin de droguer la sorcière pour atténuer son aura. Quand la dame fut enfin devant lui, en joug par ses boulets, il l'a détaillait. Asloth saisissait le menton de la rouquine pour la forcer à lui faire face. « Selene An Elvillar, ou encore, Ash, ou bien le renard flamboyant,  ou plutôt Selene Ashfield... il marquait une courte pause, descendante du Sang Ancien et pas des moindre ce siècle-ci... Il la relâchait, après avoir croiser son regard émeraude toujours aussi séduisant malgré sa fermeté sauvage. Elle était d'une grande beauté, ses traits fins trahissaient son ascendance elfique. Asloth était de nouveau séduit par la femme qu'elle était devenue. Il les aimait à fort caractère à présent, il le devait de son cadet. Il reprit la parole en cessant de la chercher pour prendre avec plus de sérieux et respect à son égard.  Ces derniers temps, je vous soupçonne d'être le loup solitaire, ou bien le loup blanc pour d'autre. Il semblerait que vous ayez beaucoup voyagé durant ces sept dernières années. » Il tournait les talons et indiquait dans la foulée à ses soldat d'emmener la belle à sa cage. Il le fit d'un simple geste de la tête alors qu'il reprenait la parole. « Nous avons beaucoup à nous dire, et beaucoup de temps pour ce faire. » La sorcière fut emmenée jusqu'à l’extérieure pour gagner sa prison ambulante.
Une cage sur roues, voilà ce qui était destiné à transporter la sorcière. Bien entendu, ils n'oubliaient pas de lui mettre les fers. Poignets et jambes liées, la rouquine fut chargée comme une dangereuse criminelle. Les précautions étaient maximales, la belle fut droguée pour bloquer son aura et ses capacités. C'était le même genre qu'utilisait le dragon quand il était plus jeune. Iggnir la laissait partir sans bouger la moindre aile. Asloth remercia son frère avec beaucoup de sincérité avant de tourner les talons, pressé.
Il jubilait, Asloth était heureux comme jamais avec sa captive en boîte. Il avait hâte de découvrir tout ce qu'elle avait en réserve. Il n'était pas déçu d'avoir veillé quarante huit heure pour surveiller le dragon.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Sam 30 Sep - 20:05

La rouquine soupira doucement face à la réponse qu'il lui apporta, se laissant choir doucement sur le sol froid. L'espoir vaguement présent que sa captivité puisse ne pas être lié à cette partie douloureuse de son passé s'évanouit rapidement avec la voix grave et puissante du dragon. Comment aurait-il pu en être autrement au fond, ce dernier était lié de manière profonde à la destinée des Celebor, et au dire du plus jeune des princes, n'était ni plus ni moins que leur bras armé. Qui d'autres auraient-ils donc pu envoyer pour partir à la recherche du sang ancien ? Ce fardeau, si précieux puisse-t-il être commençait sérieusement à peser à la jeune femme qui en cet instant aurait souhaité ne pas détenir une telle ascendance. Elle ramena ses genoux contre elle, jetant un coup d'oeil à la créature en train de se redresser lorsque cette dernière la somma de le laisser en paix, ce à quoi elle ne rechigna pas. Elle avait eu la réponse qu'elle désirait au fond, la discussion ne l'intéressait plus vraiment maintenant qu'elle semblait plus ou moins fixée sur son propre sort. Elle ne daigna même pas le remercier lorsqu'il alluma les brasiers non loin d'elle, lui offrant ainsi une source de chaleur non négligeable dans cet environnement hostile et glacial, reportant son regard vide sur le mur lui faisant face, l'esprit ailleurs. Wyzima, si ce n'était lui qui l'y ramenait, elle finirait pourtant bien par y retourner, et le revoir. Ses doigts se crispèrent sur sa tunique épaisse alors que ses traits fins traduisaient une colère grandissante au souvenir qu'évoquait cet endroit. Malgré les sept longues années qui la séparait de sa fuite, elle n'avait rien oublié, et encore moins pardonné. Lornell lui manquait parfois cruellement, et elle redoutait autant qu'elle attendait le moment de se trouver face à son bourreau pour lui faire payer son crime. S'il était bien une chose que Selene avait perdu durant son voyage en solitaire, c'était le sens de la pitié, et que l'objet de sa vengeance fut son ancien ami ne lui faisait plus ni chaud ni froid, du moins s'en était-elle convaincue durant les nombreuses nuits passaient à ruminer ses sombre projets. Ainsi la perspective de retourner au château provoquait en elle presque plus d'impatience que d'inquiétude.

Selene ne fit guère attention au dragon qui s'éloignait dans un vacarme assourdissant, ses battements d'ailes provoquant un courant puissant faisant danser sa chevelure de feu sans pour autant la tirer de ses pensées. Elle resta longtemps ainsi à ne pas bouger, à fixer la pierre morte comme si cette dernière allait lui apporter une quelconque réponse. La jeune femme se demanda simplement à quel moment on viendrait la chercher pour l'emmener à bon port, et surtout qui viendrait. L'idée que ce soit Ice à la tête d'une petite troupe lui traversa l'esprit et un sourire fugace et mauvais traversa son visage, y trouvant là une opportunité parfaite pour tenter de l'éliminer. Son attention fut toutefois plusieurs fois perturbée lorsqu'elle eut l'impression désagréable d'être observée depuis la pénombre crée par les mouvements réguliers des flammes, mais depuis sa cellule, elle ne pouvait guère s'en assurer, et préféra songer qu'il s'agissait simplement de son imagination. En soit, rien ne l'effrayait vraiment, qu'importe qu'il s'agisse de créature ou d'humain, ce qui se trouvait là ne semble pas vindicatif, elle l'ignora donc. Bien décidée à ne pas fermer l'oeil, la jeune mage chercha dans sa mémoire toutes les formules qu'elle pouvait connaître, de sa tante ou non, avant que ne lui revienne à l'esprit la plus simple concernant les soins. Après plusieurs minutes de concentration, elle posa sa main sur son épaule abîmée et récita tout bas une série de mots en elfique, répétant le même procédé trois fois avant de sentir sa paume chauffer agréablement. Consciente que l'efficacité du sort se faisait dans la durée, elle tâcha de rester concentrée et parfaitement immobile durant un long moment jusqu'à ce que cette fameuse sensation de chaleur ne cesse finalement, ayant déjà épuisée la plupart de ses réserves d'énergie magique. Néanmoins, après une rapide vérification, elle fut satisfaite du travail ; même si ce n'était pas là les soins d'une véritable soigneuse, le bleu avait nettement diminué en taille, et sa couleur était passé d'un noir terne à un violet clair légèrement passé, signe que l'hématome était déjà bien résorbé. De plus, son bras avait retrouvé une mobilité satisfaite qu'elle vérifia immédiatement en effectuant de légers mouvements circulaires. Un handicap de moins donc, toutefois elle ne se sentait pas en état de faire plus ou mieux, et finit par se laisser convaincre par Morphée lorsque ses paupières se fermèrent inconsciemment de nombreuses fois. Elle prit place sur la petite paillasse présente pour s'isoler légèrement du sol et rejoignit rapidement le sommeil, consciente que peu de choses étaient susceptibles de lui arriver ainsi ferrée entre quatre murs.

Les premiers rayons du soleil la tirèrent de son sommeil étrangement réparateur et elle se releva rapidement, jetant un premier regard en hauteur de la tour pour guetter la présence du dragon. Celui-ci brillait néanmoins par son absence, toutefois elle eut une autre désagréable surprise en entendant le cliquetis métallique caractéristiques des hommes en armure et reporta finalement son attention à la porte d'entrée principale du donjon avant que le sons des gonds ne résonnent le long des murs vides. Ses yeux s'étrécirent pour tenter de percer quelque chose parmi la pénombre encore trop présente, les torchères ayant finalement cessés de brûler durant son sommeil, et par précaution se recula contre le mur pour cherche le couvert de l'obscurité. Cette sensation étrange d'être regardé la hanta de nouveau et elle détourna soudain son attention de l'entrée pour fixer un point dans l'ombre, persuadée d'y avoir aperçu un mouvement. Restant à fixer un moment le dit point, elle ne se soucia de ses visiteurs que lorsque ces derniers se trouvèrent proches, lui permettant au passage de reconnaître un visage loin d'être inconnu. Son visage se ferma aussitôt en voyant le minois de l'héritier au trône de Nilfgaard s'approchait de sa geôle, une expression de profonde satisfaction animant ses traits séduisants. Si l'avancé en âge avait bien réussi au jeune homme, elle lisait pourtant quelque chose qui lui déplût immédiatement dans son regard, une sorte de domination malsaine qu'il ne semblait pouvoir dissimuler complètement. Néanmoins, il semblait également avoir conscience du danger que pouvait représenter la rouquine à présent et resta loin d'elle, envoyant ses sbires accomplir la besogne consistant à la récupérer sans dommages. Après un bref état des troupes accompagnant Asloth, la rouquine comprit que dans son état, toute résistance serait probablement futile. De plus, elle voulait désormais retourner au palais, feindre une position soumise et vulnérable pour pouvoir frapper plus aisément. C'est pourquoi lorsque les quatre gardes pénétrèrent dans sa cellule, clairement pas rassurés à l'idée de côtoyer une sorcière, elle leur tendit simplement ses poignets joints en voyant les fers qu'ils transportaient. Elle se montra incroyablement docile, toutefois son regard mauvais ne quittait pas le brun une seule seconde, comme si elle pouvait parvenir à le tuer simplement en l'observant. Même si ses griefs n'étaient pas principalement à son encontre, elle avait pourtant quelques comptes à régler avec lui également. Lorsque l'un des types tira brusquement sur la chaîne reliée à ses menottes, elle lui jeta un regard noir avant de faire quelques pas hésitants, ses chevilles également cerclées par le dimeritium. Ses effets se faisaient ressentir bien trop vite, la jeune femme se sentait particulièrement faible, comme si elle sortait d'une mauvaise grippe. Le fait qu'elle ait puisé la veille dans ses maigres réserves d'énergie pour se soigner n'y était certainement pas pour rien. On la planta devant le chef de la troupe qui l'observait comme on peut observer une jument à vendre. Lorsqu'il souleva le menton de la jeune femme pour voir son visage à la lueur du jour, elle se dégagea brutalement, sans pour autant le lâcher des yeux lorsqu'il énuméra les nombreux patronymes dont elle se trouvait affublée. Réelle ou non, il lui sembla capter une certaine touche de moquerie alors qu'il s'attardait sur ce détail sans importance, pourtant il retrouva bien vite son sérieux face au silence pesant de la jeune femme. Toutefois lorsqu'il la gratifia des soupçons qu'il semblait porter à son égard, les lèvres carmines de la jeune mage s'étirèrent en un sourire mauvais et elle ne put retenir une infime provocation. -" Approchez-vous encore un peu, vous verrez bien si j'ai des crocs … "- A l'évidence, il ne comptait pas rentrer dans le jeu de la rouquine et la délaissa finalement à sa garde, non sans lui promettre à mots couverts de nombreuses discussions à venir, plus ou moins volontaires, plus ou moins douloureuses.

Le voyage fut assez long et inconfortable pour Selene qui restait cloîtrée dans sa cage comme un animal de foire. Il lui était permit deux fois le jour de se rendre aux commodités, toujours surveillée de deux gars et enchaînée, et elle dût se contenter de ce maigre confort le temps de leur retour jusqu'à Wyzima. Pas une seule fois au cours du voyage elle ne décrocha la moindre parole, excepté pour demander à assouvir ses besoins primaires. Asloth tenta plusieurs fois d'engager un semblant de conversation, elle lui offrit simplement un silence pesant et une expression froide et désintéressée, si bien qu'il abandonna finalement avant la fin du voyage. L'arrivée au palais réveilla une foule de souvenirs plus ou moins agréables jusqu'à maintenant profondément enfouis dans les tréfonds de sa conscience, qu'elle tenta tant bien que mal de chasser. Néanmoins, lorsqu'on la mit au fer dans les geôles royales, elle n'eût d'autres choix que de les voir ressurgir, n'ayant rien de mieux pour s'occuper l'esprit. Comme s'ils craignaient ce qu'elle était – à raison probablement, elle-même n'avait jamais encore testé vraiment ses limites – elle se trouvait dans une aile différente de la plupart des prisonniers, ici seul le silence lui tenait compagnie, même les gardes se trouvaient hors de sa portée. Asloth avait promis de revenir la voir rapidement, non pas qu'elle en ait spécialement l'envie non plus, mais Selene craignait un peu le sort qu'il – lui et sa famille – pourrait lui réserver. Le temps lui sembla alors plus long encore que lorsqu'elle se trouvait dans la citadelle détruite. Elle tâta tous les murs, chercha une issue, un fissure, n'importe quoi, mais ne repéra rien de suffisant. Son seul espoir de fuite résidait dans les personnes qui passeraient par sa cellule et elles étaient rares. Elle resta un peu plus de 24h ainsi enfermée sans nouvelles, sans même de nourriture autre que le pain qu'on lui avait fournit en arrivant, elle se rationna donc dans un premier temps. La nuit était tombée, même si rien ne donnait sur l'extérieur, la température avait assez diminuée pour qu'elle s'en aperçoive. Allongée sur sa paillasse de bois brut, elle faisait tourner entre ses doigts fins et abîmés la petite tête de loup dormant habituellement sur sa poitrine. L'une des personnes qu'elle avait rencontré durant ses pérégrinations avec qui elle s'était plutôt bien entendus lui avait conté à sa manière la légende des sorceleurs. Enjolivée certes, mais étrangement juste par rapport à ce que Lornell lui avait apprit. Sa mère, héritière de la lignée de Cintra entièrement dévastée par la guerre avait finir par faire sa vie en tant que sorceleuse en compagnie de celui qui l'avait recueillit et élevé comme sa propre fille. Geralt de Riv, de l'école du loup. Le médaillon qu'elle tenait entre ses doigts lui aurait probablement appartenu d'après Lornell, et la rouquine se mit à rêver à ses histoires héroïques qui entouraient ce nom à la fois craint et envié, encore aujourd'hui. Elle regrettait de n'avoir pu connaître cet homme, tout comme de n'avoir jamais vraiment vu sa mère. Eux auraient probablement pu l'aider et l'aiguiller concernant ce pouvoir envahissant qu'elle n'avait jamais désirée. Un son diffus la sortit de ses rêveries et elle se redressa sur un coude pour observer en direction de l'entrée des geôles, surprise. Le loup miniature pendait délicatement sur le chemisier de la jeune femme, dansant en projetant son éclat argenté à la lueur des torches encore vivantes.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 2 Oct - 12:01

Kaer Trolde était de nouveau déserte, démunie de la moindre animation. Seule la végétation mettait un peu de couleur à l'endroit. Délaissé à ses songes et sa paix implacable, le dragon cogitait. La solitude le pesait plus qu'il ne le souhaitait. Savoir la rouquine de retour et visiblement en forme l'incitait à se mêler aux mortels. Il était désireux de revoir sa vieille amie, il avait encore plusieurs points à éclaircir avant de tirer un trait définitif à cette amitié. Ses années passaient aux côtés d'Arod en Skellige lui avait permis de s'épanouir socialement.  Il décidait de partir en fin d'après midi pour gagner les terres du Nilfgaard à vol de dragon. Il emportait dans ses griffes le sac en tissus contenant une tunique pour sa forme humaine. Il s'arrêtait à plus d'un kilomètre de la citadelle royale pour moyen de discrétion.  Il y avait bien tdeux années qu'il n'avait pas reprit forme humaine et cet effort lui demandait une concentration importante. En effet, la dernière fois fut quelques temps après sa colère fut estompée. Il restait une nuit humain avant de maintenir sa forme draconnide jusqu'à aujourd'hui.
Quand le crépuscule fit son œuvre en rougissant la plaine déserte qu'il occupait, Iggnir se transformait. Étrangement, reprendre forme humaine lui coûtait en énergie en plus de le faire souffrir. Humain, le jeune prince se sentait affreusement nauséeux en plus d'affamé. Son corps était épuisé, son esprit en ébullition. Nu comme un vers, il ressentit le froid avec un plaisir insoupçonné alors qu'il tentait de relever. Sa chevelure neigeuse avait atrocement poussé, sa barbe avec, quant à sa peau, elle arborait encore les écailles du dragon en bien moins rigide. Chancelant, Aelendil gagnait les ruines d'un ancien temple du feu sacrés dissimulé dans un vallon à l’abri des regards. Il passait sa tunique avant de chercher le confort d'un parterre pour s'y reposer un brin. Il avait oublié combien le corps humain était fragile et émotionnel. Par conséquent, il eut du mal à trouver le confort et le sommeil. Au lieu de ça, il se reposait bientôt envahit par une vague de bien être. Son corps se détendait malgré ses idées fulminantes. Al était bien moins rancunier en l'heure, son passé commun avec Arod l'avait influencé. Il était un tantinet moins détaché maintenant que sa personnalité lui était restituée intégralement. Son humeur n'était plus neutre tant il était désireux de parler à son ancienne amie. L'argenté une petite heure à observer le ciel s'assombrir avant de se mettre en marche pour le château.

Quelle fut le choc pour la famille royale de retrouver le fils maudit après sept ans d'absence. Si le château était la seule chose demeurée inchangée, le temps avait saisi les habitants. L'argenté avait traversé la citadelle incognito avant de s'introduire au palais en empruntant le chemin tant emprunté dans sa jeunesse. Il en gardait d'excellent souvenir, il gagnait le grand escalier devant lequel il eut un amer souvenir de la fuite de Selene. Dissimulant son identité aux regards indiscrets, Al avait d'abord surpris son frère qui se tenait par chance dans son bain. Asloth se révélait bien moins ravi qu'il ne semblait être. Il craignait pour l'état d'esprit de son cadet comme il craignait qu'il fut hostile. Asloth connaissait à présent toute l'histoire de l'argenté, son ascendance avec la chasse royal, la nature de sa malédiction et comment l'entraver plutôt que la retarder. Avant de présenter le fils prodige, le brun l'incitait à passer par la cas douche, barbier et relookage avant de se présenter aux parents. Asloth connaissait la méprise de sa mère Elliora envers le maudit qui n'était point sa chaire. Avec le temps, elle avait éprouvé une haine insatisfaisante envers le roi lui-même. Un sentiment qu'elle un confier à son fils unique sans qu'il ne songe à la trahir. Bien au contraire, c'était l'engrenage d'un sombre dessein déjà bien entamé. Selene Ashfield en leur possession, la tendance allait pouvoir se renverser pour le futur roi plus proche de son but que jamais.

Après une courte heure de débat avec les anciennes pratiques nobles de sa condition, Aelendil se présentait devant son père. L'argenté était si pressé de se manifester qu'il acceptait seulement qu'on le débarrasse de sa barbe d'ermite. Sa longue tignasse domptée, il était simplement vêtu et pourtant il dégageait beaucoup en prestance. Sa carrure était digne des humains tandis que son élégance était elfique. Ses traits étaient encore un peu trop anguleux à cause de sa récente transformation , sa peau pâlichonne lui donnait des airs de malade. Alesseï, le roi, se sentit soudainement angoissé en découvrant les traits de son fils, le véritable aîné. Le visage implacable, le temps avait rendu ses traits d'avantage aigris. Al se présentait nonchalamment en faisant impasse sur le passé. Il annonçait son retour avec neutralité, il ne justifiait en rien son absence. Le reste de la nuit, l'argenté la passait à se renseignait sur les faits actuels alors qu'il subissait les nouvelles recherches de l'alchimiste et du mage royal. Depuis des années, Asloth les avaient investi de la lourde tâche de briser la malédiction ou de la bloquer à long terme. Contrairement au roi Alesseï, Asloth avait compris qu'il ne pourrait pas contrôler le dragon d'autant plus qu'il n'était encore jouvenceau. Il voulait supprimer son pouvoir quitte à détruire son frère pour lui éviter un quelconque débordement futur.
Alors, notre prince fut emmené dans le laboratoire où on lui dissimulait les véritables intentions de leurs expériences. Le mage tentait de lier une mèche de cheveux ensanglanté d'Asloth au sang du dragon. Une expérience qui s'envolait en fumée dés lors qu'un contact eut lieu. Le mage entreprit des recherches avancées pour découvrir le sens de cet échec. Il ne mit pas bien longtemps pour comprendre qu'un sort puissant lier le dragon à un être.  Il fit ramener en secret des échantillons de sang et d'ADN d'Ashfield pour confirmer une idée saugrenue qui s'avérait exacte. Quand le mage demandait à notre ami quelles étaient ses sensations en contact avec le sang ancien -qu'il ignorait- celui-ci répondit qu'il se sentit apaisé. Les déductions du mage et de l'alchimiste les amenèrent à se rendre à l'évidence que le sort jeté par Lornell cette nuit-là l'avait lié au destin de la rouquine. Un grand bonheur pour Asloth qui comptait se débarrasser des deux. Une nouvelle qui faciliterait son oppression si toutefois l'un des deux manquaient à lui échapper. Il leur fallait d'abord confirmer le sort et faire des expérience physique quelque peu douloureuse pour valider leur théorie. En attendant, Asloth ne serrait pas au courant pour leur éviter une pression débordante de la part du futur roi. Pour plus de discrétions, les deux scientifiques décidèrent de reporter à la journée leurs expériences. Ils consacrèrent donc le restant de la nuit pour tatouer de multiples sceaux sur le corps de l'argenté. C'est sans broncher qu'il se laissait tatouer le torse, le dos, les épaules, les bras et son visage. Cette dernière partie fut la plus délicate, c'était un signe autrefois utilisé par des grandes sorcières et facilité par les sorceleurs pour apaiser les esprits. Le signe avait été camouflé soigneusement dans un tatouage ravissant malgré qu'il l'eut  en soit défiguré. Ses tatoueurs se relayaient, le travail effectué était parfait en pus de l'esthétisme. Es sceaux ressemblaient à des cercles magiques, le plus long était d'inscrire les mots et incantations. L'argenté prenait son mal en patience avec une bouteille d'eau de vie, la plus forte qu'ils eurent débusqué. Aussi, sa curiosité satisfaite par ses pseudo médecins, il ne se lassait pas d'apprendre les faits divers du pays.

Le crépuscule matinal lui arrachait une douleur lancinante dans l'ensemble de son être, les sceaux fonctionnaient à merveille et il lui fallut la demie journée pour s'en remettre. Il ne put redécouvrir les caresses du soleil sur sa chair à cause de mauvais temps persistant. Le soir, il congédiait toute visite pour se rendre aux douves. Maintenant qu'il s'était plié aux volontés de sa famille pour regagner leur confiance et la paix, Al se dirigeait d'un pas hésitant vers la condamnée. Maintenant qu'il était sur le pointde satisfaire sa plus grande curiosité, il hésitait de peur d'être déçu. La crainte de revoir cet être tant apprécié l'inquiétait. Il ignorait encore l'attitude à adopter face à son ancien ami, face à celle que son cœur semblait avoir élu. A mesure qu'il défilait dans le long couloir sombre, l'arrogance étouffait ses émotions pour éveiller sa fierté. Après tout, il avait vainement espéré la revoir, sa naïveté l'avait quelque peu répugné après avoir passé du temps sur les mers de Skellige. Son odorat développée ressentit la sorcière à quelques mètres devant lui. Le pas léger, il soupirait légèrement avant de passer sa main sur sa bouche et de s'arrêter au milieu de la cellule recherchée. De profil, il baissait négligemment son bras avant de détourner son regard à l'intérieur de la geôle. Il y faisait sombre, seules les torches murales dans le couloir faisaient office de lumière. Autant dire qu'ils faisaient sombre car les mètres séparaient celles-ci. L'humidité entremêlée à l'odeur de la jeune femme lui titillait les narines. Une fois de plus, elle sauvait ses narines de la puanteur environnante. Il fit deux pas et se collait presque aux barreaux en fixant de son regard noir naturel la silhouette. « Je ne pensais pas te revoir dans un tel lieu, disait-il d'une voix terriblement neutre. Est-ce là ce que tu désirais? Es-tu venue venger les tiens au mépris de ton sang?» Doucement, sa main droite venait s’accrocher aux barreaux à hauteur de sa clavicule. Il prêchait le faux pour avoir le vrais de sa voix à la fois douce et froide. Un brin plus loquace qu'avant, l'argenté était devenu d'autant plus taquin car il avait fini par apprécier la complexité humaine. Alors son attitude calme et sombre pouvait avoir l'air provocante malgré lui. Il était maladroitement subtile comme l'était le général pirate Arod. Mais, pour ce qui était de l'instant, il se concentrait simplement sur les réactions de sa dite amie. Il ne savait absolument pas à quoi s'attendre, piqué par la curiosité.
Cette dernière dissimulait la joie ressentie par le jeune homme.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 2 Oct - 13:16

Ses traits passèrent par trois phases bien différentes de manière extrêmement rapide lorsqu'elle aperçue l'intrus qui se dirigeait en direction de sa prison. La curiosité d'abord, incapable de reconnaître le visiteur depuis sa position, ce qui l'incita à s’asseoir complètement sur sa paillasse pour augmenter son champ de vision. La surprise lorsqu'elle constata l'étrange chevelure pâle et particulièrement longue de ce dernier qu'elle ne put associer qu'à une seule personne de sa connaissance compte tenu de sa démarche souple, typique d'une personne relativement jeune. Suivi de peu par une expression de haine profonde lorsqu'elle braqua ses yeux semblable à deux simples pierres pâles sur le plus jeunes des princes qui se rapprochait jusqu'à venir presque se coller contre les barreaux de sa cellule. Toujours assise sur sa planche retenue au mur, la jeune femme serra ses doigts sur le bord de cette dernière, ses jointures blanchissant sous la violence du geste qu'elle s'efforçait pourtant de dissimuler jusqu'à ce qu'il ne prenne finalement la parole d'une voix étonnamment neutre, accentuant un peu plus la colère déjà bien présente de la captive. Sa gorge se serra lorsqu'il évoqua à mots couverts son propre crime et elle serra les dents pour se retenir de se jeter sur lui dans l'espoir de briser la grille au passage. A la place, elle prit une profonde inspiration pour s'interdire de laisser toute émotion la gagner, sans pour autant y parvenir complètement, et c'est la voie venimeuse qu'elle lui répondit, sans le quitter du regard. - "C'est toi qui vient me parler de mépris ? Toi qui a l'arrogance de te pointer ici me donner des leçons après avoir assassiner la seule famille qui me restait ?" - Sa voix gonflait au fur et à mesure que les mots sortaient, tout comme la rage qu'elle avait contenu à son intention durant ces dernières longues années et son contrôle d'elle-même céda au même instant en voyant qu'il restait de marbre, emplit d'une insolence qu'elle se mit à mépriser d'avantage. Sans crier gare, la rouquine se leva d'un bond et franchit le maigre espace la séparant de la grille pour saisir le jeune homme par l'encolure de sa tunique sombre et le coller rudement au barreau pour l'approcher d'elle le plus possible alors que de sa main libre elle s'empara de la lame  toujours cacher à l'intérieur de sa cuisse gauche discrètement. -" Tu veux mon sang ? Sert-toi ! Mais fait vite, parce que quand je sortirais d'ici crois-bien que tu seras le premier sur ma liste. "- Avec une vivacité acquise durant des années passées à se défendre, elle le poignarda au flanc au travers des barreaux, se reculant la seconde suivante sans lâcher son arme rougie. A l'instant où la lame avait tranchée la chair du jeune homme, Selene avait eu l'impression que c'était son propre corps qui était atteint, si bien qu'elle recula de quelques pas, presque sonnée par la surprise et la douleur. Appuyant sa main armée contre le mur qu'elle souilla du sang de l'argenté, elle resta silencieuse le temps de se rendre compte du problème avant de lever un regard perdu en direction du jeune homme dont la tunique se teintait d'un sombre inquiétant. A quoi avaient bien pu jouer les savants fous venus lui prélever pas mal de choses depuis le début de sa captivité ? Difficile de ne pas faire le lien entre le coup qu'elle venait de porter et la douleur qu'elle avait ressentie la seconde suivante …

Etrangement, la peine endurée la ramena également à la raison, du moins au calme, elle n'en avait pas pour autant oubliée ni perdue ses désirs de meurtre. Ses doigts rendus humide que l'hémoglobine du prince lâchèrent l'arme qui retomba au sol en un tintement léger avant que sa propriétaire de l'y rejoigne, s'asseyant difficilement en tailleur, les yeux désormais rivés sur sa main souillée. Jusqu'à quel point le désir de vengeance pouvait-il altérer le jugement, détruire les liens, estomper les souvenirs ? Bien plus que ce que la raison pouvait comprendre, car malgré le fait de vouloir honorer la mémoire de sa tante, Selene était désormais assaillie par son passé, par le souvenirs des nombreuses- trop nombreuses ! - nuits passés en compagnie du prince, des bons moments qu'ils avaient tous deux passés, de ce que c'était d'avoir quelqu'un autre que son sang en qui avoir confiance. Le sentiment profond de trahison se disputait à l'affection qu'elle lui avait toujours portée jusque là, et pourtant, elle repoussa toutes ces réminiscences bien loin dans son esprit. Pour le moment, seul primait sa soif de réparation pour ce que l'on avait fait à la mage, elle aurait tout le temps plus tard d'éprouver des regrets. Elle referma son poing doucement, le bras légèrement tremblant face à l'effort qu'elle fournissait intérieurement en se battant contre elle-même, mais la noirceur l'aveuglait depuis un certain temps déjà, ce n'était pas une simple entrevue qui parviendrait à la faire évoluer. Toutefois, lorsqu'elle releva le regard en direction du prince toujours présent malgré sa blessure, ce fut un visage froid, dénué de toute expression de haine qu'elle lui offrit, tel un mur de ressentiment, elle ne lui ferait pas le plaisir de pouvoir l'observer perdre le contrôle une seconde fois. Selene reprit la parole d'une voix glaciale qui se répercuta délicatement sur les murs vides aux alentours. - "Qu'est-ce que tu me veux prince ? Il me semble que tu as été clair par le passé à mon égard. « Je ne veux plus te voir. », n'est-ce pas là ce que tu m'as dit après être venu réclamé des explications ?" - Le silence retomba dans les geôles où seules les respirations des deux jeunes adultes pouvaient se faire entendre. Elle le sonda du regard, guettant une réaction quelconque avant qu'un rire nerveux ne la secoue soudain, la faisant détourner les yeux et serrer les dents lorsque cela raviva la douleur qu'elle éprouvait. Elle tendit sa main libre pour ramasser sa petite arme et l'essuyer tant bien que mal à l'aide sa manche sous les yeux du jeune homme, puis joua avec entre ses doigts, le cinglement léger du métal contre la pierre se faisant parfois entendre. Inutile de la ranger, elle savait qu'avec son coup de sang irréfléchi elle s'était ainsi condamné à perdre son unique atout, maudissant au passage son absence de réflexion. - "Alors tire-toi. Ou bien rentre dans cette cellule et vient m'affronter directement, qu'on règle définitivement nos comptes. Je n'ai aucune autre raison de supporter ta présence. "- Elle baissa les yeux et se concentré pour tenter de faire refluer la douleur qui l'assaillait avant d'abandonner rapidement, incapable de se concentrer.  
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 2 Oct - 16:15

Ses longs doigts refermés sur le barreau, notre ami suivait du regard la silhouette en train de s'avancer dangereusement. Il n'avait pas bouger volontairement, la vivacité de la rouquine aurait pu être contrée s'il l'avait désiré. Il se contentait de méditer sur ses paroles, sur le crime qu'elle l'accusait d'avoir commis. Il le portait avec perplexité, continuant de croire que la sorcière n'avait pas esquivé volontairement à son attaque prévisible. Comme si qu'elle eut jeté un sort avant de disparaître. Un sort qu'il n'avait jusqu'à maintenant pas subi et toujours pas identifié. Il se laissait plaquer contre les barreaux, le menton en retrait pour éviter de se cogner. La poigne de la jeune femme était ferme très vite accompagné d'une douleur imprévisible au flanc. La lame étant chaude, il sentit la douleur seulement lorsqu'elle eut perforer sa chaire. Il fronçait légèrement les sourcils, son visage s'assombrissait mystérieusement tandis qu'il croisait furtivement le regard émeraude de la sorcière. Ce n'était pas la colère qui déformait son front ni la douleur mais, l'intrigue. Il découvrait la rancœur macabre qu'elle lui vouait depuis pour ce crime involontaire, en soit. Muet, il déglutissait alors qu'elle extrayait l'arme dans la foulée par précaution. Selene avait subitement lâché prise pour s'éloigner étrangement dans la pénombre. Ce fut comme si elle avait été touché par son propre coup. Al se demandait si son aura ne l'avait pas repoussé instinctivement, il était loin d'imaginer le lien les unissant. Il ne quittait pas position une fois l'emprise rompue, il s'était contenté de porter son autre main à son flanc blessé. Il saignait plus qu'il n'avait souffert. Son corps était endoloris par les tatouages récents, les sceaux pompaient son aura, rendant parfois lourd ses membres. A cet instant, il ne souffrait que de cette douleur supportable à son flanc. Dans un profond soupire de lassitude, l'argenté se retournait, dos négligemment appuyé contre les barreaux. Cette réponse ne lui suffisait pas. Aussi, il était quelque peu vexé par cette dénégation de la part de la rouquine. Il comprenait sa position, il se savait coupable et incapable de justifier ce qu'il s'était réellement passé cette nuit-là. Il y avait méprise sur les intentions de l'argenté sans qu'il n'en reste pas moins coupable. La mine blafarde, il avait arraché brièvement un morceau de tissus pour le nouer autour de son torse alors qu'il avait élargi les pans déformés par Selene de sa veste. Le bruit aiguë de la lame coupable retentissait au sol, comme délaissée par sa propriétaire. Al, renversait sa tête en arrière alors qu'il sentit la sorcière se calmer plus loin, assise.

Le jeune prince détournait le regard pour apercevoir celui de la captive assise dans la noirceur de sa cellule. Elle semblait être à l'image de son humeur. Selene reprenait la parole avec une froideur dans la voix qu'il lui découvrait après tant d'années. Il ne pouvait réellement discerner ses traits dans cette pénombre et se contentait de l'écouter. Elle était bien plus venimeuse qu'il ne l'aurait imaginé. Il avait été un tantinet naïf de penser qu'ils pourraient s'écouter. Il se sentit même insulté lorsqu'elle enchaînait après un rire mesquin de démon. Le jeune femme était devenue une jeune adulte caractériel au tempérament féroce. A moins que ce fut le comportement qu'elle lui réservait particulièrement. Cette nouvelle Selene ne l’effrayait pas, bien au contraire, il était ravi de voir qu'elle avait conservé cette sauvagerie. Il était au courant du sort que lui réservait Asloth. Il soupçonnait la jeune femme d'être sur la défensive par réflexe, par rancœur. Sa colère l'avait forgé, ses paroles n'étaient pas dénuées de reproches. Il ne lui en tenait pas rigueur, touché par une once de culpabilité, cependant, il était loin d'être aussi susceptible que les humains. Il aurait été idiot de ne pas changer d'avis il était venu le lui montrer sauf qu'il déchantait à présent. Il était simplement déçu que les choses aient aussi mal tournée, elles lui échappaient car il n'avait jamais songé à l'idée qu'elle en fut autant affectée. Était-ce parce qu'il en était l'auteur? Il haussait les épaules, en resserrant les pans de sa tunique, tranquillement. « Hmmpff... tu as probablement raison, soit...» se résonnait-il, il n'avait rien à ajouter, Selene était victime de son fardeau et semblait vouer une haine profonde à notre ami. Il acceptait ce rôle, ne sachant quel autre il pouvait avoir de toutes façons. Il se détachait lentement des barreaux frais pour quitter les lieux comme elle le lui suggérait. Ce n'était pas la première fois qu'elle le renvoyait. Cette fois il avait tout le loisir de se justifier mais en avait pas les mots, ni l'envie en cet instant. Selene resterait une image du passé d'autant plus qu'il n'avait plus s'imprégnait de sa nouvelle image. Tout ça pour repartir plus ou moins bredouille. Le cynisme de la jeune femme lui indiquait combien elle avait été blessé de sa soit disant traîtrise. Que pouvait-il y faire ? Il l'ignorait et se refusait d'y songer par orgueil. Il lui faudrait du temps pour accepter l'affection qu'il lui portait.

Selene était vouée à devenir la reine d'Asloth, le roi ne pouvant se permettre une nouvelle maîtresse. Il était assurément l'avenir de la maison et son ambition encouragée depuis toujours par son entourage. Le plan officiel était de soumettre Selene Ashfield à sa volonté et de la contraindre à lui donner un fils. En attendant que la jeune femme ne daigne donner son accord, le prince aîné ferrait preuve de souplesse e la délaissant à l'ennuie et au confort dans une tour désertée. Il lui prouvait alors qu'il ne lui ferrait pas de mal pour gagner sa confiance et quand le jeu l'aurait lassé, il prendrait c qu'il désire ardemment. Le jeu pouvait durer longtemps, surtout qu'à l'heure actuelle, Asloth tentait de conquérir le cœur de la reine d'un pays frontalier à leurs nouveaux ennemis. Il voulait les troupes plus que les terres. C'est pourquoi il se fichait de retarder la confection d'un héritier magique. Il n'allait pas tarder à découvrir la haine qui animait la sorcière envers l'argenté. Un atout qui allait probablement pouvoir changer les choses s'ils parvenaient à trouver un terrain d'entente précaire concernant l'argenté et accessoirement a position de Selene.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Mar 3 Oct - 14:36

De par ses paroles subtilement sélectionnées pour s'adresser à sa captive, Asloth avait réussi à se faire respecter de la sorcière prodige.  Il lui avait offert le confort d'une princesse dans sa tour d'isolement. Il ventait ses attentions comme étant innocente et quelque peu nobles. Il lui jurait la liberté si elle acceptait de lui donner un enfant. Aussi, il la désirait comme épouse, elle avait l'étoffe d'une reine même si le roi actuel était écœuré par l'idée. Alessï, roi du Nilfagaard, cet homme avait le poil dressé quand il s'agissait de magie. Elle était ce qu'il haïssait par-dessus tout et voulait voir disparaître son influence avant son dernier souffle. Il ignorait le vile penchant de son fils pour l'occulte. Il ignorait les complots tard le soir contre lui, des murmures prononcées par sa chaire et sa femme. Asloth était très doué pour manipuler les gens, Selene était de loin son plus gros challenge. Pour ce faire, il avait été obligé de grossir les attentions du roi à l'égard de la belle et de se faire passer pour son espoir. Un plan parfaitement échafaudé qu'il entretenait chaque jour jusqu'au jour J. Le changement de condition pour Selene Ashfield mit en désaccord le père et le fils aîné qui se disputèrent la parole. Les arguments d'Asloth réussirent toutefois à satisfaire momentanément le vieux roi qui s'en retournait à ses quartiers. Le brun ne supportait plus les crises autoritaires de son paternel, il en avait marre de toujours devoir valider ses choix. Il n'avait pas le droit à l'initiative et comptait bien y mettre un terme.

La première fois qu'Aelendil était venu quémander le droit de quitter la citadelle, Alesseï entrait dans une colère noire et profondément froide. Le semi-homme ne se laissait toutefois pas démonté, désireux de regagner sa forteresse et son sommeil draconnide. Son souhait lui fut refusé sous prétexte qu'on avait besoin de lui pour servir sa maison. Alesseï fut obligé de présenter les nombreux arguments travaillés avec son conseiller et son aîné pour tenter de convaincre l'argenté jusqu'à sa prochaine lubie. Sauf que cette fois-ci, le maudit ne ployait pas. Il n'avait pas le moindre intérêt à servir sa nation ou encore à épouser un parti riche. Il avait débarqué ici quelques jours auparavant en prétendant le contraire et voilà qu'il demandait déjà à repartir. Le roi se sentit perdre pied, exaspéré par la gêne ressentie face à son propre fils. En croisant le bleu cyan de son regard, il avait l'impression de revoir les démons de la Chasse Sauvage. Alesseï détestait ce fils depuis toujours, il avait écouté sa femme et s'en mordait les doigts aujourd'hui. Il était à l'origine de multiple dégénérations, notamment celle du couple royal. Le vieillard se replaçait sur son siège en matière riche, il agrippait son accoudoir avec frustration. Désemparé, il lui confiait une mission aux côtés du bras droit de son aîné sur les terres à l'ouest. Écarté durant quelques temps, l'argenté ne se lassait que plus de cette situation. Il était là à bavasser et régler des conflits commerçants tandis que le Sang Ancien était sur le point de controverser le monde entier.
De retour à Wyzima, notre prince demeurait discret, peu présent et surtout en mal du pays. Très vite il confiait à son aîné son désire de partir, ce besoin de liberté. Asloth, de son côté, s’efforçait de gagner la confiance du maudit afin de le pousser à exprimer ce profond désire au roi quitte à s'attirer ses foudres définitivement. La sagesse du brun l'avait saisi, il s'était résigné à quémander à nouveau sa liberté. Il cru pouvoir retrouver la complicité passée avec son aîné en se sentant proche d elui par leur mésentente parental commune.
Aelendil se présentait une nouvelle fois à son père dans le but de regagner sa liberté. Cette fois-ci, l'impatience du vieillard se lisait parfaitement dans son attitude et son ton. Il rappelait à son fils que peu lui importait le mal qui le rongeait, il avait un devoir à remplir en tant que descendant de la famille royal. Un discours des plus frustrants pour l'argenté qui regrettait son choix précédent. Il avait été bien impétueux en pensant pouvoir revenir sans craindre d'être retenu. Pourtant, au fond de lui, il avait toujours su qu'il devait se méfier des siens. Côtoyer Selene l'avait amené à se poser beaucoup de question sur sa position.Et, aujourd'hui plus que jamais. Quand il fut en Skellige, il ne fut pas une fois considéré comme une arme, Arod ne quémanda jamais l'aide d'Iggnir même lorsque leur vie fut menacée. Certains humains en valait la peine, c'était là que prenait toute la mesure d’éthique et morale. D'autre courbaient l'échine et donnaient leur vie pour le salut des autres sans attendre quoi que ce soit en retour. Puis, il y avait ceux qui se servaient sans compter, sans pitié et sans la moindre justice.  Quoi qu'il en soit, Al quittait la salle du trône désertée de tout témoins comme toujours, seule Elliora se trouvait présente. Seule témoins de cet échange civilisé, elle s'empressait de compter cette conversation à son fils unique. Alors Asloth se rendit auprès de son cadet pour tenter de remonter le moral de ce dernier. « J'aimerais pouvoir te dire, mon cher frère, qu'il ne voulait point t'offenser, seulement... Depuis que tu as choisi d'être Iggnir plutôt qu'Aelendil, père craint qu'un beau jour tu ne te retournes contre ta nation. » Disait-il en feintant à merveille de prendre son parti, une fausse empathie qu'il ne l’effleurait nullement émotionnellement. Le maudit le regardait, là debout devant les baies vitrées de sa chambre. Il adoptait cet air grave, entièrement à l'écoute, il méditait aux paroles d'Asloth. Lui qui semblait si sage depuis des années, il était devenu un maître manipulateur. Il adoptait cette attitude sérieuse et grave qui crédibilisait ses paroles avec aisance. En réalité, l'argenté voulait croire en lui en ayant conscience du lien de parenté puissant qui les unissait, se sentant membre d'une famille aussi petite fut-elle en cet instant. Comment pouvait-il doutait ? Ce retour à ses origines lui apprendrait à nouveau à se méfier de son aîné. Le brun bravait les derniers mètres le séparant de notre prince pour empoigner ses épaules d'un air complaisant. « Ecoutes-moi Ice, l'interpellé relevait un regard quelque peu dérouté sur son aîné le dépassant d'une tête presque. Je ne peux pas me mettre d'avantage à dos nos parents et surtout père. Tu sais qu'il est malade depuis quelques temps, alors soit tu prends ton mal en patience, soit tu t'enfuies ! Asloth resserrait son étreinte pour appuyer l'importance de ses dires, père vivra des semaines ou bien des années encore... je crains qu'il ne parvienne à ses fins avant ! » Sourcils froncés, l'argenté l'observait avec intensité avant de se dégager en proie à l'hésitation. Asloth  ne l'avait plus  nommé ainsi depuis qu'Al avait rencontré Ash, son unique ami au mépris de son frère. Ca l'attendrissait, Al n'était pas dénué de sentiment, loin de là, dans un tel contexte où il se sentit faible et seul face à l'autorité, il appréciait cette familiarité. Cependant, il voyait très bien où voulait en venir son frère, perspicace contre toutes attentes, le cadet n'était plus aussi naïf que d'autant. De son air grave, notre ami exécutait les cent pas, colérique et bouleversé.

-Attends... qu'essayes-tu de me dire ? Si je ne parviens pas à m’enfuir je ferrais mieux de l'assassiner ?! Crois-tu que ce soit mieux d'être pourchassé qu’emprisonné ?! Il s'emportait légèrement en sachant pertinemment que ces deux idées étaient envisageables dans son esprit pervertis.
-Calmes-toi ! Je ne fais que te trouver une solution à toi et Selene !

L'argenté fit une moue perplexe, entendre le prénom de la jeune femme dans cette conversation le ramenait d'avantage à la réalité. Il s'arrêtait net au centre de la pièce, il avait l'air peu crédible lui avec son chignon négligemment noué sur sa tête. Un vrais carnage sa chevelure, personne n'avait pu ou oser lui proposer une autre séance de coiffure depuis son arrivée. Il avait été très vite écarté et maintenant qu'il était de retour, Asloth lui prenait tout son temps lorsqu'il ne prenait pas celui de Selene. Le futur roi jouait sur tellement de tableaux à la fois.

-Ne me parles de cette humaine...
-Et alors ? Tu ne te considères ainsi dont plus comme tel ? Sans attendre de réponse, jouant simplement sur les mots pour tenter d'attendrir toujours plus le dragon, il enchaînait. Je me fiche bien du passé commun, Selene est l'élue et serra ma reine, il est tout naturel que je veuille œuvrer pour sa sécurité quoi qu'il m'en coûte à moi ou la famille...

Il observait du coin de l’œil son aîné avec un vice malsain, il était fier de pouvoir annoncer cela en sachant pertinemment que ce dénie naquit d'une affection reniée. Il n'était pas idiot, il s'était vite rendu compte combien la disparition de Selene l'avait marqué. Si les stigmates avaient enfin disparus, demeuraient les vestiges de ses sentiments.

-Père ne pardonnera jamais cet affront, pas plus qu'il n'acceptera de voir Iggnir lui échapper à tout jamais. Tu étais son meilleur soldat, le peuple vente encore tes exploits de prince, ta réputation s'est étendue jusqu'en Skellige avant que... Il eut du mal à dire la suite, soudainement conscient qu'il pourrait offenser son cadet et détruire tout ce qu'il était en train de consolider.
-Avant que je ne les brûle tous, femmes, enfants, vieillards... reprenait l'accusé avec cynisme, il esquissait une moue de dégoût en haussant les épaules d'un air détaché. La colère était le plus grand danger de la part d'un dragon, la sienne avait été terrible. Il en avait fini avec ses soucis de conscience depuis bien longtemps. Sa nonchalance regagnée, il soupirait froidement. Épargnes-moi tes pincettes, je sais ce que j'ai fais, je suis Iggnir et tu as raison... Je ne croupirais pas ici.
-Laisses-moi t'aider, je vais t'offrir cette occasion.
-Même si je t'assures d'avance que je ne tuerais pas notre père, ni ne prendrais plus parti à vos histoires.
-Je le ferrais pour toi et non dans mon propre intérêt. Maintenant, comprends-tu que j'ai plus d’intérêt à te garder ici que dehors.

Sur ces paroles, il fit quelques pas en riant légèrement avant de taquiner l'épaule de son cadet. Aelendil lui rendit un demi-sourire très maladroit. Il avait oublié bien des choses sous formes draconnide. Notre ami était suffisamment convaincu pour admettre la bonne foie de son aîné et lui accorder sa confiance sur son projet. Asloth et Elliora souhaitaient ardemment la mort du roi sans pour autant endosser ce rôle. Ils étaient dans l'impasse, ils craignaient le diagnostique des medecins s'ils venaient à l'empoisonner. Ils attendaient le moment opportun avec impatience. En attendant, le futur roi s'amusait à assombrir les idées de son cadets qui ne cédait toutefois pas à la folie meurtrière.
Un jour, notre ami tentait plutôt de s'échapper, son frère ayant pris le soin de poster des gardes pour l'épier continuellement, il se fit attraper. Les mesures encourues furent gentillets pour ne pas blesser Selene qui subissait équitablement le mal du dragon. Un sort que personne n'arrivait encore à contrer. Al fut ramenait au palais enchaînait comme un démon avant d'être jugé par le roi, le soir-même. C'était là son prétexte pour enfin enfermer le dragon en cellule. Enfin il allait pouvoir le neutraliser et dormir en paix depuis des années.
La réconciliation fraternel ne durait pas longtemps tant l'argenté était convaincu que le brun l'avait trahi en dévoilant les habitudes passées de son cadet à faire le mur en toute discrétion. Les gardes avaient été bien trop rapides pour le repérer, preuve qu'ils furent avertis. Aelendil passait le restant du temps dans une cellule isolée de tout autre captifs pour plus de discrétion. Il fut enchaînait souplement avec le fer maudit qui lui brûlait les poignet à petit feu sans pour autant le rendre dingue. Il y avait ce métal un peu partout en petite quantité, sans parler des cercles magiques. Mis à part ça, il était bien installé. Il passait son temps à se lézarder au soleil, profitant de la caresse du soleil sur sa peau dénudée, un plaisir dont il ne se lassait jamais. La nature lui manquait affreusement, il était en train de dépérir dans sa geôle. Son énergie pompée le rendait mollasson mais pas dépourvu de sa réflexion. Il eut tout le temps de cogiter dans ce trous alors qu'on venait parfois le provoquer à travers les barreaux en guise de sociabilité. Tantôt Elliora, tantôt Asloth, tantôt des conseillers puis un jour Selene. La belle venait vanter leur positions échangées, elle lui fit une menace des plus sanglantes aussi. Toujours persuadée qu'il était la source de son mal-être, sa vieille amie lui promettait que le jour où il sortirait était proche. Une sortie qui lui vaudrait uniquement le privilège de mourir de la main de la sorcière pour assouvir sa vengeance. Il l'incitait alors à entrer pour régler ses comptes, comme elle le lui avait balancer, provocateur, il avait accepté le sort qu'elle lui réservait. Il lui demandait de ne pas trop tarder, même. Une visite qui le laissait amer durant un long moment.

Puis plus tard, le mestre, toujours le même depuis Alesseï. L'homme prit en pitié le prince qu'il savait être le dragon maudit. Il connaissait son histoire dans l'intégralité, or, il n'était pas venu le lui raconter pour animer d'avantage sa colère. Il lui demandait de protéger l'équilibre, de protéger le Sang Ancien avant qu'il ne soit corrompu. En effet, la tendance ne pouvait s'inverser de la sorte au risque que bon nombre d'humain et d'être vivant périraient. Le monde connaîtrait une erre noire ou les mutations en découlant pousseraient l'humanité à la folie en détruisant sa propre terre.  Ainsi était fait l'équilibre. Mais, l'argenté ne voulut pas en entendre plus, il croupissait ici depuis des mois, peut-être une demie année. Il en avait marre des bourrages de crânes, il voulait retrouver Kaer Trolde. Tuer tout ceux qui l'auraient pillé puis revenir ravagé Wyzima comme il le fit pour l'archipel voisine.
Le mestre suppliait le dragon de rassemblait ses forces pour sortir d'ici, seulement, Al était bien plus atteint par le métal que le vieille homme put l'imaginer. C'est avec horreur que le mestre découvrait les petits clous de dimeritium plantés dans l'intégralité du corps du jeune prince. Un stratagème incroyable qui ne gênait plus tellement l'argenté qui avait plus l'air d'un drôle d'oiseau ainsi diminué. L'intelligence d'Asloth et ses conseillers. Le mestre conseillait au jeune adulte de défaire ses implants jour après jour afin de regagner en force. Il lui donnait tout un tas de combine pour lutter contre le fer maudit, il l'aidait à repérer quelques endroits infectés par le fer. Une entrevue des plus intéressantes depuis des mois.
Deux jours après, Al avait retrouvé quelque peu de sa forme et s’empressait de tordre ses barreaux avec patience pour passer au travers. Sa force physique lui permit cet exploit une nuit de pleine lune, il neutralisait ses opposants avec discrétion avant de se mouvoir jusqu'à la partie de jardin tant connue. Il avait agi avec précipitation sans travailler son plan ni anticiper les problèmes et changements.
Le hasard étant parfois cruel, il voulut que ce soir là, le couple royal tentait de se réconciliait sous une alcôve formant une terrasse à demie couverte à la vue saisissante. Ils savouraient une boisson de marque en échangeant sur les raisons qui les avaient conduis à ce déchirement. Le roi était saoul et de nouveau séduit par sa femme anciennement mage. Elle délaissait son mari un court instant en prétextant une envie naturelle, réelle. Et pendant qu'elle marchait, la reine avait songé à une idée des plus tordue à mesure qu'elle picolait, c'était toujours la même en réalité. Sans considérer d'avantage la chose avec qui que ce soit, elle voulait tenter d'assassiner son époux. En l'occurrence, le château était désert et l'attention braquée sur le couple royal en terrasse. Depuis qu'Aelendil était en prison, la garde avait retrouvé sa sérénité nocturne.  En longeant le long balcon pour rejoindre l'alcôve souhaitée, C'était un bel hasard qu'Elliora n'avait même pas eu à provoquer et elle aperçu en contrebas la longue tignasse argentée du maudit en train de s'enfuir. Il n'avait que trop progressé, elle fut hystérique en le voyant. Elle s'écriait comme une folle pour interpeller la garde.  Alesseï s'élançait dans le petit escalier collé au mur pour rejoindre le garçon en fuite et lui faire rempart en voyant sa femme s'affoler à quelques métres. Là, caché aux yeux de tous, l'argenté se retrouvait nez à nez avec son paternel. Elliora voulait la mort dAlesseï, lasse de sa tyrannie impitoyable envers la magie. Elle voulait voir son fils prendre les rennes et reprendre ses fonctions de conseillère royal, prendre part au conseil et aux batailles. Retrouver le monde ancien connu des plus vieux quitte à laisser s'enfuir le dragon nettement affaibli. Par conséquent, Elliora revenait auprès de son époux en toute discrétion qui se tenait en bas de l'escalier de la honte. Le même endroit où Lornell, l'ennemi jurée d'Elliora, sacrifiait son enveloppe charnelle pour imposer un sort ridicule à l'élue et au dragon. Une position qui la répugnait tant elle l'a trouvait formidable au fond. Elle ne pouvait que reconnaître le génie de la sorcière qui lui avait toujours été supérieure.

A cet instant, Al  maudissait le hasard de placer un tel obstacle sur sa route.  Il rejoignait rapidement son père avant d'être aperçu. Surpris par la proximité soudainement de son fils, Alesseï demeurait figé sur place. Face à face devant l'escalier que venait de descendre le roi l'argenté n'eut d'autres choix que d'affronter son père déjà devant sa route. Il aurait aimé lui parler brièvement. Mais, la reine l'interrompit. Elliora n'osait descendre les dernières marches, elle surveillait les alentours, désireuse de ne pas attirer l'attention d'avantage après réflexion. « Tuez-le, Alesseï, il ne vous épargnera pas... » suggérait-elle à voix basse alors que le concerné dégainait la petite dague en or qui habillait sa ceinture. Aelendil demeurait passif face à son paternel, il préféra le feinter en bondissant sur lui avant de dévier sur un côté et s’enfuir tout simplement. Il n'avait pas la moindre attention de le confronter physiquement, sentant l'inutilité de cet échange. Elliora se sentit profondément vexée, à aucun moment elle n'avait pu imaginer que l'argenté les ignorerait. L'alcool peut-être, celle-ci avait tendance à être sélective dans les options du  consommateur. Alesseï comprenait que son fils se faisait malle et prévenait à nouveau la garde avant d'être stoppé par Elliora.  Au moment où le roi fit volte-face, Elliora lui tranchait la jugulaire avec sa propre dague en acier nain. Le geste fut digne d'un assassin professionnel, elle n'était pas à sa première jugulaire. La reine se mit aussitôt à hurler, elle se mit à courir avec hystérie et rejoignit le bas de l'escalier pour le remonter et s’écrier « Sonnez la gaaaaarde !!!! Le roi vient d'être assassiné !!! » La garde, stupéfaite, mit du temps à se mettre en  mouvement, cherchant d'où venaient les cris précédents.
De son côté, notre prince s'arrêtait un bref instant en entendant la plainte, il n'eut pas de mal à comprendre le sens de cette supercherie. Très vite des gardes vinrent le débusquer au fond du jardin, tandis que la colère l'assaillait, et alors qu'il sentit son aura brûler sa chair tatouée, une flèche de dimeritium venait lui transpercer un poumon. Le coup le stoppait net dans son élan, il fut transpercé à plusieurs reprises afin d'assurer son immobilisation. Al perdit connaissance en maudissant sa naïveté avant sa famille, il aurait mieux fait de drésser un plan... Il entendait les cris hystériques d'Elliora qui ordonnait de l'achever tandis qu'Asloth hurlait à la mort d'éviter cette infamie. Il grondait comme un démon, tuant ses propres gardes pour les empêcher de donner le coup de trop. « Bande de chiens dégénérés, je vous ferrais tous pendre ! Ne m'entendez-vous pas !!! CESSEZ LE FEU !! » La tentative de l'argenté fut un échec, il fut de nouveau placé en cellule avec le déshonneur comme blâme cette fois. Ca ne changeait pas grand chose pour lui si ce n'est que son frère n'allait pas lui faire de cadeau, lui. Alesseï ne pouvait se résoudre à faire du mal à sa chaire malgré tout. Les circonstances de la mort du roi Alesseï Nihredil Celeborr du Nilfgaard furent remaniées dans l’intérêt d'Asloth. Aelendil fut considéré comme l'assassin, on racontait qu'il s'était enfui et avait tué le roi avant de fuir. Il devenait le prince mauvais qui avait corrompus le dragon et avait semé la pagaille dans la famille royal et le pays.

Les funérailles durèrent plus d'une semaine, Asloth n’adressait pas la parole à Elliora durant les trois premiers jours. Quand ils le firent, le fils aimé blâmait son dernier parent d'avoir failli tuer sa femme. Alesseï mort, Asloth prenait sa place de droit et tout de suite après les jours de deuils imposés. Selene, assistait au couronnement en tant que future souveraine. Le choix lui était imposé qu'importait l'accord qu'elle acceptait ou non.
D’ailleurs, une fois couronné, le brun avait offert les quartier de l'ancien prince entièrement rénové à la nouvelle reine en devenir. Des appartements provisoires pour respecter les règles jusqu'au mariage. Des règles que le nouveau roi avait voulu briser plusieurs fois avant d'être plus ou moins corrigé par celle qu'il se surprenait à aimer par jalousie. Elle incarnait tout ce qu'il désirait, l'interdit et la nouveauté. Elle était son trophée, il corrigé tout ceux qui avaient le malheur de respirer trop longtemps son air ou de partager une intimité qu'il lui déplairait. Asloth était l'avidité incarnée.  Une nuit tandis que la rouquine se reposait dans ses nouveaux quartiers avec nausée, Asloth allait la taquiner.

Selene repoussait encore et toujours ses avances, bien qu'elle fut bien plus subtile qu'autrefois. Plus confiante aussi. Cette nuit-là la jeune femme lui reprochait de ne pas avoir tenu sa promesse en la laissant porter le coup final à l'argenté ou encore en n'ayant pas encre libéré les peuples opprimés par le joug des Celeborr. Il n'en avait pas l'intention, il comptait bien garder la magie pour son usage unique, continuer à l'interdire aux autres et en avoir l'exclusivité. La source de pouvoir que représentait son cadet allait lui ouvrir bien des portes, sans parler de sa reine... Il ignorait ses reproches pour lui soumettre avec enjouement. « Notre mariage aura lieu dans cinq jours. Après cela, je te promets la parole en tant que première dame du royaume et grande sorcière, nous aurons tous le temps d'envoyer nos missives à ces peuples. Mais en attendant ma chère Selene, je te laisserais trancher la tête de ce traître dés lors que notre nuit de noce aura eut lieue. Il saisissait les mains libres de sa future femme pour lui promettre dans le blanc des yeux. Tu auras ta vengeance, même si pour celà je dois te donner celle des Celeborr...»  De belles paroles qu'elle acceptait avec une certaine culpabilité maintenant qu'il soulevait ce point. Il n'avait que faire de sa vengeance étant donné qu'Elliora était l'unique coupable.
C'est ainsi que les jours défilèrent rapidement, Asloth était le seul vainqueur de cette situation et ce sous toutes ses coutures. Elliora avait perdu la confiance de son fils unique et vouait une haine sans limite autant au maudit qu'à la sorcière. A présent le monde se réjouissait du règne d'Asloth Nihredil Celeborr du Nilfgaard sans savoir combien l'ambition de ce jeune adulte était dangereusement sournoise.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Mar 3 Oct - 16:33

Contre toute attente, Asloth avait bel et bien fini par gagner une certaine confiance de la part de la rouquine à force de visites, de promesses et de paroles réconfortantes. Son statut était finalement passé de prisonnière à futur reine sans qu'elle n'en comprenne réellement la trame, néanmoins la situation était bien plus confortable. Son ancien ami et allié prit sa place dans les geôles à ce que lui apprit son aîné, elle ne put s'empêcher de s'y rendre, encore trop ronger par la rancoeur, pour lui promettre un sort peu enviable de sa propre main dès lors qu'il mettrait un pied en dehors de sa cellule, après quoi elle l'abandonna à sa solitude. Les semaines suivantes furent relativement douces et agréables pour la rouquine qui en vint à délaisser légèrement son projet de vengeance, se laissant aller à la vie confortable que lui offrait l'héritier à la couronne. Jusqu'à ce funeste soir où le roi actuel perdit la vie sous les coups de son plus jeune fils en cavale. Du moins était-ce là la version officielle. La jeune femme n'en eut que peu de souvenir, assaillit quelques minutes après la mort du souverain par une vague de douleurs intenses  qui la firent sombrer dans l'inconscience une paire de jours. Elle s'éveilla dans le un lit plus confortable encore que celui qu'elle connaissait, le brun à ses côtés, la mine inquiète, pour lui apprendre ce qui s'était produit durant son inconscience. Le roi était mort, son fils aîné prenait sa place direct, et son plus jeune frère était accusé du meurtre, frôlant la mort lors de sa capture. Selene mit un certain temps a digéré la nouvelle, d'autant plus lorsqu'il lui annonça qu'aussitôt après son couronnement, il comptait bien la prendre pour femme de manière officielle, chose qu'il essayait de faire officieusement depuis plusieurs semaines déjà qu'elle lui refusait pourtant toujours. Même si la nouvelle de la succession et du meurtre la laissèrent amère, seul un détail la frappa finalement. Elle avait souffert presque au même moment que le plus jeune des princes, et ce n'était pas la première fois. Lorsqu'elle avait poignardé Aelendil, elle avait très nettement ressentie une douleur au même endroit sur son propre corps. Cela ne pouvait être un hasard, et cette idée tourna dans son esprit plusieurs jours durant. Asloth vint la voir encore plus souvent qu'il ne le faisait, débarquant dans sa chambre en pleine nuit pour tenter de la séduire, visiblement incapable d'attendre le moment propice. Malgré la confiance chancelante que lui accordait la jeune femme, elle ne pouvait pourtant pas s'y résoudre, pas tant qu'elle pourrait s'y soustraire. Le futur roi était très bel homme, particulièrement charismatique et ne semblait pas lui vouloir de mal, plus maintenant, pourtant, quelque chose la retenait encore, sans qu'elle ne parvienne à mettre le doigt sur la raison.

"Ma dame, pourrais-je vous parler en privé ? "- Interpellée, la rouquine leva les yeux du morceau de frêne qu'elle était en train de sculpter tout en profitant des douces lueurs du soleil printanier t reporta son regard clair sur le visiteur imprévu qui n'était autre que le mestre de la famille. Ce dernier était un homme âgé mais semblait doté d'une douceur et d'un calme sans pareil, et incitait à la tranquillité pour quiconque se trouvait près de lui. Elle lui offrit un sourire chaleureux et reposa son travail sur la petite table près d'elle avant de se lever en s'inclinant légèrement. Elle avait une forme de respect indéniable pour lui tant il semblait posséder une connaissance incroyable. Plusieurs fois elle avait eu l'occasion de converser avec lui, et il n'était pas rare alors qu'ils évoquent des choses plus ou moins interdites tel la magie ou encore les dragons qui continuaient d'intriguer grandement la jeune femme. - "Bien sûr." - Elle lui montra d'un geste de la main une porte on loin donnant sur un petit salon qu'il refusa pourtant d'un signe de tête avant de lui offrir son avant-bras par galanterie. - Il serait dommage de ne pas profiter de la venue du soleil, si rare pour la saison. Accompagnez-moi pour une simple promenade voulez-vous ? - Surprise, Selene esquissa un sourire, elle qui s'attendait à le voir préférer s'asseoir pour ménager son âge avancé, voilà qu'il lui proposait de lui-même une marche tranquille dans les jardins encore peu fréquentés pour la saison. Ils discutèrent de banalité tout en s'éloignant du château, un détail marqua la jeune femme toutefois, l'homme à ses côtés semblait anxieux par moment et ne cessait de jeter de fréquents coups d'oeil autour de lui, si bien que n'y tenant plus après s'être laissée entraîner dans un coin particulièrement isolé, elle finit par le questionner directement. - "Y'a-t-il un problème ? Je vous vois guetter le moindre mouvement alentours depuis que nous sommes partis." - Après une énième vérification qu'il fit de manière ouverte cette fois-ci, clairement percé à jour par la jeune femme, il s'arrêta finalement et détacha son bras pour sep lacer face à elle, le visage grave. -" J'ai des choses à vous dire. Des choses importantes qu'il faut que vous sachiez avant de faire un quelconque choix."- Le visage de la rouquine exprima une perplexité sans nom face à la gravité de ton qu'il employa avant de froncer les sourcils, les bras croisés. -" Il s'agit de Lornell." - Il leva la main pour l'interrompre en voyant qu'elle était prête à le couper puis enchaîna rapidement, à voix basse. - "Oui je la connais, nous sommes alliés depuis bien des lunes. Mais là n'est pas l'important Selene, Lornell est toujours en vie, il vous faut le savoir. Sous une forme différente, mais elle n'a pas périe." - La jeune mage encaissa le coup avec surprise, reculant d'un pas face à l'absurdité de cette nouvelle avant de reprendre une certain contenance. -" "C'est impossible. Je l'ai vu mourir. Et puis … comment puis-je être sûr que ma tante et vous puissiez être liés d'une quelconque manière ? Pourquoi devrais-je vous faire confiance ?" - Sans un mot, il plongea la main dans sa poche, provoquant une mise en garde de la jeune femme qui s'empara de la petite dague le long de sa cuisse qui ne la quittait jamais, avant qu'elle ne stoppe finalement son geste en voyant ce qu'il sortait. Un petit collier de tissu ornait d'une gemme noire, un onyx taillé d'une manière si particulière qu'il n'en existait qu'une au monde. Timidement, Selene tendit les doigts vers le collier et effleura la pierre avant de sentir un léger fourmillement dans le bout des doigts. L'objet était puissant, et c'était bien celui de sa tante. Elle leva un regard perdu vers le mestre qui lui offrit un sourire fatigué avant de refermer son poing autour de l'objet. - "Elle me l'a donné avant de venir te chercher, au cas où ce genre de chose arriverait. Ecoutez moi bien. Le prince n'a pas tué Lornell, elle savait ce qui l'attendait. Elle voulait vous protéger. "-" Me protéger de quoi ? Qu'a-t-elle fait ? Où est-elle, je dois la voir !" - Le vieillard baissa les yeux, semblant tout à coup harassé par son âge et soupira longuement. - "Là est le problème, j'ignore où elle se trouve, mais vous devez partir d'ici pour la trouver. Oubliez vos projets, oubliez votre vengeance, partez avec le jeune prince et trouvez Lornell." -" Pourquoi avec lui ?" - "Vous êtes liez à lui Selene, c'est là le sort de Lornell qui lui a coûté son enveloppe charnelle. Votre sort est lié au sien depuis ce soir là, si l'un de vous meurt, l'autre ne peut y survivre." - La nouvelle fit l'effet d'un électrochoc pour la jeune femme avant que son cerveau ne refuse en bloc toute cette éventualité. Elle s'emporta, prise d'une colère irraisonnée et recula de quelques pas, le visage dur. -" Vous mentez ! Pourquoi aurait-elle fait une chose aussi stupide ? Peu importe, je ne veux pas en entendre davantage !" - La rouquine tourna les talons et s'enfonça dans les végétations, l'esprit bouillonnant de nouvelles questions sans réponses, de situations sans la moindre logique. Sa tante en vie, sa vie lié à celui dont elle voulait le trépas. Courant dans le jardin pour regagner ses appartements, elle songea également aux dernières paroles d'Asloth concernant son funeste projet. Si le mestre avait raison, la mort d'Aelendil signifierait la sienne. Asloth ne pouvait avoir eu vent de ce sort si c'était bien Lornell qui l'avait posé, quand bien même ce fut vrai d'ailleurs.

Ses interrogations torturèrent la jeune femme toute la nuit durant, les noces n'étant plus qu'à trois jours désormais. Elle ne put fermer l'oeil de la nuit et préféra quitter sa chambre pour rejoindre la bibliothèque royale en pleine nuit, la sachant déserte, pour tenter d'y découvrir si un tel sort pouvait exister, et si oui, qu'elle en était le prix et la constitution. Attablée avec un lourd manteau de peau sur le dos pour faire fuir la fraîcheur nocturne, la jeune femme consultait en silence la pile de livres qu'elle avait pu débusqué sur le sujet à la simple lueur d'une bougie. L'endroit n'était normalement pas ouvert aux membres extérieurs à la famille royale, elle avait réussi à s'y faufiler sans culpabiliser, elle-même en ferait très rapidement partie après la cérémonie. La demi-douzaine d'ouvrages qu'elle feuilleta ne traduisait rien sur un tel lien crée par magie, elle finit par débusquer quelques choses y ressemblant dans le cinquième livre qu'elle ouvrit, les yeux rougies de trop forcer à la faible lueur de la petite flamme qui l'accompagnait. Elle n'avait pas même songé à créer sa propre lumière, délaissant la magie depuis quelques temps eu profit du confort. Des éclats de voix se firent soudain entendre, attirant l'attention de la jeune femme qui éteignit immédiatement la bougie avant d'embarquer le livre ayant retenue son attention pour fuir avant qu'on ne la découvre. Se dissimulant derrière la porte principale lorsque cette dernière s'ouvrit, elle attendit que les deux intrus ne passent avant de vouloir se faufiler dans leur dos lorsque le nom du plus jeune des princes dans la bouche de l'un deux attira son attention. Elle hésita une seconde à continuer sa fuite avant de finalement se raviser pour suivre discrètement les deux parleurs au travers des rayonnages plongés dans la pénombre. -"… va chercher encore à retarder l'exécution de son frère. Il nous faut trouver un moyen rapide pour qu'elle tombe enceinte. Sans l'enfant, Asloth est bloqué. "- "Les philtres de fertilité ce n'est pas ce qui manque pourtant !" -" Non, il craint que cela ne détruise le sang ancien au passage." -" Foutaise, la génétique et la magie ça n'a rien à voir, c'est juste un coup de pouce de la nature. "- "Quoi qu'il en soit, on a intérêt à trouver une solution rapidement pour accélérer le processus également. Il compte bien faire exécuter son frère le jour de l'accouchement pour faire passer la mort de la reine comme une conséquence naturelle de la venue de l'héritier. Nous devons lui assurer un mâle à cause de cela d'ailleurs, il n'aura pas de seconde chance. "- "Au final, cette putain sorcière lui a rendu service sans le vouloir. Nous devrions … "- Les voix s'éloignèrent, disparaissant dans les tréfonds de l'immense pièce, laissant la jeune femme toujours un peu plus perdue. La gorge serrée, elle pressait contre elle le livre qu'elle portait toujours comme si ce dernier aller l'empêcher de tomber et de se décomposer. Ce qu'elle venait d'entendre venait non seulement étayer les propos du mestre durant l'après-midi, mais ils remettaient également en doute toutes les belles promesses d'Asloth à son égard. Pire encore, s'il était conscient du lien qui unissait sa future épouse à son petit frère, il avait sciemment orchestré ainsi la mort des deux en manipulant adroitement la jeune femme et son instabilité émotionnelle. Lorsqu'elle regagna sa chambre, Selene pleurait, de colère, de peine, de haine, de tant d''émotions à la fois qu'elle était incapable de pouvoir les contrôler.

Les jours suivants se firent dans une espèce de brume insondable pour la jeune femme. Elle joua les futures mariées ravies de son sort auprès de tout le monde, même du roi désormais couronné officiellement, avant de ne pousser davantage ses investigations lors de ses moments de libertés. Elle découvrit ainsi que tout ce qui suivrait était savamment organisé depuis longtemps. Lorsqu'elle voulut trouver le mestre pour lui présenter ses excuses pour sa défiance et lui demander davantage de précisions, elle ne trouva que le corps rigide et bleui du vieil homme gisant dans ses quartiers. Asphyxie d'après le médecin de la cour, Selene y vit là bien autre chose et sentit le piège se refermer autour d'elle, plus seule que jamais. La panique menaça de s'emparer d'elle pour la pousser à la fuite dans l'instant,  mais à la réflexion, Asloth n'aura plus qu'à supprimer son frère pour se débarrasser d'elle également. Il ne lui restait donc plus qu'une seule option, fuir avec le jeune prince que jusqu'alors elle n'envisageait que de tuer elle-même.

Le mariage arriva finalement, en grandes pompes. La future reine fut impressionnée par sa propre capacité à se faire passer pour une mariée aimante et heureuse alors qu'elle n'était que mortifiée intérieurement. Sans grande surprise, Aelendil ne fut pas convié à sortir de sa cellule pour assister à l'événement, ce qui lui aurait probablement faciliter la tâche. La journée passa bien trop lentement à son goût, même si tout se succédait à une vitesse inimaginable. Elle se retrouva le soir même dans la chambre de celui qui était officiellement son mari et comptait visiblement bien profiter de son titre à la manière dont il la saisit dès qu'elle passa la porte. Une main sur la taille de sa reine, il l'attira contre lui pour l'embrasser avec envie, sa main libre se promenant déjà rapidement sur ce qu'elle lui avait longtemps refusé. Elle l'arrêta pourtant, un demi-sourire en coin et le repoussa sur le lit, le laissant retomber sur le dos. L'expression de la jeune femme lui laissa imaginer le plus agréable, alors qu'elle était en train de se concentrer pour lancer un sort sur le pauvre roi. Une main dans son dos s'activa à former des signes complexes alors qu'elle fixait son regard de jade sur celui de son roi, cherchant à se connecter à son esprit. Lorsqu'elle put visualiser très rapidement ce qu'il désirait, elle lui offrit une hallucination des plus réalistes et quitta les lieux dans la seconde, peu désireuse de s'attarder. Son projet était fomenté depuis un moment déjà, et l'endroit serait désormais désert, la fête battant encore son plein attirerait tout le monde. La rouquine dévala quatre à quatre les escaliers, esquivant les quelques gardes encore présents avec adresse puis gagna les geôles où se trouvait l'argenté. Elle le repéra de loin, prostrée dans la pièce qu'il occupait, avec un garde somnolent non loin. Se déplaçant à pas de loup, la jeune femme assomma l'homme d'un coup sec de la main en pleine nuque puis s'empara des clefs et se précipita vers la cellule pour l'ouvrir, sachant qu'elle n'aurait probablement que peu de temps. La chute du garde avait attiré l'attention du prince et elle lui jeta un léger regard avant d'ouvrir la porte pour le rejoindre et commencer à défaire les divers cadenas le retenant. - "On s'en va, tout de suite. Les gardes sont occupés à boire en haut, les écuries sont désertes, je m'en suis occupée. Deux chevaux nous attendent." - Ses cheveux détachés, légèrement emmêlés et sa tenue légère simplement constituée d'un linge de nuit et de son médaillon qu'elle ne quittait jamais ne laissait pourtant pas croire à une quelconque escapade nocturne, mais obnubilé par son projet de fuite, celle qui se trouvait désormais être la reine du Nilfgaard avait négligé certains détails.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Mar 3 Oct - 19:09

Plongé dans la pénombre de sa cellule solitaire, l'argenté grognait d'irritation. Il en avait marre d'entendre sonner les coches de l'église, d'entendre brailler la population. Tout ce bonheur éphémère résonnait faussement dans son esprit assombri. Il était tellement en colère, tellement frustré d'avoir été ainsi cloître. Il se sentait faible, ce sentiment le rendait malade au point d'embrumer son esprit. Aelendil passait son temps à dormir à présent, concentré sur la méditation, le temps défilait plus vite pour lui. Ainsi, l'argenté pouvait plus facilement prendre son mal en patience. Il sentait depuis toujours qu'il ne finirait pas ses jours de la sorte. Sa vie ne faisait que débuter, une nouvelle tournure se pointait à l'instant à l'horizon. En effet, il entendit grincer la porte à l'étage qui donnait dans l'escalier en colimaçon, unique entrée et sortie. Sans prêter une grande attention à ce qu'il se tramait, il soupirait déjà de lassitude. Al s'attendait à voir débarquer son frère ou bien Elliora pour lui annoncer le peu de temps qu'il lui restait à vivre. C'était bien Asloth, fraîchement marié. Les cloches retentissaient encore pour marquer cet événement à jamais et le brun accompagnait de l'indexe le rythme agaçant. Il venait narguer son cadet en lui exposant sa réussite. Il le remerciait lui et Selene qui était au centre de l'attention du peuple pendant que lui fanfaronner officieusement. Asloth jubilait, il était désireux de révéler ses véritables plans à son frère pour lui ôter tout espoir. Il voulait le rendre jaloux aussi et vantait grossièrement la nuit de folie qui l'attendait avec la sulfureuse sorcière. Ce détail avait le don d'agacer l'argenté qui daignait enfin réagir en se moquant délibérément du nouveau roi. L'échange fut mauvais, le brun y mit un terme rapidement avant de dévoiler ce qu'il s’efforcer de garder pour lui. Il aurait tant aimé se vanter d'avantage.
Al retrouvait sa solitude, bientôt les cloches cessèrent et la citadelle retrouvait son calme. Seule la citadelle était en folie, la place du marché était submergés de villageois en pleins beuverie au nom du mariage et des jours heureux à venir pour le peuple du Nilfgaard. La journée défilait sur le même schéma ennuyeux que toutes les autres. Très vite le ciel s'assombrissait pour laisser place au crépuscule.

Ce soir-là, l'argenté n'avait pas braqué son attention sur la la voûte céleste et lui tournait même le dos. Là, allongé à terre sur son lit confortable mais démuni d'armature, depuis son soit disant crime, Al avait été dépouillé des meubles et du confort psychique qu'ils lui apportaient. Manipulé et traité de pariât, il avait tout le temps de revoir ses positions et de vouloir rompre tout lien avec sa famille.Il était dégoûté, ignorant encore la vérité sur ses origines, il se sentit d'avantage abandonné. Il lui arrivait de reconsidérer les propos du mestre qu'il pensait encore en vie. Il lui arrivait de réfléchir à ce qu'il était censé faire. Drogué aux décoctions, il avait le plus souvent envie de dormir plutôt que de réfléchir. Surtout que cette nuit-ci était spéciale pour ce qu'elle représentait. Il était agacé à l'idée de savoir que Selene lui était dévouée. Écœuré de savoir qu'on l'utiliserait comme une vulgaire expérience une fois son rôle de reine accomplie. Il n'en doutait pas une seconde en sachant qu'Asloth était désireux de s'emparer de l'immortalité. Il aspirait à devenir un grand mage en prenant pour facilité l'aura de ses proies. Il voulait le pouvoir plus que tout au monde, celui de Selene allait le hisser vers les sommets qu'aucun autre souverain n'avait pu atteindre.Son ambition dépassait ceux de ses prédécesseurs en désirant posséder à son tour le pouvoir prodige. Al fermait les yeux, les paupières alourdies par une fatigue persistante non naturelle. Il portait une de ces tuniques qu'il avait l'habitude de porter sauf que celle-ci était démunie de décoration. Le froid le taquinait parfois sans qu'il n'y prête attention. A nouveau le bruit de l'unique porte le surpris. Il ouvrit les yeux, confirmant le fait qu'il faisait nuit et qu'une telle visite était impromptue. Était-ce encore Asloth qui venait vanter ses noces ? Il envisageait déjà d'essayer de lui arracher la langue si d'aventure il était cet intrus. Dos au visiteur, il entendit le cliquetis précipité du trousseau de clef suivit du bruit typique d'un corps tombé au sol. Il ne lui en fallut pas plus pour daigner s'intéresser à la situation. Il se redressait et tournait le torse pour s'enquérir du visiteur. Quelle fut sa surprise de trouver une dame en train d’insérer la clef de la délivrance dans sa serrure. Sa nonchalance naturelle le rendait perplexe, il s'attardait plus à examiner l'intruse plutôt qu'à se ravir de son geste. Il fut d'avantage troublé de reconnaître Selene. A peine avait-elle insérer la clef qu'elle entrait sans la moindre hésitation. Notre ami dont la personnalité s'était imprégnée d'un vieux pirate millitaire s'autorisait une vague. « Hmm... pas ce soir, chérie, je ne suis pas d'humeur... » disait-il dans un soupire las. La belle ne relevait pas et lui annonçait son plan à toute vitesse. Pris au dépourvu, stupéfait, le captif l'observait avec des yeux ronds en se redressant lentement. Dans un réflexe défensif, l'argenté avait reculé le torse en voyant la rouquine approcher dangereusement. Brisant la proximité pour le délivrer de ses chaînes plutôt que le poignarder. Al fronçait les sourcils en découvrant la tenue légère de la nouvelle reine du Nilfgaard. Il avait déjà du mal à encaisser le fait qu'elle fut là pour le libérer et qui plus est fuir avec lui. Alors comprendre que sa robe n'était autre que sa nuisette de noce le perturbait plus. Bien que la lumière manquait, il avait eut tout le loisir de redécouvrir et même découvrir l'évolution physique de son ancienne amie. Ce qu'il entraperçu était suffisamment satisfaisant pour envier Asloth. D'ailleurs cette pensée qui n'avait pourtant pas sa place lui soutirait une tirade des plus inappropriée. « Hmm... quel revirement soudain... n'était-il pas à la hauteur d’antan ? » balançait-il avec narquois, très peu confiant par ce qu'il se tramait. Il se laissait faire, n'aidant pas ni ne facilitant les gestes de sa sauveuse.

Délivré, Aelendil massait automatiquement ses poignets avant de se relever. Il observait la jeune femme déjà aux pieds de l'escalier. Elle l'incitait à se manier sans justifier son attitude imprévisible. Il avait cet air livide depuis des mois qui traduisait son manque d'activité. Ses muscles étaient endoloris par l'effet oppressant du dimeritium sur son corps. Les mains plaquées sur le sol, il entreprenait de se lever pour la suivre. Elle avait parlé d'écurie, il comptait bien s’enfuir d'ici et comprendre après. Il ne pouvait se résoudre à sortir à quatre pattes, pas devant Selene. Il fit cet effort pour se relever après des lustres passés à se laissé aller à la patience. Les mesures d'Asloth après sa fuite orchestrée par le mestre avaient été doublées. Il avait du mal à se tenir debout depuis quelque temps. Il en devenait presque flemmard, loin de dramatiser sa situation contre toute attentes. Il avait sûrement bien fait si Selene se révélait être ce qu'elle paraissait être, soit encore en fuite. Il sortit avec dédain de sa cellule sans trop,tarder malgré la difficulté. Dehors, il prit une profonde inspiration avant de croiser le regard de sa probable alliée. Sans perdre de temps, il la rejoignait d'un pas pressé avant de la devancer dans l'escalier non sans un mystérieux regard alors qu'elle rétorquait. En la dépassant il l'avait jauger par sa hauteur comme pour lui montrer sa méfiance.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Ven 6 Oct - 15:40

L'appréhension la gagnait alors qu'elle s'empressait de libérer le captif de ses liens. La nouvelle souveraine se doutait que son geste ne serait probablement pas très bien vu, ni par la cour, ni par son nouveau mari, et espérait donc pouvoir éviter toutes encombres jusqu'à la sortie, pourtant son instinct jusqu'ici endormie paresseusement depuis qu'elle vivait à la cour s'éveiller pour lui souffler que quelque chose clochait. Elle releva finalement les yeux vers son ancien acolyte qu'elle n'avait guère encore prit le temps d'observer plus que cela compte tenu de l'urgence de la situation et retint sa respiration en découvrant son visage d'une pâleur cadavérique et ses yeux cernés de noir. Pas un instant la jeune femme n'avait imaginé le trouver en si piteux état, et cette prise de conscience lui provoqua une vague de crainte que leur tentative ne finisse vouée à l'échec. Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre, elle le fit lorsqu'il prit la parole dans une phrase dont elle ne comprit pas vraiment le sens et pour la première fois depuis longtemps, elle lui porta un regard, particulièrement dur mais où il était encore possible de lire une forme d'incompréhension, puis ferma son visage pour reprendre une attitude froide et distante, tout en lui retirant sa dernière chaîne. Qu'ils réussissent ou non à fuir, tous les deux étaient condamnés à mort, autant saisir la petite chance qui pouvait se présenter. Elle se redressa et quitta la geôle, non sans lui jeter de fréquents coups d'oeil, pour gagner la base de l'escalier dans lequel elle ne s'engagea pas immédiatement, préférant écouter s'ils se trouvaient bien seuls. Une fois debout pourtant, le jeune prince n'eut pas cette état d'âme et avança dans le colimaçon, dépassant la rouquine qui sursauta légèrement, bien trop tendue, avant de l'inciter à attendre à voix basse, ce qu'il fit, s'immobilisant quelques pas au-dessus de sa position pour l'observer, méfiant. Selene se fichait de sa méfiance, il y avait bien longtemps qu'elle ne lui faisait absolument plus confiance, et si elle était venu le tirer de son caveau, c'était simplement pour assurer sa propre survie le temps qu'elle parvienne à trouver une solution à leur situation critique. Elle le rejoignit finalement, les sourcils froncés de mécontentement et prit les devants une nouvelle fois, l'incitant à avancer lentement du geste et de la parole. Ils traversèrent ainsi l'escalier menant aux geôles, divers couloirs où les bruits des festivités leur parvenait sans peine, glaçant le sang de la jeune femme compte tenu du fait que ces réjouissances lui étaient intimement liées, et après plusieurs minutes à jouer les fantômes dans les couloirs déserts, ils parvinrent enfin à la partir arrière du bâtiment pour déboucher dans les écuries.

Le froid qui jusqu'ici n'avait pourtant pas été un problème, cueillit la rouquine de plein fouet dès lors qu'elle mit un pied à l'extérieur, lui provoquant un frisson le long de l'échine jusqu'à ce qu'elle ne constate avec un semblant d'horreur sa tenue extrêmement légère, détail lui ayant jusqu'alors complètement échappé. Elle frotta vigoureusement ses bras dénudés et fit quelques pas dans la cour, silencieuse tout en observant les lieux rapidement. Un détail lui déplaisait, l'endroit aurait dû être entièrement désert, elle s'en était assurée en invitant toute la garde à la réception, or des gloussements lui parvenaient clairement depuis la cahute où les soldats se relayaient d'ordinaire, et une faible lumière en émanait. Elle jaugea la situation longuement, comprenant que quiconque à l'intérieur de cette petite bâtisse n'était clairement pas là pour monter la garde, avant de faire signe à l'argenté de la suivre dans les écuries même, pressant elle-même le pas sans vraiment l'attendre pour aller chercher leur deux montures. Elle le rejoignit à l'entrée de l'allée avec leurs deux chevaux sellés et lui lança les rênes adroitement de sa monture avant d'esquisser un mouvement pour enfourcher la sienne. Un nouveau frisson l'assaillit sous sa fine tunique en coton, et Selene dû se rendre à l'évidence qu'ainsi vêtue, elle n'irait pas loin sans se transformer en glaçon ambulant. D'un rapide coup d'oeil aux alentours, elle repéra plusieurs manteau de voyage traînant contre certaines stalles. Même si le confort laissait clairement à désirer, elle attrapa le premier venu et le passa sur ses épaules pour l'attacher avant d'en rabattre la capuche puis grimpa finalement sur sa monture qui commençait à s'impatienter. Elle n'avait pas la moindre idée dès chevaux qu'elle avait emprunté et espérait seulement qu'ils resteraient suffisamment gérables pour fuir en toute discrétion. Une fois en selle, elle rapprocha sa monture du cheval du prince et lui dit à voix basse sans pour autant le regarder. -" On va à Oxenfurt, je t'expliquerais lorsque nous serons sortis d'ici pour de bon." - Sans attendre, elle fit pivoter sa monture et vida les lieux, suivi non loin par la jeune homme dont elle entendait le galop non loin derrière elle. Il gagna vite et revint à son niveau en quelques secondes alors qu'elle s'allongeait presque sur l'encolure de son cheval pour gagner en vitesse. Il ne fallut pas cinq minutes pour qu'ils finissent par entendre le tocsin dans leur dos, annonçant probablement leur fuite, et la gorge de la rouquine se serra brusquement, elle aurait espérer une plus grande marge de manœuvre, le sort lancé sur Asloth n'était probablement pas aussi puissant qu'elle l'aurait voulu, et il l'avait pourtant vidé de la majeure partie de ses ressources magiques pour les prochaines 24h. Son manque d'entraînement et d'efficacité l'agaçait au plus haut point par instant. Réfléchissant à toute vitesse, elle indiqua les bois proches au jeune homme avant de bifurquer dans cette direction, sachant pertinemment que l'endroit grouillait de créatures diverses et que peu de gens auraient eu l'idée d'aller s'y rendre en plein cœur de la nuit. Il était plus que probable qu'Asloth et ses soldats ratisseraient d'abords les routes, non pas les sentiers dangereux. C'est ainsi qu'ils s'enfoncèrent dans la forêt et la pénombre, les obligeant également à ralentir quelque peu leur course.

Selene grelottait, aux prises avec le froid mordant, mais se faisait violence pour ne rien laisser transparaître à la lueur de la petite orbe bleutée qui trônait dans sa main, destinée à les éclairer un minimum. Ils chevauchaient depuis un moment maintenant, l'aurore ne devait plus être très loin, s'enfonçant toujours davantage dans les bois et leur protection.  Ils avaient repris la pas en s'enfonçant davantage dans les bois, l'idée de la jeune femme était de contourner la montagne la plus proche pour éviter tout contact humain belliqueux avec de quelques soldats, pour ensuite prendre un des chemins de traverse pour gagner Oxenfurt où elle espérait trouver le moyen de revoir sa tante. Un silence pesant régnait entre les deux jeunes gens malgré leur proximité alors qu'elle se demandait encore pourquoi Lornell avait bien pu faire une telle idiotie en les liant. La jeune femme se racla finalement la gorge dans l'idée de prendre la parole pour mettre la situation au clair vis à vis de son voisin, mais ce fût un autre son qui brisa le calme environnant, celui d'une flèche s'enfonçant dans le tronc d'un arbre proche. L'esprit de la jeune femme travailla à toute vitesse, il était impossible que les soldats les eut déjà rattrapés. Elle ferma subitement sa main pour en éteindre la source lumineuse, mais des torches luisaient non loin, et ils furent obligés de s'arrêter face à une rangée bien droite de cavaliers. Selene se rendit compte en cet instant que dans la précipitation de leur fuite, ils – elle ! - avaient négligés de se doter d'armes, et que la seule défense dont ils disposaient était la force de l'argenté et le petit couteau de la souveraine. Face à des coupes jarrets manifestement armés puisqu'ils les tenaient en joug de leurs arcs. La jeune femme garda la tête basse, dissimulée sous son capuchon, sa monture s'ébrouant doucement, visiblement mécontente d'être à l'arrêt lorsqu'un des types leur faisant face pris la parole. - "Pas commun de voir deux bourgeois dans cette cambrousse ! Surtout de nuit ! Promenade romantique ? Quel dommage …. Vous allez nous servir de monnaie d'échange, les liquidités sont rares ces derniers temps. "- D'un geste de la main, il ordonna à plusieurs de ces hommes de les maîtriser, Selene jeta un regard furtif à son voisin en quête de sa réaction. Leurs agresseurs étaient une bonne douzaine, ils n'étaient que deux, combien de chances pouvaient-ils avoir de s'en tirer sans la moindre arme ? Probablement pas beaucoup.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 9 Oct - 13:34

Asloth s'éveillait subitement de son hallucination et découvrait avec horreur la supercherie. Plongé dans l'un de ses fantasmes concernant Selene, quand celui-ci fut dissipé il resta bouche bée. Plus qu'une vision, il avait vraiment vécu ce fantasme sauf que sa partenaire n'était pas celle tant attendue. Il n'eut pas de mal à comprendre sa situation et s'extirpait très vite de sa torpeur.  Encore en pleine action, il repoussait l'usurpatrice avec violence avant de lui sauter au cou dans un excès de colère explosif. Il questionnait la pauvre femme qui ne sut lui apporter la moindre information. Le jeune roi se sentait profondément humilié, trahi et horriblement rancunier. Il étranglait la jeune femme jusqu'à lui ôter la vie. Il était hors de question que quelqu'un n'apprenne cette tromperie ridicule. Il balançait le corps inerte par-dessus son balcon avant d'alerter sa garde avec une colère démente. Noir de colère, il sonnait l'alarme, réveillant le château entier pour retrouver sa reine. On aperçut deux cavaliers fraîchement sortis de la citadelle en train de fuir vers l'est. Aussitôt, Asloth lançait une escouade à leurs trousses. Et alors qu'il hurlait sur son général, au même moment on venait annoncer la disparition du prince cadet. Asloth savait d’instinct que les deux maudits s'étaient échapper ensemble. Il se figeait un instant avant de cogner avec rage l'annonciateur de cette seconde mauvaise nouvelle.  L'idée qu'ils furent encore amis voire pire, amants le rendait malade. Un affront, une duperie qu'il ne pourrait jamais pardonner ni même délaisser impunie. Il se jurait de les retrouver, quitte à ratisser le pays. Sa fierté était mal en point, il se devait de la retaper. La sorcière l'avait aisément trompé, il pensait alors qu'elle s'était jouée de lui tout le long. Il maudissait cette femme qui ne cessait de le faire tourner en bourrique. D'autant plus que le roi s'en était toujours entiché. Un sentiment ambivalent qu'il devait à ce désire malsain de compétition avec son cadet. Il n'avait jamais accepté l'idée que son jeune frère fut investi d'un grand pouvoir, aussi contraignant fut-il, tandis que lui demeurait un simple humain. Cette nuit de noce devenait un sujet quasiment tabou, un souvenir qui le rendait mauvais si d'aventure on le lui rappelait.

De son côté, notre ami avait ouvert la voie dans un premier temps mais, délaissait très vite ce rôle à la jeune femme qui s'imposait naturellement. Selene avait organisé leur fuite, profitant surtout de l'énorme diversion persistante. Les trois quarts des gardes avaient réussis à se saouler entre chaque relève. La surveillance amoindrie, ils n'eurent pas de mal à fuir la citadelle à dos de chevaux. Un plan qu'elle semblait avoir prémédité, un plan qu'il suivit docilement sans broncher. La nouvelle reine eut l'idée de s'engouffrer dans l'épais bois sauvage pour empêcher leurs poursuivants de gagner en distance. La combine leur permettait de ne pas avoir été aperçu et de pouvoir filer plus ou moins en paix. Ils eurent donc l'avantage du terrain, échappant totalement à leur vigilance. Ses muscles torturés par ces mois de léthargie, la chevauchée fut rude tant Aelendil était affaibli. Cette réflexion le rendit d'avantage concentré sur sa course tandis qu'il se fiait à la sorcière. Il avait le sentiment qu'il pouvait lui faire confiance, ravi de la voir fuir Asloth plutôt que de lui manger dans la main. Quelque chose semblait avoir changé Selene depuis leur dernière rencontre où elle le menaçait de mort. Un revirement des plus plaisants qui semblait aller dans son intérêt. Cependant, il craignait quelque peu de gagner une nouvelle grande ville, connaissant l'influence d'Asloth sur celle-ci. Il ne donnait pas cher de leur peau dans un endroit aussi conditionné. Il était loin d'imaginer qu'une portion du peuple disséminée sur toute la carte ne cessait de résister en secret à la tyrannie.

Tandis que le ciel prenait une teinte rougie par le crépuscule imminent, nos fuyards se firent alpaguer. Le temps s'était écoulé très rapidement pour le demi dragon avachi de fatigue sur son poulain. Sans trop étonner notre couple de fuyard, ils tombèrent nez à nez avec une ribambelle de bandit cavaliers. Notre ami arborait cet air blasé d'un type incrédule plutôt qu'apeuré. Agacé par son incompétence momentanée, l'argenté commençait à gronder doucement alors que le leader les prévenait de leur sort. Il avait du mal à réaliser qu'il puisse se faire violenter ou même enchaîner par des bandits de première zone. Son regard n'avait rien de bon, son orgueil lui dictait le pas, il était hors de question de se laisser toucher par ces énergumènes. Il avait une sainte horreur qu'on le touche à cause du manque d’hygiène de l'époque pour la majeure partie de la population. Notamment ce genre de types. Certaine catégorie d'humain le répugnaient or, il était loin d'en avoir fini avec la familiarité du petit peuple. Un monde étranger pour le garçon habitué au luxe et à la vie marine. Deux vies opposées qui allaient faire place à une troisième, la vraie. Le jeune prince échangeait un furtif regard avec Selene avant de se raviser à tenter de fuir bêtement. Ils étaient bien trop nombreux pour être neutralisés, aussi, il y avait les archers qui les mettaient au défis de bouger. C'est avec une grande frustration qu'il dû se rendre à l'évidence qu'il valait mieux coopérer. Il n'était pas idiot bien qu'en temps normal, il se serrait jeté sur eux pour les éliminer. Cette entorse à son orgueil lui coûtait beaucoup et le second regard qu'il échangeait avec sa partenaire fut bien plus accusateur. « Tsss... » sifflait-il entre ses dents serrées. Alors l'argenté fit l’effort de descendre sagement de son cheval non sans dédain, le premier homme qui le brusqua se fit briser le nez d'un coup de tête. Les deux autre eurent un bras et des côtes brisées avant qu'il ne soit mis à terre plus facilement que prévu. La stupéfaction ayant prit au dépourvu les brigands, ils mirent bien plusieurs secondes avant d'envoyer une poignée d'homme pour le mettre à terre. Ils furent donc surpris de voir que le démon ne résistait pas des masses contrairement à ce qu'il semblait  montrer. Ainsi, nos deux fuyards se firent embarquer par le groupe de roublards qui s'avérait être un groupe vraisemblablement bien plus organisé que des zonards .

Oxenfurt, la puanteur de ses égouts titillait les narines de notre ami dont la vue était obstruée par un sac noir en tissus. Mené directement en cellule, il recouvrait la vue. La sorcière était placée dans celle voisine, aussi calme que l'argenté. Ils ne furent ni violenter ni humilier plus que nécessaire. Seule Selene avait été quelque peu taquinée à cause de sa tenue. Par chance, ces larrons-là n'étaient pas des violeurs d'otages, ils avaient bon nombre de défaut mais se différenciaient étrangement de bon nombre de bandit. Ils ne restèrent pas plus de quinze minutes en cage avant d'être visité par le chef des ravisseurs. La description des deux nouveaux captifs l'ayant piqué au vif de sa curiosité.
Cullen Hancock était le chef d'un groupe insurgé désireux de retrouver la Nilfgaard de leurs grands parents. Ils étaient dressés contre la famille royale depuis toujours et remplissaient souvent des missions d’assassinat. Ils avaient battis leur petite fortune sur leur nombreux cambriolages et kidnapping.  Hancock  avait vu défilé bien des hivers, il en était à son soixantième pourtant son esprit était jeune.

Lorsqu'ils aperçut nos deux larrons derrière ses barreaux, il fut prit d'un fou rire nerveux. Partagé entre la joie d'avoir mis la main sur des diamants et le fait d'avoir de gros ennuies. Ce qu'ils avaient pêchés cette fois-ci étaient de loin leur plus grosse prise. Il en eut des sueurs froides avant de rire machinalement. Selene Ashfield, le Sang Ancien et Aelendil Niphredil Celeborn se trouvaient dans ses geôles à sa merci. Si la fille lui porterait d'énorme soucis, le jeune prince était un héros dans son cœur de rebelle. L'avait-il kidnappé ? L'idée plaisait au vieil homme en admiration soudaine. Le vieillard déglutit puis se reprit, il avait cette prestance âgée qui le rendait facilement respectable par son attitude. C'était un gentleman avant tout, ses hommes proches étaient quelques peu cultivés et bien plus compétents que trois sous-fifres à la fois. D'où le fait qu'ils furent en chasse en groupe étoffé. L'ancien militaire s'approchait des barreaux du jeune prince avant toute chose pour adopter un air embêté, voire compatissant. Il fit libérer le jeune prince et délaissait la belle rouquine à son sort. Elle valait beaucoup d'or, l'échange lui vaudrait le respect du roi et probablement son poids en or.
A partir de là, Aelendil fut traité comme un invité plutôt qu'un otage. Mais avant de pouvoir manger, se doucher et se reposer, l'argenté conversait avec l'ancien militaire. Le dragon lui expliquait que c'était plutôt la ravissante sorcière qui l'avait kidnappé et non l'inverse. L'humour du jeune prince ne suffisait toutefois pas à défaire l'idée d'échanger la fille contre de l'or. L'occasion était si belle qu'il était aveuglé par le même mal qui avait touché l'argenté. Lui même pensant devoir retourner à Kaer Trolde pour protéger son trésors. Plan qu'il exposait brièvement à Hancock qui espérait le compter à ses côtés. Ils passèrent beaucoup de temps à échanger, Aelendil était curieux de l'opinion publique, il découvrait une facette de la population qu'il ne connaissait pas, intrigué à l'idée qu'une armée de rebelle puisse se former. Mais, leur conversation fut interrompue par un émissaire de Wyzima venu annoncer la véracité du court récit du prince cadet. Hancock, dû revoir ses principes, il croisait le regard perçant de son invité et soupirait lourdement avant de rire légèrement. Il soulevait fièrement leur courage fougueux, appréciant une jeunesse aussi insoumise. Hancock ordonnait dans un grondement qu'on libère Selene Ashfiel sur le champs. Aelendil était plutôt satisfait, le sort de la jeune femme lui importait bien plus que ce qu'il ne laissait sous entendre et voir.

Selene fut rapidement ramenée dans la salle principale de débriefing où le chef avait établi son bureau. Al était assis à la place du chef, curieux de vouloir tester le confort du siège. Le rembourrage de celui-ci lui rappelait combien le luxe lui manquait sous cette forme.  Avachis sur le cuir flétri, l'argenté observait l'arrivée de la rouquine. Une fois encore, la pénombre de l'endroit amoindrissait les détails. Le repaire se trouvait en sous-sol, le réseau d'égout était contrôlé par cet homme. La porte se refermait derrière la belle qui fut aussitôt accueillie par l'homme qui se confondait déjà en excuses.  « Je regrette que ayez été victime de mon avidité, les temps sont si dures pour ceux qui n’adhèrent point au moule. Je conçois que cela ne pardonne pas l'idée de donner à l'ennemi le précieux héritage du Sang Ancien... Surtout que vous semblait porter en vous la flamme de l'espoir pour le peuple. J'aimerais vous témoigner tout le respect que j'ai pour vous deux et aussi j'insiste pour vous prêter main forte de la manière qu'il vous plaira même si vos souhaits convergent. Hancock était plein de sincérité, désireux de racheter sa faute et de gagner l'estime de la belle. Je crains que vos têtes ne soient placardées un peu partout d'ici quelques jours. Je dois vous suggérer de ne pas traîner dans le coin, les sentinelles anti-magie vous retrouverons, Madame. Je ne peux vous cacher longtemps vous devriez prendre de l'avance, je vous y aiderais volontiers si tel est votre souhait. Il marquait une courte pause, il en venait à porter son attention exclusivement sur la rouquine. Si Celeborr vous attrape, vous serrez condamnée pour votre trahison après lui avoir donner une descendance. Si je puis me permettre, que comptez-vous faire Madame ? »

Aelendil se contentait d'écouter, incertain de ce qu'il devait lui-même faire si ce 'était retourner à Skellige. Mis à part son or et des souvenirs noirs, rien ne l'y attendait réellement. Il ne se voyait pas plonger à nouveau dans un sommeil de plomb sachant que le jour était levé et que son humanité persistait. Les tatouages étaient pour la plus part invisibles, seul celui  sur son visage camouflé par d'épaisses mèches argentées indisciplinées marquait les esprits.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 9 Oct - 15:14

S'ils arrivèrent bien à Oxenfurt, ce n'était pas vraiment de la manière qu'aurait escompté la jeune femme. Les yeux bandés, les mains nouées, autant dire qu'ils n'étaient pas vraiment en position de force. La timide animation du matin laissa rapidement place à l'humidité oppressante de quelques zones souterraines, et lorsque la jeune femme pu de nouveau jouir de sa vision, ce fut pour observer la geôle qu'on lui avait refourgué, très semblable et tout aussi peu confortable que celle de la citadelle. Son compagnon d'infortune se trouvait dans la suivante, elle pouvait l'entendre mais guère le voir. Loin de s'alarmer, ce qui n'aurait servit à rien, la rouquine se posa et observa l'anatomie des lieux tout en réfléchissant, l'ouïe aux aguets pour quérir la moindre information. Il ne se passa guère longtemps avant qu'on ne vienne à nouveau les voir. A l'allure et à son accompagnement, il était difficile de ne pas comprendre qu'il s'agissait d'un membre haut de la petite troupe par laquelle ils avaient été enfermés. Ce dernier riva son attention rapidement sur le voisin de cellule de la rouquine et laissa exprimer sa surprise et son contentement rapidement à découvrant quel genre de poisson son équipe avait ferré. La jeune femme ne retint pas vraiment l'attention de leur geôlier qui s'attarda nettement plus sur son compagnon et en vint rapidement à le libérer pour l'embarquer à ses côtés, laissant la mage à sa solitude, mêlée d'incompréhension. Elle tourna plusieurs longues minutes comme un lion en cage avant de se résoudre à se poser, consciente qu'elle ne sortirait pas immédiatement de sa prison. Aelendil était bien plus connu qu'elle-même au fond, et la nouvelle de son meurtre présumé avait déjà dû faire le tour de la plupart des villes étant donné qu'il s'agissait de leur souverain. Mais la situation se dégradait plus rapidement que la jeune femme ne parvenait à se faire de plans de secours, et si d'aventures l'argenté était relâché et qu'elle était rendu au roi, il n'y aurait probablement plus grand-chose à espérer de bon. Selene s'emmitoufla dans le manteau qu'on lui avait laissé etse mit à somnoler, toujours aux aguets malgré tout pour saisir le moindre son un peu trop proche.

Elle se reposa à moitié de cette manière plusieurs heures durant, elle eut le temps de se recharger suffisamment en énergie pour pouvoir lancer quelques sorts rudimentaires et s'éveilla complètement dans avoir la moindre notion du temps perdu mais avec l'estomac dans les talons lorsque deux hommes firent grincer la lourde porte métallique menant à elle et ses barreaux. Selene se releva, nullement gênée par sa tenue déroutante et les fixa froidement, guettant le moindre de leurs gestes même si pour l'instant, aucun d'eux n'avaient montrés d'intention de lui nuire de quelques manières. Au contraire, l'un des hommes, le plus âgé, lui ouvrit la porte et recula rapidement, lui libérant le passage comme s'il la craignait soudain, avant de l'inciter à profiter de la voie ainsi libérer. Le plus jeune prit la tête, esquissant un léger sourire qui devait se vouloir rassurant, auquel elle n'accorda pourtant pas grand attention, constamment sur le qui vive. La jeune femme suivit le blond qui la mena dans un endroit bien plus accueillant que celui qu'elle venait de quitter et retrouva l'argenté siégeant à ce qui semblait être la place d'honneur, lui tirant au passage un froncement de sourcils surpris. Le vieil homme qui avait sorti son comparse de prison se trouvait également sur les lieux et l'accueillit avec déférence après l'avoir presque ignoré dans les cachots, et elle ne savait trop comment interpréter ce revirement soudain. Restant debout malgré l'invitation tacite à s'asseoir également, elle gardait les mains croisés devant elle, silencieuse, alors que le type se confondait presque en excuses désormais. Selene osa un rapide regard en direction de l'argenté qui avait visiblement pris ses aises et demeurait bien silencieux, puis reporta son attention sur le chef de cette petite association qui semblait à présent désireux de les aider. Elle soupira doucement, abasourdie quelque part des propos qu'elle entendait, et compris alors qu'il n'y avait peut-être pas que les mages et les sorcières que le règne de Celebor avait mis en péril. Toutefois, ce n'était pas son rôle d'être l'étendard d'une quelconque rébellion et elle ne comptait pas l'endosser, seule compter à ses yeux retrouver sa tante et se débarrasser de cette malédiction. Elle n'était clairement pas de taille à mener une quelconque armée. Néanmoins, la jeune femme avait bien conscience que le dire ne l'aiderait probablement pas, aussi elle préféra se taire et saisir l'opportunité qui lui était donné de pouvoir fuir davantage le roi et sa milice, surtout que comme le vieux l'avait précisé, il ne faudrait guère de temps pour qu'on la trouve, que ce soit grâce aux primes, ou à son aura bien trop visible et puissante désormais, qu'elle contrôlait encore fort mal. Lorsqu'il se tût, la jeune femme laissa un léger silence avant de finalement lui répondre tranquillement. - "Je vous suis reconnaissante de vouloir nous aider, et comme vous l'avez si bien souligner, il ne serait pas judicieux que l'on s'attarde ici, pour vous, comme pour nous. Nous devons quitter la ville rapidement, mais avant cela il me faut me rendre à l'ancienne académie." - Elle marqua une légère pause tout en réfléchissant rapidement puis reprit en esquissant un léger sourire. -" Si votre proposition est sérieuse, des habits et des armes nous seraient particulièrement profitables, ainsi que la possibilité de passer la nuit prochaine dans votre demeure pour récupérer comme il convient." - Elle inclina doucement la tête en guise de remerciement avant de reprendre la voix soudain beaucoup plus froide. - "Quant au roi, qu'importe qu'il me retrouve ou non, il n'aura jamais ce qu'il souhaite. Vous avez ma parole. "- Selene préférait se donner la mort elle-même et supprimer ainsi toutes traces du sang qui coulait dans ses veines, quitte à entraîner l'argenté avec elle dans sa tombe, plutôt que de laisser Asloth s'emparer d'une telle puissance sur laquelle elle-même n'avait pas encore le moindre contrôle. Le vile homme lui assura son aide ainsi que ce qu'elle lui avait demandé, et elle se surprit à le remercier sincèrement cette fois-ci. Le sort ne les avait peut-être pas si mal loti pour une fois. Pas à un instant pourtant elle ne s'adressa au jeune homme en retrait, et lorsqu'elle fut invité à suivre un des gardes pour se choisir des vêtements plus adéquates, elle le délaissa sans un mot en compagnie du chef. Selene n'avait pas encore oublié sa rancoeur malgré la situation, et moins ils échangeraient, mieux cela vaudrait pour tous les deux.

La jeune femme trouva son bonheur rapidement en une tenue certes masculine, mais confortable et pratique en cas de combats rapprochés, ce qu'elle n'espérait pourtant pas. Un pantalon souple en daim gris, une tunique de coton blanche agrémenté d'un gilet sans manche noir, et des bottes cavalières d'un brun passé. Elle se dégota un arc de qualité moyenne, une dague d'acier nain, et une cinquantaine de flèche pour compléter sa tenue. Elle quémanda également une douche qu'elle prit rapidement, puis rejoignit le chef et Aelendil pour un repas rapide le soir, où elle discuta davantage avec le dénommé Cullen qui l'interrogea sur ses projets futurs et ce qu'elle comptait faire pour échapper à la surveillance du roi. Elle lui répondit, parfois maladroitement, et prit finalement congé de la petite tablée rapidement, prétextant la fatigue. Si elle ressentait effectivement une certaine tension dans son corps qu'elle rêvait d'apaiser avec l'aide du sommeil, son esprit refusa obstinément de plonger dans le sommeil, torturé par la situation et ce qu'il lui incombait désormais de faire. Elle tourna longtemps dans son lit sans parvenir à fermer l'oeil, jusqu'à ce que l'inconfort la gagne et qu'elle préfère se lever. Quitte à ce que son corps refuse le sommeil, autant le mettre à profit pour autre chose. Il faisait bien trop froid dans sa chambre éphémère pour qu'elle n'y reste aussi, elle préféra s'en retourner à la salle commune où ronflait encore un feu confortable. Seules les flammes éclairaient la pièce silencieuse, Selene délaissa pourtant les fauteuils d'apparence confortable pour s'asseoir à même le sol en tailleur, à quelques centimètres à peine de l'âtre pour profiter de sa chaleur. Elle se concentra à chercher les courants d'énergie vivants sous terre, mais n'en trouva que de légers à sa grande surprise. L'académie devait en abriter la plus grand partie, drainant ceux qui se trouvaient autour. Elle posa ses mains sur ses genoux, paumes vers le ciel, et fixa le feu ronflant, presque hypnotisée par les langues flamboyantes léchant les murs noircis. D'un filet de voix extrêmement faible, elle énonça plusieurs incantations, chercher à réduire son aura et à augmenter la portée de sa perception des autres. Plongée dans un semblant de transe, elle ne se souciait clairement plus de ce qui se tramait autour d'elle. Néanmoins, la lune devait se trouvait si haute qu'il n'y avait plus âme qui vive dans les pièce du repaire. Du moins le croyait-elle.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 9 Oct - 16:40

La conversation bouclée, notre ami prenait congé à la suite de Selene dans l'idée de continuer de profiter de l'hospitalité de Cullen. La suite de la journée défilait et la soirée se déroulait tout aussi vite que l'ensemble de cette journée mitigée. Le cœur alourdi par de nombreuses questions, l'argenté repoussait l'instant où il confronterait la jeune femme. Le lendemain était consacré à cet événement. Reposés, ils pourraient enfin s'expliquer après temps d'années. Il pourrait enfin comprendre la nature du geste de celle qu'il désirait encore pour amie. Il se sentait un tantinet ridicule d'avoir l'esprit préoccupé par ces futilités. Cependant, il ne pouvait se résoudre à rester en retrait face au sort de Selene. Asloth avait dépassé les bornes, il lui avait clairement déclaré la guerre. C'était un fait qu'il réalisait clairement sans pouvoir éteindre une rancune malsaine à l'égard de sa famille. Il avait de quoi être répugné, de quoi être en colère. Toutefois, sa colère n'était pas encore suffisante pour avoir la volonté de briser ses "chaînes". Il était désireux d’interdire le Sang Ancien à son frangin, refusant de le voir grandir en puissance.
Le soir-même, Aelendil échangeait avec Cullen une fois le repas terminé concernant ses intentions auprès de la rouquine. Une conversation qui forçait à nouveau l'argenté à songer à sa place. Pour cela, il lui fallait connaître celle de la jeune femme, savoir si les siennes étaient toujours d'actualité concernant sa dite vengeance à son égard. Une position ambiguë tant qu'ils n'auraient pas échanger. Sa réponse demeurait vague comme son cœur à cet instant. Les humains l'avaient autrefois lassé, aujourd'hui, il apercevait la vraie noblesse chez certain. Dans le regard d'Hancock brillait la même flamme que celle de Selene à une certaine époque ou encore d'Arod. Ils discutèrent au coin de la cheminée qui participait à l'éclairage. Le jour ne l'avait pas était donné de voir à cause des tensions à la surface. Ils gardaient cela pour le lendemain, jour de départ certain pour notre ami quoi qu'ait décidé Selene.

Hancock délaissait le jeune prince dans le salon au premier sous étage, l'étage du confort. Il y avait deux canapés et deux gros fauteuils, le tout confinés se faisant de l'ombre selon l'angle de la pièce. L'argenté prenait place sur l'un des fauteuil au trois quart détourné de la cheminée. Là, il laissait libre court à ses réflexions, il reconsidérait Hancock et sa position dans un réseau important d’insurgés. Une belle occasion de retrouver les vestiges de la magie. A force de cogiter, le sommeil venait emporter sons esprit pour le plonger dans les bras de Morphée. Somnolant dans un premier temps il ne sentit pas de suite la présence de la rouquine. Son corps était happé par le confort longtemps perdu que lui procurait l'assise moelleuse. La tête déviée sur le côté à cause de sa queue de cheval un peu trop tirée, il en aurait presque bavé de bien être. Les variation de chaleur que procurait la cheminée l'apaisait. Les bougies s'étaient consumées et la cheminée demeurait l'unique éclairage. Ce n'est que lorsque la sorcière éveillait volontairement un tant soit peu son aura que l'argenté la repéra. Il ouvrit subitement les yeux avant d'hummer lentement par mécanisme. Il restait un court instant passif à ressentir le flux agréable et familier qu'il ressentait. Il savait d'instinct que c'était elle. Puis après une courte hésitation il prit appuie sur les accoudoir pour se redresser lentement avec une certaine discrétion. La jeune femme se trouvait à moins de deux mètres de lui, assise en biais devant la cheminée réconfortante. Cette fois elle était convenablement vêtue, sa chevelure rousse était intensifiée par le feu crépitant. Il l'observait silencieusement avant de daigner se manifester. Al plongeait de nouveau dans le fond de son siège, bras étendus sur les accoudoirs. C'est d'une voix calme et lente qu'il lui dit. « Qu'est-ce qu'on fait ici, ASHfield? insistait-il légèrement, pourquoi avoir retourné ta veste ?» sa voix traduisait sa nonchalance, il n'était pas du genre à passer par quatre chemins et se fichait bien de briser sa sérénité. C’était là l'unique question qui lui brûlait les lèvres à cet instant. Il entendait par là qu'elle puisse enfin justifier son geste.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 9 Oct - 17:31

Plongée dans sa concentration, elle faisait variée son aura, sentant sa densité s'épaissir pour s'amoindrir en suivant ses propres désirs, sans pour autant parvenir à la dissimuler entièrement. Les flammes dansaient dans ses yeux clairs, et le moindre son lui semblait amplifié, c'est pourquoi lorsqu'une voix lui parvint d'un de ses côtés, elle sursauta violemment, manqua de tomber à la renverse l'espace d'une seconde puis tourna son regard légèrement embrumé vers l'importun dont elle avait parfaitement reconnu l'identité. Après une seconde à reprendre conscience, elle se redressa et reprit une assise convenable avant de soupirer doucement, se morigénant de ne pas avoir porté plus d'attention à une éventuelle présence dans la pièce. A sa décharge, le jeune homme était dans le coin le plus reculé et le plus sombre, et lorsqu'elle tourna à nouveau son attention vers lui, elle ne vit que son bras dépasser de l'accoudoir. Elle fixa les flammes, sourcils légèrement froncés avant de finalement se décider à répondre d'une voix froide, presque lugubre tant les propos qui lui venaient lui déplaisaient. - "Je n'ai rien retourné, je te tiens toujours pour responsable de la mort de Lornell. Mais les choses ont changés. "- Elle se releva finalement, époussetant rapidement son pantalon avant d'aller rejoindre le confort du canapé trônant devant l'âtre, s'offrant ainsi un angle de vue plus convenable envers son interlocuteur. Croisant les jambes, elle appuya ses coudes dessus et dévia son regard de la cheminée jusqu'au jeune homme avant de reprendre. -" Ton frère veut me tuer sitôt un héritier conçu. J'aurais pu fuir seule mais j'ai également découvert que nous étions liés tous les deux. J'ignore pourquoi, avant de mourir, ma tante a scellé nos existences. Il aurait alors suffit à ton frère de te tuer pour me faire disparaître, et la réciproque est également vrai." - Elle serra les poings, un élan de colère la traversant à l'évocation de son « mari ». Quelle idiotie … Quelle folie avait pu la traverser pour accorder ne serait-ce qu'un semblant de confiance à cet homme.

Le silence revint quelques secondes et la jeune femme reporta son regard sur les flammes de l'âtre, songeuse, incapable de se détendre, n'en ayant même pas l'envie en fin de compte. Ses sentiments concernant le plus jeune des princes étaient particulièrement complexes désormais. Il restait l'unique homme en qui elle ait pu avoir confiance dans le passé, sa trahison, en avait été d'autant plus douloureuse même si les propos du mestre avaient remis en cause toutes ces belles déductions. Si Lornell avait été consciente que le prix à payer pour lancer le maléfice qui les unissait désormais était une vie humaine – la sienne – pouvait-elle vraiment considérer que c'était Ice qui l'avait tué ? Quand bien même … Il l'avait clairement renié en découvrant qui elle était, et ce fait ne passait déjà pas. C'est pourquoi elle garda son ton froid et distant lorsqu'elle reprit la parole à son égard sans pour autant l'observer. -" Ne va pas croire que quoi ce soit d'autre nous lie que le sort de ma tante. Nous sommes dans le même bateau, ton frère veut nos deux têtes et il suffit qu'il trouve l'un de nous pour abattre les deux. Hors de question pour moi de te laisser entre ses mains du coup." - Ses explications étaient claires, aussi elle n'argumenta pas davantage, lui laissant le loisir de digérer l'information si d'aventures il n'était pas encore au courant du maléfice qui leur incombait désormais.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 9 Oct - 20:52

Confortablement avachi dans son assise, le prince maudit écoutait la réponse de la jeune femme interrogée. Visiblement surprise par le garçon elle prenait la parole avec fermeté. Le ton de sa voix lui indiquait aisément l'amertume de son interlocutrice. Il fit une moue perplexe en renversant d'avantage sa tête en arrière. Le menton levé, il fixait le plafond, songeur quant à ce qui avait bien pu changé, soit disant. Il l'entendit se mouvoir sans prévoir qu'elle pourrait venir prendre place non loin de lui. Un second changement d'attitude qu'il trouvait étrange. De son air neutre, il suivit du regard la fine silhouette venant se placer en face de lui. Ca l'agaçait presque qu'elle vienne ainsi troubler son intimité, ne pouvait-elle pas rester près du feu ? Aussi elle reprenait la parole de cet air hautain, elle avait l'air quelque peu arrogante en causant de la sorte. Ses yeux plissés à travers la pénombre, il s'adonnait à divers réflexions toutes en rapport avec la jeune femme. Il se disait que cette nouvelle Selene ne lui plaisait pas de par la manière qu'elle avait de le prendre de haut. Il ignorait si elle était complètement imbus de sa personne ou si elle adoptait cette attitude fière pour ne pas perdre la face devant lui. En se fiant à ce qu'elle lui déblatérait étrangement, il en venait à l'idée qu'elle fut un tantinet trop impétueuse. Il la laissait donc finir en se contentant d'un unique soupire dédaigneux alors qu'elle prononçait ses derniers mots. Selene était devenue une femme forte, elle avait réussi à abuser de la confiance d'Asloth pour au final déjouer ses plans et le contrer royalement. Pour cela il la respectait, voyant en elle une justicière solitaire peut-être trop ambitieuse et téméraire. Le discours qu'elle lui tenait était ridicule au oreilles de l'argenté qui se lassait déjà de cet entrevu, furieux qu'elle fut aussi infecte. Maintenant qu'il l'avait en face de lui il avait tout le loisir de repenser au passé lui aussi. Il regrettait de ne pas avoir eut son entière confiance, ou encore de s'entêter dans les griefs du passé. Il l'avait protégé à sa manière et ne remettait plus en question son comportement de l'époque. Il ne lui pardonnait pas de jouer inconsciemment avec ses sentiments, regrettant amèrement d'être aussi naïf. Il redressait la tête, mesurant l'importance de ses dires concernant le sort que Lornell lui avait lancé. Un sort censé les lier. Ceci expliquerait probablement cette attirance charnelle qui le rendait aussi irritable en sa présence.
Al passait une main sur son visage pour en dégager les mèches obstruant sa vue. Un nouveau silence de plomb plongeait l’atmosphère dans l'embarras. La tension était palpable et pourtant l'argenté se contentait de garder cet air détaché, dissimulant sa déception à travers une mine aussi glaciale que son interlocutrice. « Je n'y crois pas un instant, il n'y aucun... il s'arrêtait net, levant un regard hésitant sur la jeune femme alors qu'il réalisait la probabilité, intérêt... il enchaînait de manière bien moins intéressée. Prouves-le moi, je ne voudrais pas être victime d'un de tes tours. » annonçait-il en penchant un brin la tête sur le côté, intrigué. Il se demandait si Selene était au courant pour sa nature draconide. Il relevait le fait qu'elle eut dit ne pas savoir pourquoi un tel sort les lier. Cependant, il voulait savoir combien elle disait vrais. C'était là leur point de départ. Si elle disait vrais, il se devait de se libérer du sort. Quand la jeune femme se mit à bouger, le garçon se redressait lentement, toujours accoudé.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 9 Oct - 21:31

Un silence pesant fut la première réponse que la jeune femme obtint de son interlocuteur qui ne tarda finalement pas vraiment à rétorquer, clairement peu convaincue par les paroles certes étranges de cette dernière. Selene fronça les sourcils, elle avait bien songé à l'éventualité qu'il ne soit pas au courant non plus, elle même n'y avait pas cru les premiers temps, cela paraissait tellement … stupide. Néanmoins, la rouquine était dénuée de patience ces derniers temps, constamment sous pression et toujours plus acculée, pressée par le temps, elle n'avait guère envie de passer le reste de sa nuit à tenter de le convaincre avec des mots qui risquaient de sonner creux aux oreilles de l'argenté. La jeune femme soupira, un soupçon d'agacement traversa son visage jusqu'alors inexpressif lorsqu'elle rétorqua, presque vexée. -" Tu le dis toi-même, il n'y a pas d'intérêt, pourquoi me fatiguerais-je à te faire croire quelque chose d'inutile ? Dans quel but ?" - La jeune mage se mordit la lèvre, mécontente et fronça légèrement les sourcils, laissant enfin son visage transparaître une émotion prouvant qu'elle n'était pas qu'un bloc de glace insipide. Elle chercha dans sa mémoire un moyen, un indice, quelque chose pouvant lui faire comprendre qu'elle n'avait pas simplement inventé cette histoire pour se trouver un passe temps quelconque lorsque lui revint à l'esprit rapidement leur première entrevue dans les geôles de la citadelle. Elle releva ses yeux dénués de cette étincelle de vie qui l'avait habité des années plutôt, ne traduisant désormais plus que la froideur et la méfiance pour les planter dans le regard tout aussi inexpressif de son ancien acolyte qu'elle pouvait à nouveau apercevoir avant de reprendre en choisissant ses mots avec précaution pour se faire comprendre et être crédible. - "Te souviens-tu de ce moment où tu es venu me trouver en prison ? Lorsque je t'ai poignardé …" - l'évocation de ce souvenir pourtant pas si lointain laissa un goût amer à la rouquine qui s'efforça de continuer sans songer à l'évolution négative qu'avait pris leur relation pourtant ancienne -" … j'ai reculé. Le coup que je t'ai infligé à ce moment m'a été retourné de la même manière comme si je m'étais plantée moi-même." - Elle se tût, guettant les réactions de l'argenté dans une vaine tentative de lui faire comprendre qu'il ne s'agissait là nullement d'un tour destiné à le tromper mais bien de la vérité. Mais Selene dut rapidement se rendre à l'évidence face au visage froid et inflexible qu'il lui offrit que ce souvenir, fût-il commun, ne suffirait pas à lui faire prendre pleinement conscience de la situation.

Elle détourna le regard, frustrée et passablement agacée, tout en réfléchissant à tout vitesse, le regard posée sur l'âtre flamboyante. Il y avait bien une autre solution, plus douloureuse, mais probablement plus marquante également aux yeux du jeune prince. Elle hésitait pourtant à le faire, l'idée de souffrir pour lui ne lui plaisait pas outre mesure en l'occurrence, mais de son acceptation de la situation dépendait sûrement leur salut à tous les deux, et il ne semblait pas vouloir faire confiance à un souvenir pour se fier aux propos de la jeune femme.  Alors que les yeux de jade de la demoiselle se perdait à nouveau dans le foyer commençant à mourir doucement, son visage se durcit alors qu'elle venait de prendre finalement sa décision. Elle décroisa lentement ses jambes et l'une de ses mains se déplaça vers l'intérieur de sa cuisse pour en tirer la petite lame ne la quittant jamais, après quoi elle se leva pour s'approcher du jeune homme, consciente que son aura se faisait plus menaçante que rassurante en cet instant. Qu'importe ce qu'il croit, elle désirait simplement qu'il comprenne, peu importe le prix. Elle se plaça dans l'alignement directe de la cheminée pour bien éclairer le moindre de ses gestes, tout en étant en face de lui et l'observa, sa lame reposant dans sa dextre alors qu'elle déglutit. - "Tu veux une preuve ? Alors observe. "- Sans en ajouter davantage, elle releva rapidement sa main armée et trancha dans la chair de sa paume libre en serrant les dents pour ne rien montrer de sa douleur. La lame avait un fil presque parfait, l'entaille était nette et particulièrement profonde, elle l'avait fait exprès pour être sûr qu'il puisse ressentir la blessure également, pour autant la douleur n'arriva qu'au bout d'une ou deux secondes seulement, pas dans l'instant. Elle ferma ses prunelles quelques instants, le poing serré pour contenir la douleur cuisante qu'elle venait de s'infliger avant d'ouvrir les yeux à nouveau pour observer l'argenté et lui présenter sa main sanguinolente. - "Ta main te fait souffrir n'est-ce pas ? Me crois-tu désormais ?" - Elle espérait que ce soit le cas, à l'inverse, elle n'aurait plus vraiment d'autres recours pour parvenir à lui faire comprendre à quel point leur existence à tous les deux s'en trouvait menacée tant qu'ils souffriraient de ce maléfice.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Lun 9 Oct - 22:31

Passif, Aelendil soutenait son attention sur la jeune femme qui rétorquait avec négation. Sa première réponse laissant perplexe l'argenté, celui-ci haussait un sourcil. La réponse de la jeune femme ne lui convenait pas. Si elle voulait le convaincre de le garder à ses côtés, elle devait se montrer bien plus expressive. Pour la première fois il la trouvait un brin désorientée. Un comportement ambiguë qui tranchait avec celui qu'elle adoptait l'instant d'après. Elle revenait à la charge, consciente qu'elle devait prouver ce qu'elle avançait. Selene remuait d'avantage le couteau dans la plaie en rappelant à notre ami la fois où elle avait tenté sournoisement de lui perforer un organe. A cet instant elle lui avait déjà prouvé combien leur amitié s'était estompée. Il roulait les yeux au plafond avant de détourner son regard las de sa silhouette assombrie. Il s'en souvenait parfaitement, il avait mis du temps à se régénérer à cause des multiples barrières magiques le bridant. Elle achevait son court discours sans qu'il ne réagisse. Al ne portait pas le moindre intérêt à ce souvenir qui lui avait pourtant paru étrange sur le coup. Il ne savait plus quoi penser de ce bout de femme, ignorant encore ce qui animait réellement ses motivations. Il haussait les sourcils en se terrant de nouveau dans le fond de son siège. Il n'était toujours pas convaincu et le lui fit comprendre dans un profond soupire de lassitude. Il appuyait alors sa joue sur son poing ferme alors que ses yeux bleus fatigués survolait la pièce.
Selene se relevait non sans un regard de la part du prince désintéressé. Il ne remarquait pas sa main armée de la même dague qui lui valait une jolie cicatrice sur son flanc gauche. Un souvenir de chaque côté... La rouquine engageait quelques pas à sa rencontre avant de s'arrêter dans l'unique champ lumineux de la pièce. Elle l'interpellait, là debout à la lueur des flammes encore persistantes qui ondulaient sa silhouette. La joue écrasée sur son poing, il la regardait avec cet air blasé qui laissait sous entendre que rien ne pouvait plus le surprendre. Selene s'entaillait délibérément la main d'un geste sec. Il trouvait cela ridicule jusqu'à qu'une douleur vivace lui parcoure la paume de la main. La même que celle sanguinolente de la demoiselle souveraine. D'ailleurs cette dernière s’empressait de lui présenter de loin sa main, preuve du mal qui les liait. Alors enfin le maudit fronçait les sourcils alors qu'il massait momentanément sa main douloureuse sans raison. Selene avait raison, Lornell s'était sacrifiée pour réaliser un tel fardeau pour les deux anciens amis.

L'argenté frottait son menton imberbe entre son pouce et son indexe d'un air embêté. Il réalisait l'importance du sort longuement ignoré jusqu'à maintenant. Il était quelque peu dérouté par cette nouvelle. Automatiquement, Aelendil repensait à cette tâche qu'il s'était senti investi par le passé, il avait longuement ignoré ce sentiment. A présent, son sort était lié à celui de la jeune femme lui rappelant que leur destin était étroitement lié qu'ils le veuillent ou non. Lornell avait jeté le sort en sachant très probablement que le jeune homme était un atout puissant et instable qui pourrait pencher en leur faveur. Elle devait connaître sa nature et misait sur l'amitié des deux jeunes gens pour leur assurer une alliance de choc. Hélas, Lornell n'avait pas eut le temps d'informer sa protégée ni de lui parler du dragon. Elle avait déclenché le sort avec précipitation et sans l'avoir suffisamment prémédité. Forcée par la tournure des choses, elle avait lancé son sort en créant une confusion semblant inébranlable chez la rouquine. Après un court silence de sa part, il reprenait la parole, rebondissant sur le désire de survie de la sorcière, un désire illégitime qu'il ne pouvait lui reprocher. Le contexte était si ambiguë, ils étaient loin de se connaître mutuellement finalement. « Je comprends mieux... Asloth te manipulait toi aussi... » Il retirait sa main de son menton qu'il délaissait pendre en extérieure de l'accoudoir. Il prit un air quelque peu hautain, prenant à son tour de haut la jeune femme qui semblait plus qu'embêtée par ce sort. Il comprenait sa position, se doutant qu'elle devait avoir en horreur ce lien sachant qu'elle voulait sa mort. Il reprit la parole après avoir expiré un petit rire mesquin. « Mais dis-moi, t'es-tu enfuie avant ou après lui avoir donné ce qu'il désirait ? » Voyant que la jeune femme bouillonnait sur place, il la dissuadait de le maltraiter d'un regard noir avant de renchérir avec la même fermeté qu'elle même s'employait à lui adresser. « Quoi qu'il en soit, nous briseront ce sort ensembles, je n'ai pas non plus envie de mourir par ton manque de prudence... » Sur ces mots il traduisait les termes strictes de leur partenariat. Il connaissait le tempérament explosif et sauvage de la jeune femme, elle semblait être du genre à lui sauter au cou à tout instant. Et ce n'était certainement pas pour lui souffler des mots doux.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Mar 10 Oct - 13:29

La jeune femme récupéra sa main vers elle sitôt qu'elle eut compris que son interlocuteur était en train de revoir ses propres positions. Délaissant sa dague sur la table basse, elle posa sa main libre sur celle blessée et se concentra pour minimiser l'impact de la plaie, sans pour autant le lâcher du regard. Elle prononça quelques mots si bas que personne d'autres n'aurait probablement pu l'entendre et puisa dans la maigre énergie émanant du sol pour stopper le saignement, elle panserait la coupure une fois seule. La nouvelle n'eut toutefois pas l'impact qu'elle aurait pu croire sur le jeune homme, ce dernier restait particulièrement calme, exprimant ce qui semblait être ses propres pensées à voix haute. Selene fronça légèrement les sourcils, tenant toujours sa main lorsqu'il évoqua le fait qu'elle eut été manipulée, ce qui était bel et bien le cas au fond, et c'était un fait qu'elle digérait encore mal. Ce qui la mit hors d'elle fut la suite cependant alors qu'il évoquait désormais le mariage et ses conséquences directes, cherchant à savoir si elle s'était donné à son frère ou non. Compte tenu des circonstances et de ce qu'elle venait de lui apprendre, elle vit dans cette pique une provocation pure et simple et seule le regard noir qui lui lança la dissuada de récupérer son arme pour se jeter sur lui. Ca, et le fait que chaque coup qu'elle lui porterait lui reviendrait avec la même force, ce qui l'obligeait à davantage maîtriser ses excès de colère à son égard. Elle serra sa main blessée jusqu'à ce qu'elle lui fasse mal mais garda le silence, désireuse finalement de ne pas lui donner le plaisir de la voir sortir de ses gonds, persuadée alors que c'était là ce qu'il cherchait. Désormais, la simple idée de partager la couche d'Asloth écoeurait profondément la rouquine, alors pourtant qu'elle y avait songé par le passé, sans réellement passé à l'acte. Elle aurait pu certes, afin de mieux manipuler le roi comme l'aurait fait probablement Lornell, mais ce n'était clairement pas ses méthodes. D'ordinaire la fuite non plus ne faisait pas partie de ses options, néanmoins cette fois-ci, elle n'avait guère eu le choix. Lorsqu'il reprit, lui coupant toute possibilité de répondre quoi que ce soit, ce fût pour lui rappeler à quel point elle pouvait se montrer impulsive. Agacée par les propos du jeune homme, elle ramassa finalement son arme qu'elle rangea rapidement et se détourna finalement de lui, non sans un commentaire acerbe au passage –" C'est réciproque, pas d'inquiétudes. Le plus tôt sera le mieux pour se débarrasser de ça, et de toi." - La rouquine n'avait pas grand-chose à ajouter, la présence de l'argenté avait brisé le peu de concentration qu'elle était parvenue à avoir en plus de provoquer une montée de colère encore difficilement maîtrisable, c'est pourquoi elle finit par quitter la pièce sans ajouter la moindre parole, ni même un regard en arrière.

Contrairement à ce qu'elle avait laissé croire à son ancien ami, la jeune femme n'était pas retournée dans sa chambre, se dirigeant cette fois vers le tunnel menant à la sortie du repaire, bien décidée à ne plus perdre davantage de temps étant donné qu'elle ne parviendrait définitivement pas cette nuit à trouver le sommeil. Elle passa les gardes sans trop de peine, son identité semblait déjà connue, et leur indiqua qu'elle serait de retour peu après l'aurore, leur indiquant même l'endroit où ils pourraient la trouver en cas de soucis. En effet, Selene n'avait rien à cacher, elle avait bien précisée à Cullen qu'elle comptait se rendre à l'académie, simplement, elle prenait un peu d'avance sur son emploi du temps. Les rues étaient désertes, plongées dans l'obscurité que n'égayaient que quelques torches disséminées de manière très inégales. Elle croisa bien deux ou trois clochards en train de cuver leur tonneau de villageoise, mais aucun ne chercha à l'alpaguer et elle gagna rapidement le colline sur laquelle se trouvait l'académie en se fiant à ses souvenirs. L'endroit était désormais bien à l'écart de la ville, déserté depuis longtemps et la végétation avait reprit le dessus avec avidité. Elle pouvait sentir en s'approchant le nœud d'énergie brute vivant encore sous l'immense bâtisse. Escaladant une paroi pour pouvoir pénétrer dans l'enceinte puisque la porte avait été condamnée, elle resta un instant sur le mur pour évaluer l'endroit et ses risques avant de se laisser retomber souplement au sol, atterrissant dans une roulade pour diminuer l'impact. La lune l'éclairait suffisamment pour qu'elle n'ait pas besoin de faire appel à une quelconque source lumineuse, et elle avança prudemment dans l'ancienne cour. La rouquine n'avait pas vraiment d'idées de l'endroit où chercher, ni même de ce qu'elle devait chercher réellement, toutefois elle fouilla tous les bâtiments, les uns après les autres. Cela lui prit plusieurs heures alors qu'elle demeurait constamment en état d'alerte pour tenter de saisir la moindre nuance d'énergie un tant soit peu dissonante par rapport à celle qui coulait sous ses pas. Mais rien, à aucun moment elle ne capta quelque chose, et dû se rendre à l'évidence que sa première idée n'était pas vraiment couronnée de succès. Frustrée, la jeune femme prit place dans la salle d'entraînement aujourd'hui habité à demi par l'épais tronc d'un châtaignier, et assise en tailleur au milieu des débris et de la végétation, elle observa le levé de soleil sur le mer proche. Elle soupira longuement, réfléchissant à la suite. Ils ne pouvaient rester en ville, c'était bien trop risqué, à tout moment elle pouvait être débusquée à cause de son aura trop particulière. Elle chercha, un lieu particulier, un symbole, quelque chose qui lui permettrait de rejoindre la mage, peu importe sous quelle forme elle puisse se trouver, lorsqu'une idée lui vint, probablement la plus censé après l'académie. Sans perdre de temps compte tenue de la route qu'ils auraient à effectuer, elle quitta sa contemplation et se remit en route pour rejoindre les insurgés.

Le soleil était déjà levé depuis deux bonnes heures lorsqu'elle se fit à nouveau connaître à l'entrée du repaire. Elle rejoignit l'endroit lui servant de chambre et récupéra tout son attirail dont elle se para précautionneusement puis banda sa main de laquelle elle ne s'était pas encore occupée avant de vider les lieux. La rouquine gagna la salle principale où elle espérait bien trouver le chef, ce qui fut le cas à sa plus grande joie. Elle lui exposa ses projets, son désir de quitter la ville rapidement pour éviter la milice d'Asloth ainsi que celle de gagner le nord, et lui demanda s'il pouvait lui fournir des chevaux dans l'heure, ce à quoi il accéda. La vieillard lui proposa également une escorte pour quitter la ville que la jeune mage refusa poliment, estimant que deux cavaliers seuls seraient probablement plus discrets qu'une attroupement trop imposant. Elle avait noué sa crinière éclatante en une natte serrée passée sous sa tunique, et sa tête se parerait de la capuche de son manteau une fois en extérieur. Après avoir brièvement discuté avec le doyen, la jeune femme redescendit d'un étage et gagna la chambre où était censé reposer l'argenté, contre la porte de laquelle elle frappa pour entrer dans la foulée sans attendre un quelconque assentiment. Après tout, elle avait vu tout ce qu'il y avait à voir le concernant, et ce des années plus tôt, elle ne craignait pas grand-chose à ce point de vue là. - "Debout prince, on s'en va. La route va être longue, autant prendre de l'avance. Rhabille toi, je t'attends là-haut. "- Sans même lui laisser le temps de répondre, elle referma la porte derrière elle et quitta l'étage rapidement pour aller quérir les chevaux. Une autre sortie du repaire donnait dans un champ près de la ville, c'était l'endroit qu'avait choisit Cullen pour lui laisser leurs montures, et elle l'en remercia chaudement pour la première fois, consciente qu'au fond, il ne leur devait strictement rien et que son geste était empreint d'une certaine générosité. Ayant le choix, elle observa les chevaux en attendant son comparse et se décida pour le plus petit des deux, le plus calme également. D'une belle robe grise cendrée, il s'agissait d'un hongre âgé d'une dizaine d'années dont le tempérament lui sembla particulièrement doux, ce qui l'arrangeait. En cas de fuite ou de combat, elle n'avait pas envie d'avoir à gérer un animal capricieux. Tranquillement, elle le sangla à sa propre taille puis attacha ses armes une à une sur les anneaux de la selle avant de fixer son maigre paquetage à l'arrière de cette dernière. De quoi manger pour plusieurs jours et trois gourdes d'eau pleines. Au cas où ils ne trouveraient rien de mieux pour se restaurer. Selene était encore en train d'harnacher sa monture lorsque Aelendil la rejoignit finalement. Elle n'eut pas besoin de se tourner pour savoir qu'il s'agissait de lui, étrangement elle commençait déjà à reconnaître sa démarche.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Mar 10 Oct - 22:35

La pilule passée, le jeune homme arborait une mine blafarde, il était agacé. Agacé par la situation et surtout son crime qui avait englouti leur amitié. Il était pressé d'en savoir plus sur le sort de Lornell pour éclaircir leur grief. Selene ne s'attardait pas après avoir répétait vouloir en finir vite avec leur partenariat. Il délaissait la rouquine s’éclipser sans lui porter un dernier regard. L’orgueil le rendait mauvais, il avait du mal à se remettre en question. En effet, il savait qu'en ayant repoussé jadis la jeune femme, il l'avait abandonné le premier. Cependant, ses raisons étaient justifiées à l'époque, seul le recul lui avait permis d'entrevoir d'autres éventualités. Des éventualités encore restreintes à causes des origines dissimulées de la rouquine.  Dans un profond soupire de lassitude, Al grognait brièvement. Cette fille le rendait chèvre. Selene avait progressé dans ce même caractère imprévisible qu'il l'avait charmé à l'époque. Il était plus frustré que colérique, il préférait se voiler la face pour rendre à la jeune femme un miroir impassible. Ainsi il terminait la soirée seul, face à ses réflexions. Il songeait à cette fatalité, peut-être plus positive qu'elle ne le paraissait. Il avait le sentiment que le sort n'était pas nuisible. Il savait que Lornel faisait partie des sorcières ayant tentés d'infiltrer la cour. Il savait qu'elle œuvrait pour le bien en total opposé avec les idéaux des Celeborr. Par conséquent, il en venait à penser que Lornell avait lié leur sort pour tenter d'équilibrer la balance. Était-ce pour l’empêcher d’œuvrer contre elle ou bien pour la protéger ? Quoi qu'il en soit, il laissait son instinct guider ses pas. Al n'était plus autant hâtif de retrouver sa forteresse dans l'archipel de Skellige. D'après lui, il n'avait que trop dormi et ne pourrait probablement plus dormir en paix tant qu'Asloth serrait dans son ombre.

Quand ses réflexions lui mordirent de nouveau les épaules de fatigue, l'argenté daignait gagner sa chambre d'emprunt. Une suite fraîchement dépouillée de sa crasse et investie de fioritures qu'il ne prit même pas le temps d'observer. Pas la moindre trace d'or n'avait attiré son regard, seul les draps parfumés et blanchis l’intéressaient. Il trouvait le sommeil instantanément, transporté par le confort des édredons. Il dormit à poings fermés sans maltraiter les draps qui le bordaient toute la nuit tant il était épuisé. Un bruit lointain familier lui ordonnait d'ouvrir les yeux tandis qu'il grognait. Quand la porte s'ouvrit il commençait déjà à repiquer du nez quand une voix l'extirpait de son bien être. C'était Selene qui venait lui annoncer leur départ imminent. Il l'aurait volontiers incendier pour ce réveil prématuré, cependant, il se souvenait du contexte comme une pensée mortuaire venant briser son nuage de bonheur. Elle avait entièrement raison de venir le cueillir aux aurores pur profiter d'une probable avance. Aelendil en étai conscient, aussi, il se contentait de lui faire signe de sortir d'un geste empoté du bras. La rouquine lui indiquait leur point de rendez-vous de son ton sec. A croire qu'elle dormait jamais tant elle avait l'air pimpante sur le coup. L'argenté s'extirpait rapidement sans trop se brusquer, il enfilait la tunique, le pantalon de chasse, les bottes et bracelets en acier noir finement choisis par ses soins au préalable. Il avait noué une ceinture en cuire brune à travers son abdomen pour soutenir son fourreau et la lame grassement offerte par Hancock. La garde en bas, il avait ainsi plus de faciliter à dégainer et rengainer. Ainsi il était aussi plus habile dans ses gestes comme le serrait un archer plutôt qu'un guerrier. Le maudit était consciemment  invraisemblablement agile et rapide et se plaisait au combat au corps à corps sans avoir à dégainer. Il avait ce dédain belliqueux au grand regret de ses ennemis car l'argenté tentait toujours d'en finir en un coup. Il était présomptueux, arrogant de par sa force brute naturelle. Sans prendre d'élan il parvenait à faire valdinguer un gaillard de sa corpulence d'un simple directe du poing. Bien que sa force fut amoindrie avec ses tatouages magiques, Al n'en restait pas moins aussi fort qu'un bœuf. Équipé, il prenait le temps de nouer l'ensemble de sa chevelure en une queue de cheval. Sa chevelure était loin d'être aussi soyeuse que celle des elfes dont certain l'avaient comparé. Dans l'ensemble sa chevelure était coiffée et propre bien qu'elle comportait bon nombre de nœud. Les mèches se rassemblaient en amas parmi les mèches libres. Il portait un épais bandeau qui camouflait une partie de son tatouage et la pointe de ses oreilles précautionneusement dissimulées depuis sa tendre enfance.
Notre ami rejoignait la jeune femme auprès de leur nouvelle monture chacun. Selene avait déjà choisi la sienne et s'attardait à l’atteler de tout son équipement. Al se dirigeait vers Hancock et ses deux bras. Ils échangèrent rapidement sur l’itinéraire à suivre pour éviter les grandes routes. Il imitait ensuite la jeune femme avec bien moins de provision, n'ayant pas idée de ce que représentait un tel voyage. Il était marin, ou bien dragon mais pas homme à voyager dans la nature avec comme pression la haine du roi et le Sang Ancien sur ses épaules. Lui qui avait toujours fuis les responsabilités après en avoir abusé amèrement. Lui qui fuyait les conflits humains et s’efforçait à suivre la neutralité. A présent il était forcé d’endosser ce rôle pour un temps.

Notre prince chevauchait une jument polychrome qui bronchait parfois lorsque l'aura du dragon oscillait. Toutefois l'équidé ne leur fit pas perdre de temps, préférant toujours courir dans la direction désirée plutôt que cabrer ou s'arrêter. Ils traversèrent une partie du Nilfgaard, atteignant les collines où s'étendaient anciennement des vignes. Leur première pause fut aux abords d'un lac où affluait une rivière importante. Ils ne restèrent pas longtemps, paranos à cause de la proximité d'un pont en pierre. Durant cette pause, ils n’échangèrent que pour leur survie, toujours sous tension. Ils reprirent la route jusqu'à la nuit, la lune eut le temps de monter assez haut pour indiquer que minuit était proche. Il suggérait une nouvelle pause que Selene avait longuement retardé dans sa hâte. En réalité, il était loin de se douter qu'elle était épuisée et que sa prochaine pause devait se faire dans une auberge. Ils faisaient route vers un petit village niché entre les champs de blé. Les torches de ce dernier leur parvenaient à l'horizon et la belle demandait un dernier effort pour gagner le village une bonne fois pour toute. L'argenté n'avait pas objecté, trouvant l'idée bonne et désireux de pouvoir faire d'une traite le trajet jusqu'au village. Ils se mirent donc d'accord pour poursuivre jusqu'au village, bravant la fraîcheur nocturne qui avait tendance à alanguir. Selene se tenait en retrait depuis une heure maintenant, le garçon n'avait nullement remarqué la fatigue qui gagnait dangereusement son acolyte. Selene s'endormait après une bataille acharnée contre Morphée dont les armes étaient visiblement plus fracassantes... La belle chutait franchement de son cheval pour aller heurter le sol et s'assommer au passage. Une chance que le jeune prince fut pas entièrement humain, il sentit une douleur lui parcourir l'épaule et le flanc droit en simultanée d'une douleur lancinante à l'arrière de la tête. Il s'était aussitôt retourné, forçant l'arrête de son cheval avant d’attraper fougueusement les rennes au vol du cheval de sa comparse. L'animal s'était emballé soudainement pour se calmer dans l'instant.
Al ne perdit pas de temps pour s'enquérir de l'état de son ancienne amie. Il la découvrait inerte et très probablement évanouie pour une raison qu'l ne put expliquer. Préssé par le temps, il soulevait la jeune femme sans grande précaution pour la placer horizontalement sur la selle de son cheval. Il remontait le sien en prenant soin de tenir les rennes du cheval sans cavalier pour le guider au pas rapide jusqu'au village.

Au village, Aelendil débusquait une auberge ancienne et visiblement pouilleuse où il s'arrêtait pour quémander de l'aide. Il délaissait la jeune femme un bref instant pour trouver le propriétaire. Le type en question était gras et égoïste pour aider qui que ce soit. Les habitués étaient du village et ne pouvaient échapper à leur ardoise. Quant aux étrangers, ils étaient simplement accueillis au grès de leur bourse. L'échange avec ce type grassouillet et malpoli fut compliqué. L'argenté se fit répudier d'abord par son apparence physique puis parce qu'il était fauché. Al perdit vite patience alors que l'un des clients annonçait connaître sa ganache. « Mais...Mais c'est c'te traître d'bâtard d'prince, j'reconnais sa tignasse et ses yeux vicieux ! » disait-il saoul après avoir roté la mousse de sa bière de mauvaise qualité. Al qui s'était accoudé au comptoir jetait un œil au fouteur de trouble par-dessus son épaule. Il fit une grimace dédaigneuse avant de se redresser, un regard pour le tavernier malpropre.

-Il a raison, je vous offre le quadruple de chacune de nos tête si vous...
-Quoi ?! Parce que z'êtes pô seul en plus ?

Le jeune prince était quelque peu dérouté par ce revirement de situation ne s'attendant pas à se heurter à de tels opportunistes. Déjà les hommes en état de se battre s'étaient levés pour tenter de saisir leur prime. Ils étaient assez soudés dans leur connerie et merde pour se partager la prime. Ils se fichaient bien des mouvements rebelles, préférant ne pas attirer l'attention et s'attirer les bonnes grâces du Roi. La discrétion du garçon mise à bas par ces rebuts, il n'eut pas d'autre choix que de briser quelques os pour sortir du bâtiment. Il s’empressait de saisir la rouquine toujours inerte, il l'a balançait par-dessus son épaule gauche comme on porte un sac à patate. Là, il courait en direction de la pénombre oppressante qu'offrait la végétation environnante. Il passait par-dessus un enclos vide et gagner l'arrière d'une maisonnette. Très vite les chiens les traquèrent et il dû jouer de son aura pour tenter de les intimider. Planqué dans des buissons, il envisageait de faire diversion pour tenter de récupérer ne serrait-ce qu'un cheval. Son esprit était vif, bien plus impliqué que d'ordinaire et alors qu'il s'apprêtait à déposer momentanément son acolyte, une main sur son épaule libre l'interrompit. Al saisissait l'imprudent par la gorge qui se révélait être un allié important. Le type se présentait brièvement avant de l'entraîner dans sa demeure. C'était un herboriste non spécialisé, il vivait seul, dépourvu de famille mais rempli de rêve. Le type était le plus souvent discret, aider nos deux compères n'était pas dans ses habitudes. Il avait une âme noble bien que son potentiel fut conditionné dans ce village, contaminé par les mœurs environnante. Il était conscient qu'il venait de mettre les pieds dans quelque chose d'énorme en aidant ces deux-là. Voir le prince en chair et en os l'intimidait un brin lui qui était d'ordinaire téméraire. Il proposait à notre ami d'examiner l'évanouie dont l'état inquiétait l'argenté plus qu'escompté. Il fut à la fois rassuré et colérique d'apprendre qu'elle la belle était profondément et tout simplement endormie. Le surmenage était son mal d'où le fait que le garçon ne sentit pas venir la chute.

Au bout d'une heure, Mason, l’herboriste, proposait d'installer la rouquine dans la réserve secrète où se trouvaient bon nombre d'espèces et variétés interdites ou très demandée. C'était le résultat des voyages du garçon en quête de savoir. Installer Selene dans la réserve permettait aux deux garçons de ne pas avoir  la déplacer en cas d'urgence. Une chance que la remise fut inconnue car une poignée de militaire débarquaient au petit matin. Un émissaire avait été envoyé aussitôt à la ville la plus proche, l'escadron ayant intercepté l'oiseau s'était empressait d'envoyer ses hommes cueillir les fuyards. Depuis quelque temps, des rebelles s'amusaient à faire diversions en faisant de faux appel à témoins. Les capitaines devenaient impatients et parfois même passifs. Asloth n'avait pas encore pu prouver toute son autorité. Une fois de plus, l'argenté se fit extirper du royaumes des songes par les grondements d'autrui. Sauf que cette fois, c'était la milice. Aelendil avait dormi dans la remise auprès de la jeune femme pour plus de précaution. A son réveil, le soleil inondait déjà la surface et les lattes de bois filtraient énormément à son grand intérêt. Les voix lointaines lui parvenaient confusément, l'argenté eut l'idée de vite se rhabiller et s'équiper avant que les voix n'approchent.
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Selene Ashfield

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Mer 11 Oct - 15:48

Pour la seconde fois, ils chevauchaient côté à côté, bien que mieux préparés pour cette fois. Loin d'être la jeune fille perturbée qui avait quitté la citadelle de nuit, Selene se tenait prête à une éventuelle embûche la prétendue sûreté de la route de Cullen leur avait indiqué avant qu'ils ne décampent. Même si ses intentions paraissaient honnêtes, la jeune femme ne pouvait pour autant se permettre de lui faire confiance. Ni à lui ni à quiconque en vérité, c'est pourquoi elle restait sur ses gardes, encore et toujours, tendue comme la corde de l'arc juché dans son dos, prêt à servir au moindre problème. Compte tenu de la froideur qui régnait entre les deux jeunes gens, la silence planait lourdement autour d'eux, seuls les pas de leur monture se faisaient entendre alors qu'ils progressaient à un rythme plutôt soutenu dans un premier temps afin de s'éloigner suffisamment rapidement de la grande ville. La rouquine avait l'esprit vagabond, elle était presque certaine que sa prochaine destination serait la bonne, sans parvenir à savoir pourquoi .La déception de n'avoir rien trouvé à l'académie, l'ardeur de vouloir à tout prix se libérer de ce poids qu'était le lien que leur avait infliger Lornell. Elle escomptait bien interroger cette dernière dès lors qu'ils l'auraient trouver sur l'utilité d'une telle chose qui pour le moment la mettait clairement en danger en plus de l'obliger en compagnie du jeune prince dont la compagnie lui pesait. Non pas pour ce qu'il disait ou faisait, mais tout simplement car elle était armée d'une rancune tenace, si ce n'était pour la mort de sa tante, elle n'avait clairement pas digéré la manière dont il s'était simplement détachée d'elle en découvrant ce qu'elle était, balayant si facilement des années d'une amitié sincère ainsi que la confiance qu'elle lui avait toujours porté jusqu'à cet instant. Quand bien même elle pourrait donc retrouvé Lornell, la jeune femme ne comptait pas s'éterniser en compagnie du jeune prince et envisageait d'ors et déjà de quitter le continent pour fuir le plus loin possible de la famille Celebor. Elle avait désormais suffisamment d'expériences avec les créatures pour parvenir à gagner son pain simplement en proposant ses services, et il lui faudrait probablement beaucoup de temps pour parvenir à maîtriser pleinement la puissance courant dans ses veines, autant ne pas se trouver constamment en état de fuite pour ce faire. L'argenté réussit à la convaincre de faire une pause pour se délier les jambes et reposer leurs montures, toutefois ils n'échangèrent que peu, simplement pour confirmer leur objectif et la route à suivre. Selene n'était pas tranquille, même s'il n'était pas en accès direct par rapport à la route, le pont se trouvait proche et on pouvait très bien les apercevoir depuis le surplomb, et donc les surprendre. Elle mangea pas, préférant économiser ses rations, et de plus, la nourriture passait mal, ce qu'elle mit sur son état de tension constant. Ils repartirent moins d'une heure plus tard, évitant toujours les routes principales pour prendre des chemins de traverse alors que le crépuscule approchait de plus en plus sans qu'ils n'aient vu la moindre lueur de civilisation en dehors de quelques maisonnées isolées.

La nuit était déjà tombée depuis un certain temps, amenant son lot de fraîcheur qui affaiblir un peu plus la cavalière cherchant à emmitoufler dans son épais manteau sans attirer l'attention alors qu'elle luttait dangereusement depuis un moment déjà contre la tentation de dormir. Elle était exténuée, leur chevauchée lui drainait davantage d'énergie qu'elle n'était parvenue à en récupérer durant leur courte pause, et ce n'était pas les quelques heures où elle avait réussi à s'endormir ces derniers jours qui pouvait endiguer sa fatigue croissante. Plusieurs fois elle se prit à somnoler, prenant du retard sur son compagnon, avant de ne revenir brusquement à la conscience, à demi-couchée sur l'encolure de son hongre. Elle sentit une vague de soulagement la gagner lorsqu'elle aperçut au loin les faibles lueurs de ce qui semblait bien être un village, et elle pressa l'animal pour rejoindre son comparse et lui indiquer l'endroit, proposant une halte pour la nuit en ce lieu, histoire de profiter d'un peu de confort avant leur prochaine journée de route. L'argenté ne se fit pas vraiment prier, et une forme de soulagement envahit la rouquine sachant qu'elle allait pouvoir cesser quelques heures d'être sur le qui-vive. Ce relâchement toutefois lui fut fatal et sans qu'elle ne puisse ni réagir ni s'en rendre compte, la sommeil la gagna une fois de plus et après quelques brèves tentatives de lutte, elle sombra dans l'inconscience, s'écroulant lourdement sur l'encolure de l'animal qui esquissa un écart sous la surprise. Privée d'équilibre, la jeune femme chuta lourdement de sa monture sans pour autant que cela ne parvienne à l'éveiller, l'épuisement se faisait trop puissant pour cela. Elle s'était laissé aller à ce vide auquel elle aspirait, sans crainte ni problème, sans rien.

Ce fût une douleur sourde, persistante, à l'arrière du crâne qui la tira finalement de son sommeil trop lourd. Selene n'avait même pas le souvenir d'être tombée de cheval, ni même de s'être endormie à dire vraie, la seule chose qu'elle savait, c'est que tout son flanc droit la faisait souffrir, tout comme sa tête, comme si elle s'était fait piétinée. Sans ouvrir les paupières pour l'instant, elle leva lentement sa main pour la porter à son crâne sensible et passa doucement ses doigts dans sa tignasse malmenée, sentant clairement une épaisse bosse sous sa peau, confirmant l'origine de la douleur qui lui irradiait l'ensemble de la tête maintenant qu'elle reprenait lentement conscience. Un autre détail l'alarma, alors que son dernier souvenir datait de l'instant où ils avaient repérés le village, donc encore à cheval, elle était maintenant allongée, et clairement pas sur un lit si elle pouvait en juger de la rudesse du matériau sous son dos. Elle tâtonna brièvement près d'elle et compris bien vite qu'il s'agissait du sol, glacial et dur, ce qui l'incita cette fois à ouvrir les yeux pour s'enquérir de la situation. Il faisait sombre autour d'elle malgré les interstices visibles au-dessus de sa tête laissant filtrer une lueur vive. Tournant légèrement la tête, elle repéra la présence proche qu'elle avait déjà sentit et reconnu la longue tignasse argenté de son acolyte, ce dernier lui tournant le dos. Encore légèrement dans les brumes du sommeil, la jeune femme se redressa vivement, trop brusquement d'ailleurs et se mangea l'une des poutres de soutènement en plein front, ayant mal évaluée la distance la séparant de ce plafond curieux. Portant une main à sa tête déjà trop malmenée, elle grogna et ne put s'empêcher de râler-" Aïe ! Bordel, on est où ?" - La rouquine n'était clairement pas assez éveillée et alerte pour se rendre compte qu'ils se trouvaient dans une remise à la hauteur très relative, et que compte tenu de la situation, c'était peut-être signe qu'il valait mieux rester discret, elle s'était donc exprimée sans chercher à baisser particulièrement le son de sa voix, lançant simplement un regard interrogateur et encore passablement ensommeillé à son voisin, tout en essayant de prendre une position plus confortable sans prendre garde à minimiser le bruit qu'elle pourrait ainsi provoquer.
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Ice

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MessageSujet: Re: Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]   Mer 11 Oct - 20:45

Accroupi, bras posés sur ses cuisses et les avant-bras pendant entre ses jambes, Al observait le plafond. Le menton levé, yeux rivés sur les épaisses lames en bois qui formaient le plancher. Une chance que les planches furent encore bien accolées et ne laissaient point apercevoir la fine cave en contrebas. Cette dernière devait mesurer quatre mètres carré sur une hauteur de deux mètres sauf là où se trouvait la jeune femme. Une architecture pas si étrange pour l'époque et les moyens du bord...
Son attention toute tournée sur les bruits en surface, il clignait des yeux pour toute surprise face au bruit sourd derrière-lui. C'était le bruit du front de Selene sur la poutre traversant le plafond au dessus d'elle. Al lui jetait un œil par-dessus son épaule avant de feinter de ne pas l'avoir vue. Mais au même moment son propre front devenait brièvement douloureux lui rappelant qu'il ne pouvait l'ignorer. C'est lui qui l'avait placé ici, il lui avait évité le sol crasseux en omettant le plafond dangereux. A croire que tout efforts étaient vains pour tenter de lui paraître sympathique. Il fronçait légèrement les sourcils d'un air blasé alors qu'il la fixait toujours par dessus son épaule. La rouquine prenait la parole sans se soucier du contexte un brin râleuse. Le coup l'avait rendu grognon, aussi la jeune femme tentait de se replacer en bouleversant la quiétude des lieux. Alors le jeune prince s'était à demi tourné pour demander à la jeune femme de faire moins de bruit d'un geste de la main. La belle ne semblait pas tilter et poursuivait son brouhaha non sans un regard presque provocateur vers notre ami. Un regard qu'il soutenait avant de froncer les sourcils face à l'incompréhension. Ne comprenait-elle ou bien le faisait-elle exprès ? Inquiet quant à leur discrétion, il se relevait rapidement pour rejoindre la jeune femme qu'il menaçait déjà à voix basse. « Chuut ! Arrêtes-ça !J'vais t- ...  » Un brin désabusé, le jeune homme s'interrompit pour faire glisser son pouce sous sa gorge pour tenter de lui faire comprendre qu'il allait la saigner si elle continuait. Son regard à l'instant était aussi sombre que ses intentions. La belle achevait de s'installer et ne bougea plus dés lors que l'argenté lavait rejoint.
Tels deux enfants en train de se chamailler le dernier mot, Al s'arrêtait à moins de vingt centimètres de la jeune femme qui le mettait sournoisement au défis de réaliser ses menaces. Il avait détourné le regard en remarquant que les pas étaient proches et fit volte-face. Il croisait le regard provocateur de Selene dans lequel il percevait celui qu'elle eut arboré et qui lui avait tant retourné le crâne des années auparavant. Elle faillit bien renchérir et aussitôt le garçon terminait de s’élancer pour la faire taire une bonne fois pour toute. Les gardes fleuraient le plafond à la surface de leur bottes crottées. Ils furent alpagués par un autre garde qui signalait le départ des deux fuyards vers le nord d'après les dires des villageois. Les militaires ne voulaient pas se fouler et perdre leur temps à dévaster le peu de réserve des villageois. La journée commençait et ils étaient plutôt d'avis de cerner le périmètre quitte à garder un œil de loin sur le village. Ils avaient bonne conscience en réfléchissant ainsi. Pendant ce temps, Aelendil se tenait un genoux à terre, l'autre replié tandis qu'il plaquait sa main gauche sur la bouche de la jeune femme, l'autre non loin de sa tête pour retenir son torse. Ses yeux bleus d'acier fixaient avec sérieux le plafond qui craquait sous le poids de l'ennemi proche. Selene s'était figée face au geste de son ennemi à mi-temps, plaquée au sol, les cheveux de ce dernier se balançaient encore silencieusement au dessus d'elle.

Il se passait bien cinq à sep secondes avant que notre ami ne détourne son attention sur l'agitée. Il croisait son regard noir avant de retirer vivement sa main et de se redresser. Dans la foulée il réalisait la situation un brin nostalgique pour son ambiguïté avant de froncer les sourcils et de s'éloigner discrètement et très lentement. Les gardes s'éloignaient, ils quittèrent le village au bout de cinq minutes. Cinq minutes pendant lesquelles ils restèrent en suspens avant que leur sauveur ne vienne les rassurer depuis la surface. Sa petite cave se trouvait juste en dessous de la cabane du voisin au niveau de l'arrière. De ce fait, la cave était à cheval entre l’extérieur et l'intérieur du fait de son agrandissement récent. Rassuré, Aelendil qui se trouvait alors debout se détournait d'un quart vers la jeune femme avant de l’incendier à son tour du regard. Il prit les devants avant ou même pendant qu'elle parlait ça lui était égal. Par conséquent, c'est d'un ton réprobateur qu'il lui dit avec une gestuelle alertée, « Qu'est ce que tu pensais que j'essayais de t'dire?!T'as faillis nous faire repérer ! » Il avait eut un sacré coup de pression, connaissant les joies de l'adrénaline sous cette enveloppe entravée. Son reproche était émotif, spontanée bien qu'il ne lui en tenait pas tant rigueur. Il encaissait simplement son coup de pression sans vraiment attendre de réponse constructive. Il entreprenait de sortir de cet endroit en avisant dans un premier temps du regard la sortie.
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Night of seclusion [ Sept ans plus tard ]

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